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Hygiène menstruelle : pourquoi il faut en parler

Hygiène menstruelle

Crédits : Shutterstock

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Chaque 28 mai, la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle rappelle une réalité dont on parle peu : pour des millions de personnes, avoir ses règles reste synonyme de précarité, de honte ou de difficultés d’accès aux protections hygiéniques. Un tabou qui persiste aussi dans le cadre familial. Pourtant, en parler est essentiel pour mieux informer et dédramatiser.

Savez-vous pourquoi la journée mondiale de l’hygiène menstruelle a lieu chaque 28 mai ? La date fait référence aux 28 jours du cycle menstruel moyen et à la durée moyenne des règles, cinq jours, mai étant le cinquième mois de l’année. En France, la précarité menstruelle reste une réalité, en particulier chez les jeunes. Au total, environ 4 millions de femmes menstruées manquent régulièrement de protections périodiques.

La précarité menstruelle, une réalité dont on parle peu

« La précarité menstruelle n’est pas une fatalité : c’est une injustice à laquelle nous devons répondre avec détermination », dixit la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, en avril dernier.

Coton, vieux vêtements déchirés… Une femme sur dix a déjà eu recours à des alternatives aux protections menstruelles, faute de moyens, selon une étude menée en novembre 2025 pour l’association Dons Solidaires. En France, le pays des droits de l’Homme, la précarité menstruelle concernait encore une femme sur trois en 2024.

Et le phénomène dépasse largement les frontières. Au Népal, certaines femmes restent encore aujourd’hui mises à l’écart pendant leurs règles en raison de traditions discriminantes. D’autres pays sont également concernés, comme la Somalie ou encore le Vanuatu, où les tabous et les inégalités d’accès aux protections menstruelles présents et aggravent les discriminations à l’encontre des femmes.

Comme le rappelle Marina Ogier, référente genre chez Care France, « le tabou des règles est la discrimination sexiste la plus répandue dans le monde », aussi bien en France que dans de nombreux pays à travers le monde.

Face à ce constat, certaines initiatives émergent. L’Écosse est devenue en 2018 le premier pays à garantir la gratuité des protections hygiéniques. Aux États-Unis, plusieurs États ont suivi la même voie, tout comme l’Espagne, où des dispositifs similaires ont été mis en place dans certaines régions, notamment en Catalogne.

En France, une nouvelle mesure doit entrer en vigueur à la rentrée universitaire : le remboursement des protections périodiques réutilisables pour les femmes de moins de 26 ans et les personnes en situation de précarité. Selon le gouvernement, environ 6,7 millions de personnes sont concernées. L’objectif : lutter contre la précarité menstruelle, soutenir le pouvoir d’achat et encourager le recours à des produits réutilisables.

Détabouiser les règles !

Avis aux parents et futurs parents : n’employez pas de « noms de code » pour parler des règles devant vos enfants. On oublie les expressions comme « les Anglais débarquent ». Nommer les choses clairement, sans détour ni gêne, est déjà une manière de lever le tabou.

Pour les parents, en parler tôt et simplement permet de normaliser un phénomène naturel et d’éviter que les premières règles soient vécues dans l’incompréhension ou la honte. Expliquer le fonctionnement du cycle menstruel, accompagner l’achat des premières protections hygiéniques ou encore montrer comment les utiliser sont autant d’aides que les parents peuvent apporter.

C’est aussi le moment d’ouvrir le dialogue sur la douleur. Des règles très douloureuses au point d’empêcher de vivre normalement doivent alerter. Elles peuvent être le signe de pathologies comme l’endométriose, encore trop souvent diagnostiquée tardivement.

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