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CCI France : le journal de crise de Pierre Goguet, son président

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Un extrait du courrier du président de CCI France à Emmanuel Macron.

Pierre Goguet

Les Chambres de commerce et d’industrie restent en première ligne, dans la France entière, missionnées par le gouvernement. Le président de CCI France, Pierre Goguet, dresse un premier bilan.

Face au flux massif d’entreprises contactant les services de l’État (et notamment les Direcctes, Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) pour obtenir des informations et de l’aide, le gouvernement a pris la décision de confier aux deux réseaux consulaires CCI et CMA l’intervention de premier niveau en appui aux TPE- PME. Par lettre de mission datée du 17 mars 2020, le ministre de l’Économie et des Finances a demandé au réseau des CCI d’être « l’interlocuteur de premier niveau des entreprises ressortissant de leur champ d’action ».

En mission
Pendant la seule période du confinement, le réseau des CCI a été amené à gérer 820 000 contacts d’entreprises, dont 250 000 en accompagnement personnalisé. Tandis que les quatre premières semaines de confinement ont principalement montré un flux d’appels (via les hotlines mises en place dans chaque CCI et à CCI France, avec des numéros dédiés référencés sur les sites d’information du gouvernement et relayés dans les médias et par les réseaux sociaux) et de mails entrants (via des boîtes mails dédiées à la crise sanitaire), les CCI ont lancé des campagnes d’appels et de mails sortants pour s’assurer qu’un large nombre d’entreprises disposaient des informations nécessaires sur les dispositifs d’aides mis en place par l’État. Pour faire face à cette mission, le réseau des CCI a mobilisé plus de 1 800 collaborateurs qui ont suspendu leurs activités habituelles pour se consacrer à ce soutien indispensable aux entreprises.

Cette crise a démontré toute l’utilité de l’accompagnement humain des chefs d’entreprise. Au-delà des outils numériques, c’est d’écoute personnalisée et d’entraide dont les patrons de TPE-PME ont eu besoin et ont encore besoin pendant cette crise exceptionnelle. Le taux de réponse très élevé aux appels et mails entrants (proche de 90 %) assuré par les CCI est à souligner, rien n’est plus désespérant pour un chef d’entreprise en grande difficulté que de se retrouver sans interlocuteur pour l’aider.

Aide psychologique
Du reste, la question de la nécessité d’un soutien psychologique pour les chefs d’entreprise est apparue très tôt dans cette crise et a conduit une majorité de CCI à mettre en place des dispositifs territoriaux ou régionaux, souvent en partenariat avec des collectivités territoriales, experts-comptables ou tribunaux de commerce. Ces dispositifs, cofinancés par les CCI, se sont appuyés sur des associations de professionnels qui proposaient aux chefs d’entreprise présentant des signaux forts ou faibles de grande détresse, des séances gratuites de soutien psychologique (en visio ou audio). Ces dispositifs dans les territoires ont, à partir du 27 avril, été complétés par un dispositif national soutenu par le ministère de l’Économie et des Finances, Harmonie mutuelle, CCI France et CMA France : il repose sur un numéro vert national géré par l’association Apesa (Aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë). Pour les situations les plus préoccupantes, une prise en charge rapide et gratuite par un psychologue spécialement formé a été mise en place.

Remontée de données
L’ensemble des cellules d’urgence ainsi que les services études et les observatoires des CCI ont alimenté en temps réel les pouvoirs publics (cellule de continuité économique autour du ministre de l’Économie et des Finances, comité de filière tourisme, Conseil stratégique de l’export, comité de crise sur les délais de paiement, Direction générale des entreprises, préfets, collectivités territoriales, parlementaires) sur la situation des entreprises dans cette crise et sur les besoins en termes d’aides directes et de soutien à la trésorerie. Ce sont ces remontées régulières et les enquêtes réalisées qui ont notamment permis de réadapter utilement et au fil de l’eau le dispositif du fonds national de solidarité afin de ne laisser aucune entreprise sans aide de l’État, mais aussi à titre d’exemples d’alerter sur la nécessité de sécuriser le click-and-collect pour le commerce non alimentaire, le besoin de report de la redevance audiovisuelle pour le secteur de l’hôtellerie, le souhait d’exonération de taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE) dès l’année 2020, etc.

Les autres actions

Au terme de cette période de confinement, nos chefs d’entreprises élus et nos collaborateurs (dont 85 % ont pu assurer leurs missions en télétravail ces dernières semaines) sont désormais sur le pont pour accompagner l’indispensable reprise économique, formuler et mettre en œuvre des propositions concrètes pour le plan de relance.

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