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Alors que Parcoursup dévoile ses premiers résultats d’admission, il est fondamental d’accompagner au mieux les élèves dans leur orientation professionnelle.
73 % des jeunes déclarent avoir peur de l’avenir. C’est ce que révèle une enquête OpinionWay, pour Edumapper, une plate-forme qui aide les étudiants à trouver une formation qui leur correspond. Une étude menée auprès de 1 064 jeunes, âgés entre 18 et 24 ans et publiée le mardi 3 juin, soit le lendemain des premiers résultats de Parcoursup pour les candidats, lycéens et étudiants en réorientation. Selon le ministère de l’Enseignement Supérieur, 66 % des lycéens ont reçu au moins une proposition d’admission sur la plate-forme post-bac.
En 2025, il n’y a jamais eu autant d’options possibles en matière d’études supérieures, en post-bac. On recense environ 30 000 formations dans 5 000 établissements différents. Une offre de formation dense qui peut effrayer les lycéens quand vient le moment de choisir un cursus universitaire. D’après l’étude menée par OpinionWay en partenariat avec Edumapper, un jeune sur deux ressent de l’inquiétude face à cette décision.
Une inquiétude qui s’inscrit dans un contexte de plus en plus anxiogène pour les jeunes, notamment vis-à-vis de la question climatique. Un autre point soulevé est l’incertitude par rapport au futur, en particulier avec les bouleversements technologiques actuels. « Aujourd’hui, nous ne connaissons pas 80 % des métiers de 2030. Plus que jamais, les jeunes ont besoin de repères et d’un accompagnement individualisé », a souligné la sociologue et politologue Anne Muxel.
Identifier les sources d’angoisse
La sphère familiale joue un rôle central dans l’orientation professionnelle des jeunes. Et c’est une bonne nouvelle parce que 73 % des 18-24 ans déclarent que leurs parents se sont beaucoup, ou assez, occupés de leur orientation. C’est d’autant plus vrai si les parents sont eux-mêmes diplômés.
Si les familles jouent le plus souvent un rôle de guide dans le choix d’un parcours post-bac, l’accompagnement par les acteurs de l’orientation, lui, reste insuffisant. Selon l’étude, pour 78 % des jeunes interrogés, leurs parents prenaient en compte leur souhait d’orientation. Or, pour 72 %, au moins un acteur de l’orientation n’a pas suffisamment pris en compte leur souhait. Seulement 31 % des jeunes pensent que les conseillers d’orientation aident vraiment les élèves. « Dans toute la durée de leur cursus scolaire, les collégiens et lycéens ne rencontrent un conseiller d’orientation qu’à une ou deux reprises, et le rendez-vous est bref », renchérit Anne Muxel. L’enquête démontre qu’il y a des lacunes dans l’accès à l’information des jeunes sur les sujets d’orientation professionnelle. Si la grande majorité (80 %), déclare utiliser internet et les réseaux sociaux comme vecteurs d’informations, seulement 51 % trouvent ces canaux pertinents dans leur recherche.
Un quart des 18-24 ans ne sait pas encore quel métier il souhaite exercer. Pour eux, le choix de l’orientation professionnelle intervient trop tôt dans le parcours scolaire. Ils estiment ne pas être suffisamment préparés. En effet, 56 % des jeunes interrogés ont regretté d’avoir fait un mauvais choix d’orientation par manque d’informations. L’enjeu de l’orientation est ressenti comme déterminant et irréversible. « Nous demandons aux enfants de s’orienter tôt, cela peut donner le sentiment de figer une destinée », développe la sociologue. Comme s’il n’y avait pas « de droit à l’erreur ».
Les inégalités sociales et de genre sont aussi des freins puissants à l’orientation professionnelle.
Quelles solutions mettre en place ?
L’enquête menée par OpinionWay révèle que les critères déterminants pour choisir un cursus universitaire sont : les aspirations personnelles (80 %), les résultats scolaires (73 %) et les informations disponibles sur les débouchés professionnels (68 %). Le poids des préjugés liés à certains débouchés professionnels sont aussi pris en compte à hauteur de 53 %. Le choix des établissements s’établit selon le coût de la formation, les débouchés professionnels et la proximité géographique avec le domicile.
Pour la deuxième phase de Parcoursup, le 12 juin, Edumapper lancera une nouvelle fonctionnalité : un outil d’analyse approfondie des débouchés professionnels de chaque formation sur une période de cinq à dix ans.






























