« C’est une plante naturelle »

NON, c’est une mauvaise herbe

Ce qui est naturel peut aussi être toxique ! La nature regorge de plantes impropres à la consommation, voire mortelles… C’est le cas de certaines fleurs et de certains champignons ! « L’herbe », telle que ses copains la fument fait bien partie de ces plantes toxiques.

…Souvent génétiquement modifiée

Le cannabis tel qu’il est cultivé aujourd’hui n’est pas celui consommé par les hippies des années 70. Il est le  plus souvent génétiquement modifié et contient donc un taux très élevé de THC, la substance qui procure l’ivresse cannabique.

La résine de cannabis est très souvent frelatée

Aucune garantie n’est apportée au consommateur sur la « qualité » du produit qu’il achète. Très souvent le shit est trafiqué. Il est mélangé à des substances étrangères telles que la paraffine, le henné, le cirage, l’huile de vidange, la colle, voire d’autres drogues dans la dépendance desquelles le fumeur va tomber malgré lui. Arguez du fait qu’il ne sait pas ce qu’il achète en définitive, lui qui est par ailleurs si pointilleux à l’égard de la marque de ses vêtements !

 

« C’est juste une fois, pour voir »

Essayer c’est l’adopter

Une première prise peut suffire à enclencher le processus de la dépendance. Tout d’abord parce que le cerveau mémorise l’effet des substances dès la première fois. Il faudra huit
jours pour éliminer complètement de l’organisme toute trace de cette substance après une seule utilisation, un mois lors de prises régulières. D’autre part, le cerveau d’un adolescent est beaucoup plus vulnérable aux toxiques, il va dès lors développer une appétence d’autant plus forte pour le produit. « Le cannabis, à l’instar de toutes les autres drogues, agit principalement de deux manières sur notre cerveau », explique le docteur Laqueille. D’une part, il sensibilise notre système de récompense qui va donner l’envie de consommer toujours plus, d’autre part il lève le « frein préfrontal » : la zone de la raison qui limite toute consommation excessive. Ainsi, un simple « essai » revient toujours à prendre le risque de ne plus pouvoir s’arrêter ! Sophie Daout prend l’exemple du conducteur de voiture : « S’il brûle un stop, il n’aura peut-être pas d’accident, mais il aura pris le risque d’en avoir un ! » Et par delà la
dépendance qu’il encourt, demandez-lui quelles limites il souhaite poser à sa quête de « connaissances ». Jusqu’où ira ta soif de connaître ? Est-il vraiment besoin de tout tester pour « savoir » ?

 

« Je gérerai ma conso »

On ne gère pas l’inconnu

Un argument avancé par les dealers ou fumeurs habituels consiste à dire qu’ils « gèrent » leur consommation, qu’ils « arrêtent quand ils le veulent ». Pourtant, tous les médecins le disent : personne ne sait lorsqu’il devient dépendant au cannabis. La dépendance s’installe de manière insidieuse. On ne gère pas une consommation dont on n’a pas conscience qu’elle a déjà pris le pouvoir sur notre organisme. Nous avons déjà tous fait l’expérience d’essayer de nous priver d’un aliment ou d’une habitude qui nous sont agréables : cela n’est pas facile et pourtant il s’agit uniquement de faire appel à notre volonté. Arrêter le cannabis ne demande pas seulement de la volonté, mais un véritable travail destiné à chasser son emprise sur notre cerveau. Celles et ceux qui décident d’arrêter le font au sein de structures adaptées et mènent un combat difficile. On ne guérit pas facilement d’une addiction ; les médecins d’ailleurs ne parlent pas de guérison… mais de rémission.

 

« C’est pour se sentir bien »

Pas si sûr !

Sensation de bien-être, somnolence, euphorie sont généralement les effets immédiats de la prise de cannabis. C’est ce que l’on appelle l’ivresse cannabique, c’est elle que recherchent les fumeurs de joints. Mais aux effets escomptés s’en ajoutent d’autres, eux, problématiques : perte d’énergie, fatigue, manque de réactivité, perte de mémoire et de concentration. Plus encore, il est possible de faire un bad trip, en anglais « mauvais voyage » : le fumeur est pris de vomissements, tremblements, sueurs froides, nausées, impression de confusion, d’étouffement, sentiment de persécutions, angoisse très forte, le malaise pouvant aller jusqu’à la perte de conscience. Le bad trip peut être expérimenté dès le premier joint par les fumeurs. « Ceux-là ont de la chance » dit Sophie Daout, « leur corps leur parle et leur dit stop ; ils ne recommenceront probablement pas ! »

 

« C’est une drogue douce »

Il n’y a pas de drogues douces

Les médecins sont unanimes : il n’y a pas de drogues douces ou dures, il y a des produits toxiques auxquels on devient accro plus ou moins vite. Le professeur Jean Costentin, neuropharmacologue à Rouen et auteur du livre Halte au cannabis précise : « Non, le cannabis n’est pas une drogue douce, mais une drogue lente ». Elle s’attaque insidieusement à l’organisme, génère des problèmes broncho-pulmonaires et augmente le risque des cancers du poumon et de la gorge. Elle provoque une altération de la mémoire et des réflexes, ainsi qu’une modification de la perception visuelle. La consommation de cannabis peut entraîner un certain nombre de troubles psychiques comme l’anxiété, la panique et favorise la dépression. Elle peut aussi provoquer l’apparition d’une psychose cannabique : il s’agit d’un désordre mental caractérisé par des hallucinations, des idées délirantes, nécessitant une hospitalisation de quelques semaines en milieu psychiatrique. Le cannabis est également susceptible de révéler ou d’aggraver les manifestations d’une maladie mentale, appelée schizophrénie.

 

« Tu n’as jamais goûté, tu ne peux pas savoir »

Tout ne passe pas par l’expérience

Faut-il avoir fumé un joint pour en connaître les dangers ? Le médecin doit-il avoir attrapé les maladies de ses patients pour savoir comment les soigner ? L’observation suffit. Inès, quinze ans, lycéenne à Fontainebleau, le confirme : « Je n’ai jamais été tentée par le cannabis. J’ai été confortée dans mon choix en observant les dégâts qu’il faisait sur des copains de ma classe : ils n’ont plus de bons résultats scolaires et restent dans leur coin sans parler à personne. »

 

« Toi tu fumes, tu bois ! »

Le cerveau d’un adulte n’est pas celui d’un adolescent…

Vous fumez du tabac ou buvez du vin ? Vos enfants n’hésiteront pas à pointer du doigt l’incohérence de votre discours : « Un verre de vin ne fait pas de toi un alcoolo, un joint ne fait pas de moi un toxico. » Précisément, boire un verre de vin au cours d’un repas lorsque l’on est à l’âge adulte n’équivaut pas à fumer un joint de cannabis à l’adolescence. Les répercussions sur l’organisme ne sont pas les mêmes : d’une part, un adulte assimilera plus rapidement l’alcool qu’il ingère lorsqu’il est à table et d’autre part, son cerveau est beaucoup moins vulnérable à l’addiction.

…et tu n’es pas un adulte !

Non, un adolescent n’a pas les mêmes « droits » qu’un adulte. Ce qu’il est possible de faire à un âge ne l’est pas à un autre : « ton frère de huit ans n’a pas les mêmes droits que toi qui en a seize ! »

 

Article réalisé par Elisabeth Caillemer

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