Dans la famille des régimes du mois de juin, j’ai choisi celui qui ferait du bien à toute la famille : arrêter de râler sur mes ados et mon mari ! Mis au point par deux ex-râleuses drôles et ingénieuses, il révolutionne la vie à la maison. Un vrai régal !

"J'arrête de râler sur mes enfants (et mon conjoint)", par Christine Lewicki et Florence Leroy
“J’arrête de râler sur mes enfants (et mon conjoint)”, par Christine Lewicki et Florence Leroy

Ne plus râler malgré des ados et un mari à la maison… à première vue, la mission semble à peu près aussi réalisable que maigrir après une cure de Nutella ou crier sans danger « Allez l’OM » devant la grille du Parc des Princes. Il existe pourtant une méthode imparable testée par ses auteurs et approuvée par leur entourage ! Dans J’arrête de râler sur mes enfants et mon conjoint (éd. Eyrolles), Christine Lewicki et Florence Leroy font le pari de réveiller la Caroline Ingalls qui sommeille en chacune de nous. En 21 jours chrono, temps nécessaire au cerveau pour se sevrer d’une habitude, elles assurent qu’il est possible de ne plus ronchonner et de décrocher le diplôme de mère parfaite et d’épouse idéale. Finis les cheveux hirsutes, les pétages de plombs et la dragon attitude ! Je vais enfin ressembler à la mère de famille Ariel liquide qui garde le sourire même devant les tâches les plus difficiles !

Râler est stérile et pollue la vie

La rencontre avec les auteurs est encourageante. Sept enfants et deux maris au compteur à elles deux, et pas une trace de stress. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi nous confes-sent-elles. Comme nous, elles ont hurlé devant des chaussettes sales abandonnées négligemment dans le couloir, enragé d’être considérées comme les bonnes à tout faire de la maison, ou se sont étranglées devant l’impertinence du petit dernier. Jusqu’au soir où Christine a eu un déclic : « Je me suis écroulée sur mon lit en pensant que ma journée avait vraiment été pourrie. Et puis j’ai réalisé que c’était une journée normale et ordinaire de ma vie et que j’en aurai encore un paquet à vivre de semblables ! J’ai pris conscience que je devais trouver un moyen de ne plus subir mon quotidien comme cela et que si je voulais une vie plus agréable, il fallait que je change ! En réfléchissant, je me suis rendue compte que ce qui me minait le plus était tous ces moments où je râlais. Cela me polluait la vie et était stérile ».

21 jours consécutifs sans râler

Aux états-Unis où Christine est installée, les challenges en 21 jours sont très en vogue. 21 jours pour arrêter de fumer, pour maigrir… Alors, c’est décidé, en 21 jours, Christine va arrêter de râler ! Mais attention, il doit s’agir de 21 jours consécutifs ! Elle at-tache autour de son poignet un bracelet. En cas de rechute, il changera de bras et les compteurs seront remis à zéro ! A chacun de choisir le moment opportun pour commencer sa cure de désintoxication.
Courageusement, j’ai décidé d’inaugurer mon nouveau mode de vie pendant les vacances scolaires, au moment où les enfants n’étaient qu’épisodiquement à la maison, et mon mari en voyage d’affaire à Hong Kong. Autant mettre toutes les chances de son côté !

Tuer le caporal-chef qui sommeille en moi

Premier étape du sevrage : répertorier toutes les raisons pour lesquelles je râle. L’exercice est long mais assez amusant. Il permet dans un premier temps d’évaluer l’étendue de la catastrophe, et achève de me convaincre du bien fondé de ma démarche ! Il permet ensuite de prendre du recul sur toutes ces situations qui déclenchent mon courroux. Sont-elles légitimes ? N’ai-je pas tendance à vouloir tout contrôler pour métamorphoser mes poussins ébouriffés en mannequins Cyrillus et mon mari en époux Ricorée ? Un caporal-chef sommeillerait-il en moi ? « Nous avons plein de souhaits et de désirs profonds, mais nous avons aussi plusieurs personnes sous notre toit », nous rappellent nos deux expertes ! Quelque chose me dit que deux ou trois gouttes d’eau dans mon verre de Chianti feraient le plus grand bien à mon entourage. Première résolution : je ne râlerai plus pour tout ce qui ressemble à de l’abus de pouvoir !

Lâcher prise

Autre question : les raisons pour lesquelles je grogne sont-elles si importantes que cela ? Je fulmine en découvrant, au moment de passer à table chez Tante Simone, le T-shirt « Lil Wayne » porté le plus naturellement du monde par ma fille chérie. Mais après tout, une ado qui accepte avec plaisir de rendre visite à sa vieille tante ne doit-elle pas être félicitée ? Ce combat vestimentaire vaut-il vraiment la peine d’être engagé ? « Vous devez choisir vos batailles, martèlent nos deux bonnes fées. Commencez par vous atteler à ce qui est vraiment important à vos yeux et apprenez à lâcher prise sur le reste ». Pour nous donner le bon exemple, Florence avoue avoir abandonné l’idée du linge impeccablement plié dans les tiroirs pourvu qu’il ne traîne plus par terre dans les chambres… Deuxième résolution : je ne râlerai plus pour ce qui n’est pas essentiel.

Apprendre à communiquer

Pour les domaines que j’estime fondamentaux, pas question, en revanche, de se laisser faire ! « Arrêter de râler ne signifie pas tout accepter », rappelle Christine, soulageant ainsi son auditoire. Installée devant mon ordinateur pour écrire un brillant papier sur les nouvelles mamans zen qui arrêtent de râler, je suis brusquement interrompue par des éclats de voix semblant provenir de la chambre de mon aînée, en l’occurrence, la retransmission du concert des One Direction à Bercy. Un rapide coup d’œil sur mon bracelet m’empêche d’utiliser ma bonne vieille (et inutile) méthode : hurler depuis l’autre bout du couloir. Heureusement, Florence et Christine m’ont appris à bien communiquer en six étapes.

Voir la vie en rose

Autre astuce judicieuse de nos deux Mélusine : apprendre à célébrer ce qui va bien. Je découvre peu à peu que derrière ce challenge amusant se cache en réalité une vraie philosophie de vie. N’ai-je pas tendance à détecter plus facilement un bureau mal rangé qu’un lit bien fait, ou la seule note en dessous de la moyenne d’un bulletin trimestriel tout à fait honorable ? Stop à la morosité ! Désormais je repère avant tout le beau, le bien, le positif et je m’en réjouis. « Il faut transformer les petites choses qui vont bien en fête plutôt que de nos petits problèmes en drames », concluent joliment Florence et Christine, suggérant au passage d’avoir toujours une bouteille au frais à portée de main. Un changement de cap radical qui ne manquera pas de surprendre ma petite tribu. « C’est sur quoi ton papier ? », m’a demandé ce matin ma benjamine. « Sur comment arrêter de râler sur ses enfants », lui ai-je répondu. « Ha bon ! Et tu donnes des conseils aux autres ? », s’est-elle étonnée le plus sérieusement du monde. Je n’ai pas eu à changer mon bracelet de côté, mais quelque chose me dit que j’ai encore des efforts à faire…

Article réalisé par Elisabeth Caillemer du Ferrage

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