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Les outils et démarches concrets

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En 2019, on comptait 355 référent·es harcèlement mobilisé·es sur les académies, 77 742 sollicitations au numéro d’appel dédié 3020 et 2 176 signalements directs aux référents académiques. Les référent·es répondent aux appels des parents, des élèves victimes ou témoins de harcèlement en milieu scolaire, sur le numéro vert académique « Stop Harcèlement » (coordonnées téléphoniques sur le site education.gouv, rubrique harcèlement). Ces référent·es académiques traitent aussi les éléments et les situations transmisse par les signalements au numéro national 3020. Et tous les signalements de situation de harcèlement reçus par les référents harcèlement départementaux. Ils coordonnent les actions sur le terrain des circonscriptions départementales de l’EN.

Qui appeler ?

• Le 3020, gratuit. Il s’agit d’une plate-forme anonyme accessible de 9 heures à 20 heures, du lundi au vendredi et le samedi de 9 heures à 18 heures. Le travail d’écoute est essentiellement confié à des psychologues et à des professionnels de l’enfance formés. La situation est ensuite transférée par ligne sécurisée aux référent·es académiques puis départementaux. Ils et elles maintiendront ainsi la continuité de la prise en charge, aux côtés des parents et au cœur des établissements scolaires concernés. La situation de harcèlement sera traitée auprès des enfants victimes et des harceleurs. Si la gravité des faits et l’urgence du danger l’exigent, il est toujours possible de faire appel aux services de police.
Au cours de l’année 2019, quelque 77 742 sollicitations ont été reçues et traitées, auxquelles il faut ajouter 2 176 signalements par voie directe aux référents académiques.
• Le 3018, lui aussi gratuit, est réservé aux situations de cyberharcèlement. Net écoute, c’est son nom, reçoit les appels du lundi au vendredi de 9 heures à 18 heures. Il est mis en œuvre par l’association E-enfance de protection des mineurs sur Internet. Le 3018 est aussi accessible par tchat ou Messenger. Les contenus ou les profils seront retirés, par l’action de Net écoute.
• Vous disposez encore d’un autre numéro, accessible tous les jours de 9 heures à 19 heures : Aide aux victimes, le 116 006

Le protocole type de traitement des situations de harcèlement à l’éduc nat

Dès lors qu’un élève se confie à un autre, à un membre de l’équipe pédagogique ou à un parent, l’accueil des protagonistes est prévu de manière rigoureuse et formelle. Le protocole va évaluer la situation. Des relevés dans la cour de récréation, à la cantine, dans la classe, à la maison, assortis de la liste des auteurs des victimes et des fréquences sont établis. Les parents sont informés et reçus. Les mesures de protection sont prises, en interne, au sein de l’école et en lien si nécessaire avec les services périscolaires (les partenaires sont sollicités, médecin, infirmière, psychologue mais aussi la hiérarchie et les services techniques du Dasen (directeur académique), en communication avec les référents académiques harcèlement. En cas de danger ou de risque de danger pour la victime, pour l’auteur ou pour les témoins du cas de harcèlement, une transmission d’information préoccupante est assurée à la Cellule centralisée des informations préoccupantes) après convocation de l’équipe éducative (tous les membres concernés par la situation au sein de la communauté éducative). Un signalement direct au procureur de la République en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale sera engagé plus rapidement si nécessaire. Une orientation vers le soin médical, psychologique et juridique est proposée aux parents d’élèves.

Un protocole avancé, la méthode de la préoccupation partagée

Certaines académies vont plus loin. Au-delà du protocole type, elles se basent sur la méthode de la « préoccupation partagée », sur les traces du psychologue suédois Anton Pikas, pionnier dans sa démarche.

La méthode Pikas se concentre sur les harceleurs. Sans blâme ni jugement ni sanction. Pikas considère que le harcèlement est un dysfonctionnement de l’apprentissage de la relation à l’autre. C’est un « bogue » de l’expérimentation de la sociabilité. Anatol Pikas explique que des enfants lambdas, scolairement équilibrés et parfaitement éduqués, sont malgré tout parfaitement en capacité de se retrouver impliqués activement dans des faits de harcèlement car le school-bullying (harcèlement à l’école) est d’abord une affaire de groupe. D’où l’idée de déconstruire la dynamique du groupe qui a provoqué le harcèlement. D’où celle de susciter chez les enfants « harceleurs » un sentiment d’intérêts communs face aux conséquences du harcèlement pour la victime. C’est la méthode de la préoccupation partagée.

Les intervenants, des professionnels enseignants formés à la méthode Pikas interviennent auprès des enfants intimidateurs selon un protocole déterminé. De manière individuelle et systématique, dans le cadre de temps courts mais répétés, jusqu’à ce que l’enfant intimidateur reconnaisse le malaise de l’enfant cible ou victime et que le harceleur commence à se positionner sur des propositions d’amélioration, c’est-à-dire, dans une seconde phase, passer à la recherche de solutions. Qui vont se construire pas à pas au fil des entretiens et jusqu’à résolution de la situation de harcèlement. Dans le même temps et en parallèle, des entretiens individuels sont mis en place auprès des enfants harcelés, dans un autre lieu, par d’autres professionnels à même de prendre en charge des victimes parfois en situation de stress traumatique aigu. Jusqu’à ce que la situation soit résolue. Au moindre souci pour la situation de harcèlement en principe dépassée et résolue, la cellule initiale d’intervention se réactive pour stabiliser le maintien de la préoccupation partagée et les propositions de solutions. Les parents sont informés et les supérieurs hiérarchiques départementaux et académiques sont également tenus alertés et informés.

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