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Entre chamailleries, cris et rivalités, les disputes entre frères et sœurs rythment bien souvent la vie de famille. Faut-il s’en inquiéter ? Et surtout, comment y réagir en tant que parent ?

« Arrête de me taper ! », « rends-moi mon robot ! », « tu es moche ! » … Les disputes entre frères et sœurs font partie du quotidien de nombreuses familles. Une querelle pour un jouet, un désaccord passager ou une rivalité qui dure, ces conflits peuvent parfois sembler incessants et épuisants pour les parents. Pourtant de nombreuses astuces existent pour y remédier et élever les enfants dans un esprit fraternel.

Un phénomène tout à fait naturel

Dans son ouvrage La famille : apprendre à vivre ensemble (Odile Jacob), le psychologue Serge Tisseron explique que les conflits entre frères et sœurs ne sont pas à craindre car ils font partie de l’apprentissage des enfants. Ils permettent de développer l’autonomie, la capacité à négocier et à gérer les émotions. Dès le plus jeune âge, les frères et sœurs apprennent ainsi à cohabiter, à partager, mais aussi à s’affirmer. La fratrie est d’ailleurs le premier groupe social où l’enfant expérimente la vie en communauté, les conflits, mais aussi leur résolution. Ainsi, les conflits ne sont pas forcément destructeurs. Néanmoins, pas question de laisser les enfants s’écharper à longueur de journées, même si cela leur permet de grandir.

Comment faire revenir le calme ?

Difficile de garder son calme quand les enfants se succèdent pour venir se plaindre du comportement de leur frère ou de leur sœur. La tentation peut alors être grande d’intervenir immédiatement et faire taire les disputes. Pourtant, une intervention systématique peut empêcher les enfants d’apprendre à résoudre eux-mêmes leurs désaccords. Héloïse Junier, psychologue et autrice de Frères et sœurs, une histoire de complicité et de rivalité (Les Arènes), invite les parents à accompagner les enfants dans la résolution de leurs différends, en les aidant à exprimer leurs émotions et à comprendre celles de l’autre, au lieu de chercher à éliminer les conflits à tout prix. Selon elle, les enfants ont besoin d’exemples concrets : les parents peuvent aider à reformuler ce que chaque enfant exprime, afin que chacun se sente entendu, puis guidé vers une solution commune. Toutefois, si la violence est utilisée, une intervention immédiate se révèle évidemment nécessaire. L’exemple donné par les adultes reste fondamental. Les enfants apprennent principalement par imitation. S’ils voient leurs parents régler leurs désaccords dans la colère, ils auront tendance à adopter les mêmes comportements. Il est donc essentiel de faire preuve de cohérence dans ses paroles et ses actes.

Renforcer la complicité entre frères et sœurs

Pour apaiser les tensions au quotidien, Héloïse Junier recommande également de multiplier les moments de complicité entre les enfants. Lire une histoire ensemble, jouer à un jeu coopératif ou faire une activité commune peut renforcer leurs liens affectifs. Autres conseils simples et efficaces : éviter les comparaisons, valoriser les qualités propres à chacun au quotidien (en instaurant par exemple une minute de compliments par semaine en famille), et accorder du temps individuel à chaque enfant. Cela permet à tous les enfants de se sentir unique, reconnu et moins en compétition avec ses frères et sœurs.

ANNA GUIBORAT

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