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Comment gérer l’approche de la rentrée des classes avec son enfant ?

Comment préparer la rentrée ?

Crédits : shutterstock

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Nouvelle classe, nouveaux horaires, devoirs, activités, réveils matinaux… La rentrée peut rapidement transformer la maison en petite zone de turbulences. Et si les enfants doivent retrouver leur rythme, les parents aussi encaissent leur lot de stress. Alors, comment accompagner son enfant sans transformer chaque soir en épreuve de Koh-Lanta ? 

La rentrée scolaire ne se résume pas à acheter des fournitures et étiqueter des cahiers. Pour les parents, elle marque surtout le retour d’une mécanique bien huilée… ou complètement grippée : réveil qui sonne trop tôt ou trop tard, cartable oublié, devoirs à faire, activité sportive, dîner à préparer et enfant qui refuse catégoriquement d’aller se coucher. Dans ce marathon, difficile de savoir où placer le curseur entre organisation et pression. La bonne nouvelle ? Il n’est pas nécessaire que tout soit parfait pour que la rentrée se passe bien. 

Avant de gérer les enfants, gérer le rythme familial 

Le premier réflexe peut être de vouloir tout organiser dès le premier jour : planning au millimètre, activités périscolaires, devoirs, repas, coucher à heure fixe… Mais à vouloir remplir chaque case, on risque surtout de ne laisser aucune place pour souffler. L’ARBS (association loi 1901) rappelle ainsi qu’une étude menée par Taylor & Francis Sport auprès de 48 familles a observé que les enfants pratiquant des activités extrascolaires quatre à cinq jours par semaine étaient souvent épuisés, au point que cette surcharge pouvait empiéter sur la vie familiale. Ils conseillent donc de construire ce planning avec l’enfant, d’y faire apparaître les temps d’école et d’activités, mais aussi les moments libres, tout en gardant suffisamment de souplesse pour l’adapter au fil des semaines. 

Une activité doit rester un plaisir, pas une ligne supplémentaire dans un agenda déjà saturé. L’ARBS rapporte d’ailleurs que certains spécialistes recommandent de limiter les activités périscolaires à deux par semaine, tandis que la psychologue Laurence Roque-Barret estime qu’une seule peut suffire si elle plaît réellement à l’enfant. « Les petits qui ont trop d’activités n’ont même plus de temps pour jouer », rappelle-t-elle. Et justement, le fameux « rien à faire » n’est pas forcément un problème à régler. Après une journée d’école, laisser son enfant jouer, rêvasser, lire ou simplement s’ennuyer peut-être une sorte d’exutoire. L’ARBS cite notamment le pédopsychiatre Marcel Rufo, pour qui « l’ennui est une chance » : il permettrait notamment à l’enfant de rêver, penser et créer.

Moins de pression, plus de dialogue 

Autre terrain miné de la rentrée : les écrans. Après les vacances, il faut souvent réapprendre à poser des limites, sans déclencher une négociation internationale à chaque fois que le téléphone doit être posé. Là encore, mieux vaut privilégier le dialogue aux interdictions tombées du ciel. Selon une étude 2024 de l’Observatoire de la Parentalité et de l’Éducation Numérique citée par l’ARBS, 99 % des enfants se connectent quotidiennement dès 11 ans et plus de la moitié des 7-17 ans possèdent leur propre smartphone. L’étude indique également qu’ils passent en moyenne quatre heures par jour sur leur téléphone pendant les week-ends et les vacances. Plutôt que de multiplier les « pose ton téléphone ! », les parents peuvent donc définir avec leur enfant quelques règles simples : pas d’écran pendant les repas, avant l’école ou juste avant le coucher, par exemple. Et surtout, montrer l’exemple. Difficile de convaincre son adolescent de décrocher si papa ou maman répond à ses notifications en même temps. L’ARBS insiste d’ailleurs sur l’importance d’un accompagnement actif et d’une communication régulière autour des usages numériques. 

Enfin, il reste peut-être le plus grand défi de la rentrée : ne pas faire porter à son enfant ses propres angoisses. Une mauvaise note, un devoir oublié ou une journée compliquée ne doivent pas nécessairement devenir un sujet de conflit. L’ARBS rappelle que les parents peuvent, sans s’en rendre compte, projeter leurs propres attentes sur leurs enfants et transformer les résultats scolaires en source de pression permanente. La meilleure stratégie pourrait donc être beaucoup moins spectaculaire qu’un planning parfait, à savoir écouter, observer et ajuster.  

Jules Monseigne 

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