Donner des repères

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Drogue, alcool, incivilités… Ne laissez pas votre enfant dépasser les bornes faute de repères. Pas de solution miracle, seulement une forte implication parentale et quelques idées de bon sens font amplement l’affaire. Voici un petit guide pour vous rappeler les idées importantes.

Respect, générosité, solidarité et amour des autres

Mais après tout, au nom de quoi imposer à votre enfant de tenir la porte au suivant, de dire merci, bonjour… alors qu’il ne doit rien à quiconque, au sens strict du moins. Seulement voilà… la compagnie des gens « bien élevés » est universellement appréciée. Et c’est précisément ce que vous souhaitez pour votre enfant ! S’il n’existe pas de loi sanctionnant l’impolitesse, il existe des fondements qui la justifient. Le principe de réciprocité tout d’abord. « Fais aux autres ce que tu voudrais que l’on te fasse ». Ce principe devrait faire écho en lui. Au nom de quoi pourrait-il exiger des autres ce qu’il ne s’impose pas à lui-même ? Le principe d’intéressement. Cela n’échappera pas à sa perspicacité : les gens bien élevés, attentifs aux autres, sont généralement ceux que tout le monde aime bien. Veut-il se faire des amis ? Il sait ce qu’il reste à faire… Le principe de bonne conscience. Faire des choses pour les autres, les aider… nous rend heureux. Qu’il en fasse l’expérience et vous voilà tranquille !

Donner du sens : fondement de tous les repères

« Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux ». La réplique de Socrate (Ve siècle avant J-C.), gravée sur le Fronton du temple de Delphes, garde pour vous tout son mystère ? Pourtant il vous faudra bien trouver quelques éléments pour nourrir la réflexion de votre enfant car l’adolescence, c’est avant tout le temps des grands questionnements : D’où vient le monde ? Quel est le sens de notre existence ?

La logo thérapie ou l’art de guérir par le sens

Viktor Frankl (1905-1997) a 15 ans lorsqu’il correspond pour la première fois avec celui qui deviendra son ami : Sigmund Freud. L’année suivante, il est encore au lycée, il donne sa première conférence intitulée : « À propos du sens de la vie ». Mais la guerre éclate, sa famille et lui sont déportés dans un camp de concentration. L’expérience douloureuse est source d’une découverte capitale pour ses recherches. Il observe que les personnes les plus robustes, celles qui sont le plus souvent dans l’action, sont aussi celles qui meurent le plus rapidement. Les plus faibles sont ceux qui périssent le plus tard. « Face à l’absurde, ceux qui avaient développé une vie intérieure qui leur laissait une place pour garder l’espoir et questionner le sens », observe le médecin. Selon lui, « les conclusions tirées des expériences vécues dans les camps de concentration prouvent que l’homme peut choisir. » À partir de ce constat, le médecin développe une science nouvelle : la logothérapie, comprenez, la médecine par le sens. Voici les affirmations qu’il ferait devant votre enfant s’il le recevait en consultation : Il y a chez l’être humain une volonté de sens. Il n’est donc rien d’étonnant à ce qu’on se pose des questions existentielles. Contrairement, à ce que dit Freud, les patients ont une dimension physique, psychique mais aussi spirituelle qu’il convient de prendre en compte au moment de les soigner. Face au vide existentiel, c’est dans le spirituel qu’il convient de chercher les réponses.

La famille en première ligne

Tant pis pour ceux qui pensent que l’école a le monopole des apprentissages. Les parents restent les premiers éducateurs ! Et que ceux qui en doutent se souviennent de tout ce qu’ils savaient déjà faire avant de franchir le seuil de la première année de maternelle. Mais voilà une affirmation à double tranchant… Car en famille, tout est éducatif… ou anti-éducatif. Exit l’idée selon laquelle le seul moment où l’on exerce une mission parentale, c’est lorsque vous sermonnez votre enfant ! Non, il n’assimile pas uniquement lorsque vous précisez lourdement : « écoute bien ce que je vais te dire car je ne le répéterai pas… » L’apprentissage dans le cadre de la famille se fait en toute occasion, sous tous les prétextes, à tous les sujets, sous toutes les formes. Ne pensez pas que, parce que votre enfant semble vous écouter d’une oreille distraite, il n’a que faire de ce que vous dites. Il entend, et même s’il soutient le contraire, ou s’il dit autre chose en même temps que vous, il a toujours une oreille de garde ! À éviter : abandonner une explication en cours de route sous prétexte que « cela ne sert à rien puisqu’il n’écoute pas », renvoyer la balle systématiquement à l’autre parent, « lui hurler à l’oreille : tu es sourd ? je te parle ! ».

Drogue, alcool, luxure… Haro sur les addictions

Pas question de vous faire hara-kiri parce que votre enfant a fumé son premier joint. Pas question non plus de ne rien faire. Aux premiers signes d’émancipation s’ajoute, pour certains ados, la découverte des substances qui lui procurent un plaisir immédiat. À lui alors les expériences qui, jusqu’alors, étaient le pré carré des grandes personnes. La consommation de drogue ou d’alcool répond alors à un double objectif : la découverte d’un plaisir défendu et le passage initiatique dans le monde des adultes. L’un des premiers signes de l’addiction peut-être la dissociation progressive qui s’effectue entre l’acte à l’origine du plaisir et le partage qu’il avait pour finalité première. On se met à boire seul, à fumer seul, ou à le faire avec d’autres, mais en restant dans sa bulle à la recherche d’une satisfaction purement égoïste. L’acte perd alors sa dimension sociale, et avec elle tout le plaisir associé au partage. C’est pourtant dans ce contexte qu’il est plus intense.

La consommation excessive répond avant tout à une quête d’ivresse. Celle-là même qui aide à oublier les difficultés de la vie provoquées par l’alcool ou la drogue. On fuit les problèmes, on oublie les contrariétés, on flirte avec l’euphorie. Parfois, on se sent plus fort. Pourtant, la dépendance aux substances fragilise la volonté, altère le psychisme et ne résout aucun problème. Le réveil se révèle toujours difficile.

Le piège du « toujours plus »

À l’origine de la surconsommation : l’absorption régulière de substances addictives, qui provoque une habitude, réduisant la sensibilité au plaisir. Aussi l’addict a-t-il besoin d’augmenter les doses pour ressentir les mêmes effets. On parle alors de tolérance aux substances ; Cette dernière aura des conséquences durables sur la santé de votre enfant. Pour dépasser ce seuil de tolérance, l’enfant devra alors multiplier les expériences en dehors du contexte social.

Votre enfant boit ? Cellule de crise.

Tous les symptômes de la dépendance à l’alcool sont réunis ? Vous devez prendre le fait très au sérieux. Parlez avec lui pour évaluer l’ampleur du problème. Assurez-lui que vous ferez preuve de la plus grande discrétion. Prévenez l’infirmière scolaire et encouragez votre enfant à lui rendre visite pour lui expliquer son problème. Une prise en charge par des spécialistes de l’adolescent est nécessaire. Les erreurs à éviter ? Lui parler lorsqu’il est sous l’emprise de l’alcool. Inutile de le traiter l’alcoolique…

Violence : comment armer votre enfant

Il n’est pas rare qu’un enfant agressé à l’école décide de ne pas en parler à ses parents. Vous soupçonnez que votre enfant est victime ? Encouragez-le à raconter ce qui lui arrive. Veillez à ne pas le culpabiliser. Proposez-lui des activités grâce auxquelles il pourra valoriser son image auprès des autres. Pour mieux résister aux attaques, votre enfant doit apprendre à dire non à son agresseur en le regardant dans les yeux. Pas facile, mais cela suffit parfois à le faire fuir. Et puis, l’union faisant la force, vous pouvez lui conseiller de s’entourer de copains plus forts que lui. L’important est qu’il reste seul le moins souvent possible. Enfin, la peur est contagieuse. Reconnaissez ses difficultés, mais sans pour autant enfermer votre enfant dans l’idée qu’il souffre ou que sa différence le rend inférieur. Il risquerait de se construire autour de cela et de limiter sa capacité à faire certaines choses.

Réagir face à la prise de risque

Saut en parachute, course de scooter, expériences extrêmes… pas de doute, votre enfant a atteint l’âge du « no limit ». Et vous êtes mort de trouille dès qu’il franchit le pas de la porte. Si certaines conduites ne sont que des défis sans risques véritables, simplement destinées à faire frissonner les parents, d’autres peuvent mettre en danger sa vie et celle de son entourage. Comment repérer les prises de risque inutiles ? Voici les signes qui doivent vous alerter : ses prises de risques sont fréquentes et le danger va croissant. Son sens du défi répond à un désir de jouer avec la mort. Il semble dépendant de comportements dangereux. Comment le sortir de l’engrenage ? Vous pouvez lui suggérer de développer ses aptitudes physiques à travers le sport. Quitte à ce qu’il pratique des sports extrêmes dans la mesure où ils sont bien encadrés. Mettez-le face à ses responsabilités : rappelez-lui que certaines conduites dangereuses mettent en danger la vie ou la santé des autres. Confiez-lui des responsabilités, une autre manière dont il dispose de prouver ce dont il est capable.

Civisme et savoir-vivre en société

Pour votre enfant, le civisme s’apparente peut-être à un enseignement « rasoir ». Pourtant, cette discipline qui fait bien partie de son programme scolaire n’est pas seulement un amas de grandes théories. Exit les beaux discours, montrez-lui qu’il s’agit avant tout d’une science pratique. En France, un vieil adage prévient que « Nul n’est censé ignorer la loi. Trop facile d’invoquer son ignorance pour être acquitté. Si l’école se charge pour partie d’enseigner à votre enfant ses droits et devoirs, on n’est jamais trop prudent. « Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l’obéissance, il assure l’ordre, la résistance, il assure la liberté. » Cette citation du philosophe Alain a sans doute de quoi inspirer votre enfant. S’il est légitime de résister face à une injustice, l’obéissance est essentielle à la vie en société.

Créez le déclic de la lecture

Non, la lecture n’est pas « un truc d’anciens ». Dans le match livres versus écrans, certaines formes d’ouvrages ont résolument perdu le combat du papier : dictionnaires, encyclopédies etc. Et qu’importe finalement le support, pourvu que votre enfant prenne l’habitude de lire de bons livres qui éduquent sa pensée. Pour trouver un texte beau, il doit chercher le silence autour de lui, mais aussi en lui. Pas facile de s’extraire de ses états émotifs, de faire abstraction du brouhaha extérieur et de résister à la concurrence des loisirs euphorisants. Telle est pourtant la condition à remplir pour que ce qu’il est en train de lire trouve un écho en lui. Comme si les mots que nous lisions se cognaient à l’intérieur de nous et provoquaient un son, une image, une ambiance, un mouvement que l’on appelle aussi « émotion ». Si vous parvenez à découvrir ce livre qui provoquera l’émotion chez votre enfant, c’est gagné, vous avez créé le déclic ! Et pour que lire devienne un plaisir votre enfant doit apprendre à transformer quelque chose d’inerte en une réalité vivante. Comment ? En associant, autant qu’il le peut, les phrases de l’auteur à ce qu’elles évoquent : sonorités, images, ambiances etc. Il ne s’agit pas de visionner un film, mais d’entrer dans la scène. Sans cette lecture vécue, Balzac, Hugo et les autres grands auteurs pourraient lui sembler ennuyeux. En adoptant cette technique, il aura vécu pendant quelques heures au temps de ces grands hommes.

Marie Bernard

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