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De plus en plus de femmes sont aujourd’hui sujettes à des grossesses tardives, pourtant ce n’est pas sans risques. Le recul de l’âge à la maternité a un impact direct sur la santé physique et psychologique de la mère et comporte aussi des risques majeurs pour son enfant. Alors comment anticiper d’éventuelles complications et mener à bien sa grossesse ?

Il existe de multiples définitions qui entourent le terme de grossesse tardive – connue également sous le nom de grossesse gériatrique. C’est un terme médical employé pour décrire une grossesse survenant chez les femmes de 35 ans et plus, mais il est plus souvent utilisé pour des femmes à partir de 40 ans. Une appellation qui fait référence aux risques accrus de complication en raison de cet âge jugé « avancé ». En effet, généralement la fertilité chez la femme commence à diminuer après 30 ans et plus nettement à 37 ans, il est ainsi conseillé de ne pas dépasser l’âge de 40 ans. Mais il reste toutefois possible d’avoir un enfant à ces âges ! « C’est vrai que le désir tardif d’avoir un enfant est de plus en plus présent, et ce pour des raisons qu’on connaît tous, le développement des carrières des femmes mais aussi le fait que les hommes mettent plus de temps à vouloir s’engager et enfin le contexte social, économique et culturel », énumère Joëlle Belaisch-Allart, gynécologue et présidente d’honneur du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Parmi les autres explications, moins connues : la confiance excessive en l’Assistance médicale à la procréation (AMP) « qui fait croire aux femmes qu’on peut avoir des enfants à tout âge » ; mais aussi une méconnaissance de la chute de la fertilité avec l’âge ainsi qu’une représentation biaisée des grossesses tardives dans les médias.

Les risques et impacts psychologiques

En France, selon les données de Joëlle Belaisch-Allart publiées dans son article « Grossesse et accouchement après 40 ans », les mères de plus de 40 ans représentaient 1,1 % des naissances en 1981, 4 % en 2016 contre 6,5 % des naissances en 2022. Cette multitude de grossesses tardives implique de nombreux risques pour la femme mais également pour l’enfant. « Pour l’enfant, il y a plus de risques de fausse-couche et d’anomalie chromosomique. Du côté de la femme, son corps a en effet vieilli, c’est un fait, elle fait face alors à des risques de prématurité, d’hypertension, de diabète gestationnel, de mortalité maternelle ou encore de décès in utero », liste la gynécologue. Un danger certain que beaucoup de femmes ignorent, il est alors primordial de les connaître, en particulier parce que les grossesses tardives sont souvent le fruit d’un don d’ovocytes. Un choix important qui doit être fait en connaissance de cause. Les études le mettent également en lumière, tomber enceinte à 40 ans et plus a des impacts psychologiques sur les femmes. « On n’en parle pas beaucoup mais oui, il y aurait plus de dépression post-partum. Il n’est jamais facile d’être enceinte, c’est fatigant et ça l’est encore plus à cet âge », affirme la présidente d’honneur du CNGOF. C’est une période qui s’accompagne d’une vague émotionnelle importante, encore plus marquée pour une femme ayant eu des difficultés à avoir un enfant. Cela peut alors entraîner certains troubles psychiques nouveaux.

Comment bien les accompagner ?

Si la grossesse gériatrique comporte de nombreux risques, l’arrivée d’un enfant reste la plus belle chose qui puisse arriver. D’autant qu’il existe de bons côtés à être maman tardivement ! « Il faut être honnête, certains auteurs montrent que les femmes sont mieux dans leur peau que lorsqu’elles avaient 20 ans et elles sont dans de meilleures situations financières. Certaines études montrent même que les enfants nés de femmes de plus de 40 ans iraient mieux et subiraient moins de violence », ajoute Joelle Belaisch-Allart. Il n’existe pas en France de recommandations spécifiques pour l’accompagnement de ces grossesses. Néanmoins, il est tout de même conseillé d’avoir un suivi médical régulier et renforcé afin de garantir la bonne santé de la femme et l’enfant. Cela passe par des consultations auprès de spécialistes (gynécologue, sage-femme, etc.) qui connaissent votre dossier. Ne pas oublier non plus le dépistage prénatal pour surveiller le fœtus et détecter d’éventuelles anomalies. Des rendez-vous importants qui vous permettront de vivre votre grossesse sereinement en évitant les situations stressantes.

CLARA SEILER

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