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Journée mondiale contre l’homophobie : des progrès… mais encore du chemin à parcourir

Journée mondiale contre l'homophobie

Crédits : Shutterstock

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Dans un XXIe siècle (censé être) plus ouvert et bienveillant, voyons-nous enfin le bout du tunnel de l’homophobie et de la transphobie ? C’est en tout cas l’espoir qui se fait entendre chaque 17 mai, Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie depuis 2005.

Le mot-clé : sensibiliser. C’était encore tout l’objectif de cette journée phare pour le droit des personnes LGBTQIA+, alors que les avancées parcourues sont déjà nombreuses, mais toujours insuffisantes… Aujourd’hui, l’homosexualité est toujours interdite dans 64 pays sur 193 – ils étaient encore 113 en 1990. Et les peines encourues sont nombreuses : amendes, thérapies forcées, violences physiques, peine de mort… En France, l’homophobie est un crime puni par le Code pénal.

Un pas en avant, trois pas en arrière

Les dates historiques qui marquent des avancements sont nombreuses, bien que récentes. La première marche des fiertés LGBT de France pour s’exprimer contre la répression de l’homosexualité a lieu en 1977. L’OMS retire l’homosexualité de la liste des maladies mentales en 1990. La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) est créée en 2004. La France retire la transidentité de la liste des affections psychiatriques en 2010…

Mais récemment, on observe des reculs importants dans certains pays du monde. C’est le cas du Mali, en 2024, qui instaure des peines de prison jusqu’à cinq ans. Et l’année passée, Trinité-et-Tobago (Caraïbes) instaure des peines qui s’élèvent à sept ans d’emprisonnement. Aussi, les services de police et de gendarmerie ont enregistré plus de 3 000 crimes et délits contre des LGBTQIA+ en 2024. Un chiffre trois fois supérieur à 2016, d’après l’Observatoire des inégalités. Aux États-Unis, dès son élection, Donald Trump a signé plusieurs décrets présidentiels qui ont entraîné un recul important en matière de droits des personnes transgenres. Le Parlement hongrois a interdit les rassemblements sur le sujet, et mis en place des amendes et sanctions en cas de non-respect. Des exemples parmi tant d’autres dans le monde.

Le 17 mai : journée à ne pas manquer

Alors pour poursuivre la lutte, cette journée du 17 mai est importante – mais pas suffisante. Plusieurs marches et rassemblements, ainsi que des campagnes de sensibilisation sont en place, dans toute la France. De son côté, la CGT se mobilise à son tour et « appelle l’ensemble des syndicats et syndiqués à organiser des temps d’échanges et de débat avec les salariés et agents, à porter les revendications CGT pour l’égalité au travail et refuser la haine anti-LGBTQIA+ ».

Du côté des écoles, la campagne « Ici on peut être soi » reprend dans les collèges et lycées à l’occasion de cette journée. Le but est clair : sensibiliser et solidariser les élèves pour la défense de la cause. Certaines universités mettent, aussi, des choses en place. Comme l’université Paris-Saclay, qui organise un webinaire ce 18 mai 2026. Ouvert à tous, il vise à valoriser les travaux de recherche menés par les enseignants sur le sujet. Une nouvelle forme de sensibilisation qui s’inscrit dans la continuité des engagements de l’université parisienne.

À l’attention des parents

Les parents doivent aussi jouer un rôle clé dans l’éducation de leurs enfants pour lutter contre l’homophobie. Il est avant tout question de communiquer, en mettant son enfant en confiance pour lui permettre de poser des questions et de se confier en cas de besoin. Plusieurs supports existent également pour aider son enfant à se renseigner, par exemple en lui proposant de lire des livres à ce sujet. Anne Royer met en scène deux adolescents qui doivent apprendre à assumer leur homosexualité face au rejet de leur entourage dans Vers le vrai. Et Christina Lauren relate une romance entre deux adolescents et deux manières différentes d’aborder leur homosexualité, dans Autoboyography.

Il existe aussi des concours pour traiter le sujet avec créativité. Par exemple, le Prix « Jeunesse pour l’égalité », qui revient chaque année avec un thème différent – le thème de 2026 était « C’est pas juste ! ». C’est un concours de vidéos et d’affiches sur les inégalités et discriminations, ouvert aux jeunes de 11 à 25 ans, en France et à l’international. Une manière pour les parents d’accompagner leurs enfants dans des activités ludiques sur des thématiques sensibles.

Mais il reste encore du chemin à parcourir… Le « trouble de l’identité de genre » a été retiré de la liste des maladies mentales seulement depuis le 25 mai 2019, par l’OMS. Prochaine échéance, les Marches des Fiertés qui sont organisées, presque tous les mois, dans les grandes villes de France.

LÉA JOANNES

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