Égalité face à la covid ? pas vraiment…

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L’Insee dévoile une surmortalité plus élevée chez les personnes nées à l’étranger par rapport à celles nées en France.

La covid-19 a frappé tout le monde. Oui, mais pas de la même façon. Au regard d’une étude publiée par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) mardi, la hausse du nombre de décès sur la période mars-avril a été bien plus brutale pour les personnes nées à l’étranger. Au premier chef, celles et ceux originaires d’Afrique hors Maghreb. Explications.

Toutes causes confondues, la France a connu 129 000 décès sur la période mars-avril 2020, en augmentation de 25 % par rapport à l’année dernière. Le Sars-CoV-2 est passé par là. Mais une étude de l’Insee a démontré que nous n’étions pas tous égaux face à la crise sanitaire. Sur notre territoire, en mars-avril, la hausse des décès pour les personnes nées en France a été de l’ordre de 22 %, deux fois moins que l’augmentation rapide des décès pour les personnes nées à l’étranger : + 54 % pour les individus issus du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), + 91 % pour les originaires d’Asie, et… + 114 % pour les personnes nées en Afrique hors Maghreb, qui détiennent le triste record.

Un lien fort avec les métiers exercés
Ils.elles ont souvent été qualifié.es de « premier.ères de corvée ». Les invisibles devenu.es indispensables en plein confinement. Qu’ils.elles soient aides-soignant.es, ambulancier.ères, agents de nettoyage, livreur.euses, ou exerçant au sein des forces de l’ordre, ces travailleur.euses ont dû poursuivre leur activité pour servir la nation. Pour rappel, 15 % des personnes nées dans un pays d’Afrique hors Maghreb constituent des travailleur.euses clés, contre 11 % pour les natif.ves du sol français. Ce sont bien entendu eux.elles qui se présentent comme les plus exposé.es aux risques de contamination.

En outre, l’environnement pèse lourd sur la surmortalité liée à la covid-19. Les personnes nées à l’étranger souffrent de conditions de logement beaucoup plus difficiles, la taille de leur habitation s’avère un signal : les individus nés en Afrique hors Maghreb vivent en moyenne dans des structures d’1,3 pièce, contre 1,8 pour l’ensemble de la population. Ces mêmes personnes ont aussi plus régulièrement recours aux transports en commun. Une entrave à la distanciation physique tant préconisée.

Les personnes nées à l’étranger concentrées en Île-de-France
Autre volet qui pourrait expliquer la plus forte hausse des décès des personnes nées en Afrique : la région où ils.elles vivent. L’Île-de-France se présente comme l’une des régions les plus touchées par la crise sanitaire. L’Insee évoque une augmentation du nombre de décès de 92 % sur la période mars-avril en comparaison à l’an passé. Or, c’est précisément dans cette région que les personnes maghrébines sont surreprésentées – environ un tiers d’entre elles y vivent –, c’est plus de la moitié des personnes nées en Asie ou en Afrique hors Maghreb qui résident en Île-de-France. Entre les transports en commun, les conditions de logement, les métiers exercés, et le lieu d’habitation, les personnes étrangères ont multiplié les facteurs aggravants lors de cette crise. GW.

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