Vous attendez un enfant ! 9 mois par le détail…

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Prendre connaissance de ce mystère de la vie que constitue la naissance de votre enfant est la préoccupation commune de tout jeune couple dont c’est l’espérance. De récits familiaux en théories partagées, l’appréhension et la compréhension de ce mythe fondateur, passe, pour les futurs parents, par la lecture, la relecture et l’appropriation de cette bible de la vie : le célébrissime J’attends un enfant de Laurence Pernoud chez Albin Michel. Édition renouvelée en 2021 sous la direction d’Agnès Grison, collaboratrice durant de longues années de l’auteure emblématique de la maternité, Laurence Pernoud, dont elle prolonge la trace éditoriale.
L’ouvrage s’augmente d’un cahier, Ma grossesse mois par mois. Et de l’expertise d’une équipe pluridisciplinaire dont, dans la droite lignée des Pernoud, Agnès Grison a su s’entourer pour la mise à jour annuelle de l’opus.

Le gynécologue obstétricien sur lequel se fonde l’ouvrage se nomme Philippe Deruelle, il est professeur de gynécologie et d’obstétrique et chef de service au CHU de Strasbourg. Un maître mot chez lui, la « bientraitance » des futures mères. Il n’est pas seul : toute une équipe de confrères gynécologues-obstétriciens, avec la psychologue Danielle Rapoport, cofondatrice de l’association Bientraitance, et en partenariat avec une sage-femme, une puéricultrice, un psychologue en maternité, toutes les perspectives professionnelles sont réunies pour éclairer la voie royale d’une naissance épanouie. Ce guide de la naissance fait la part belle aux nombreux sujets liés à l’accompagnement des femmes, de leur conjoint, avec le souci d’éviter l’écueil de la surmédicalisation de cette aventure au long cours que constitue la grossesse. Pour autant, l’équipe intègre des représentants de toutes les disciplines médicales qui concourent à la réussite du projet de naissance : éducateur social, diététicienne nutritionniste, échographiste, pédiatre en maternité, pédopsychiatre, pour éclairer les relations précoces parents-enfants, pharmaciens, spécialiste en urodynamique et rééducation périnéale, sophrologue, anesthésiste-réanimateur, professeur de yoga, médecin spécialiste des risques malformatifs, avocate, pour la supervision des informations juridiques, chirurgien-dentiste. En guest star, le professeur T. Berry Brazelton, pédiatre mondialement reconnu pour ses travaux sur la compétence du nouveau-né, les interactions parents-enfants et l’attachement. Bref, une équipe de choc. Pour vous donner un avant-goût de cette somme, nous avons voyagé au fil des neuf mois de l’aventure, jusqu’à l’accouchement proprement dit. Rebondissements garantis !

Le feuilleton des 9 mois

Le premier mois : un œuf et des signaux

Le début de la vie est minuscule, on le sait, plus petit que le cri d’un oiseau, imperceptible. Durant ces 6 semaines et demie d’aménorrhée, la vie, qu’on appelle alors œuf, voyage de trompe en utérus, se divise et atteint la taille d’une petite mûre (d’où le nom du stade, Morula), fait son nid dans la muqueuse utérine – c’est la nidation – pour devenir un embryon. Disque minuscule (diamètre, 0,2 mm) dont les cellules vont se répartir en trois couches – ectoderme, mésoderme, endoderme –, chacune va donner naissance au tissu spécifique des futurs organes. La cavité amniotique s’agrandit. Dans quelque temps, l’embryon y flottera. Le futur placenta, (trophoblaste) se développe autour de la zone de nidation. Le tube cardiaque apparaît, qui n’a pas encore la forme du cœur, mais s’anime de battements : la circulation s’ébauche, visible à l’échographie. L’embryon se forme : « Le disque s’enroule sur lui-même, comme un tube dont les deux extrémités se rapprochent l’une de l’autre. À l’une d’elles, se dessine un renflement : c’est la future tête où va s’installer un rudimentaire cerveau. À l’autre bout, un deuxième renflement plus petit – le bourgeon caudal – correspondant au coccyx. Enfin, à la partie postérieure de l’embryon apparaissent les premières cellules sexuelles. »

L’embryon mesure environ 5 mm.

Du côté de la maman, nidation oblige, l’utérus change, s’arrondit sans grossir, les seins augmentent de volume. Des nausées sont possibles et la tension artérielle se modifie à la baisse. Votre humeur aussi. Votre corps vous le dit : vous êtes enceinte !

Le deuxième mois : le moment de tous les dangers

De 6 semaines et demie à 10 semaines et demie : deux bras, deux jambes, puis le dessin d’un visage apparaissent, deux petites saillies pour les yeux, deux petites fossettes pour les oreilles. Le système nerveux se développe, ébauche le futur cerveau. L’appareil urinaire entame sa croissance. Le cœur et la circulation poursuivent la leur. La tête grossit plus vite que le corps. Puis le visage se précise : les yeux, d’abord très écartés l’un de l’autre, se rapprochent, paraissent immenses sans paupières. Front bombé. Nez aplati. Lèvres pour la première fois dessinées. Gencives et germes des dents de lait se forment. L’embryon change radicalement de silhouette. Orteils, lignes de la paume des mains, de la plante des pieds se dessinent. Estomac et intestin prennent forme et disposition définitives. L’appareil respiratoire croît mais reste inactif. Le cœur prend sa forme définitive et la circulation embryonnaire se complète. Le cerveau acquiert sillons et saillies. La musculature et l’ossification se développent. Cette période de deux mois est importante. L’embryon est sensible aux toxiques tels que tabac, alcool, infections, médicaments, capables de perturber l’embryogenèse. Et entraîner des malformations, toujours très dangereuses jusqu’à la fin du troisième mois. L’embryon mesure environ 30 mm. Il pèse 11 g, moins qu’une lettre.

Du côté de la maman : l’utérus atteint la taille d’une orange, appuie sur la vessie et vous donne envie de faire pipi souvent. Nausées, lourdeurs d’estomac… sont désagréablement présents.

Troisième mois : bienvenue au fœtus

De 10 semaines et demie à 15 semaines, rose ou bleu ? Le secret, bien gardé, s’effacera à l’échographie plus tard, dans deux mois : mais l’appareil génital se met en place, fille ou garçon. Les cordes vocales aussi apparaissent. Elles acquièrent durant le reste de la grossesse la consistance nécessaire pour vibrer : il faut que bébé crie le jour J.

Le bébé se met à bouger imperceptiblement, ouvre la bouche, avale et s’exerce même à pratiquer les mouvements de la tétée ! La première échographie est un moment d’émerveillement et de découverte pour les parents. Exit l’embryon, bienvenue au fœtus. Il pèse 45 g et mesure près de 100 mm.

Du côté de la maman : on jubile, non ?

Quatrième mois : fin des nausées, début des troubles digestifs

Plus de risque a priori de fausse couche. Maintenant, l’annonce peut être faite aux aîné·es, sans difficulté. Le cerveau possède ses principales structures, le visage, son architecture. Le foie et les organes digestifs fonctionnent. Le fœtus urine dans le liquide amniotique. Son corps se couvre d’un léger duvet, le lanugo. Il mesure environ 150 mm et pèse 225 g. Les proportions changent, la tête apparaît moins disproportionnée.

Du côté de la maman : l’utérus a la taille d’un pamplemousse. Digestion difficile, intestins irrités, vous devez être attentive à votre alimentation. Bonne nouvelle, les nausées cesseront en général à la fin du mois. La surveillance du poids devient nécessaire. La toxoplasmose et la trisomie 21 deviennent détectables.

Le cinquième mois : H ou F ?

De 19 semaines et demie à 23 semaines : ça y est, bébé bouge enfin et papa, en posant la main sur le ventre rebondi, va sentir aussi les mouvements. « La perception des mouvements est une étape importante dans la découverte de son enfant et dans l’attachement qui peu à peu va le lier à lui. » Bébé bouge plus la nuit lorsque l’utérus au repos est détendu.

Fille ou garçon ? C’est au cours de l’échographie du 5e mois que vous connaîtrez si vous le souhaitez le sexe de votre enfant. Le bébé déglutit en absorbant le liquide amniotique. On le voit parfois à l’échographie. Les poumons amorcent des mouvements pseudo-respiratoires, entraînement à la vie aérienne ? Le bébé mesure maintenant 25 cm. Sa taille va doubler jusqu’à la naissance. Le poids va sextupler, des 500 g du cinquième mois aux 3 kg du terme.

Du côté de la maman : bébé est de plus en plus présent. L’utérus continue à s’élargir. Les articulations risquent de devenir douloureuses, votre silhouette change… Vous commencez vos séances de préparation à la naissance.

Le sixième mois : sacré sommeil !

De 23 semaines et demie à 28 semaines, bébé s’exerce de plus en plus au mouvement. Il·elle connaît enfin ses phases de sommeil (bébé dort 16 à 20 heures durant par jour). Il·elle s’agite plus ou moins en fonction des émotions maternelles… ou de l’ingestion de sucre. Le cerveau se développe, le visage s’affine, les sourcils se dessinent, le nez aussi. « Le sommeil s’organise en cycles : sommeil calme ou agité, veille calme ou agitée. La plus grande partie du temps, le bébé est en phase de sommeil agité. Petit à petit, la part de sommeil agité diminue et la part de sommeil calme augmente. À la naissance, on observe encore de longues plages de sommeil agité qui alternent rapidement avec des périodes de sommeil calme et d’éveil calme ou plus agité. C’est seulement à la fin du premier mois de vie que les cycles de veille-sommeil se structurent davantage et se stabilisent. » Le diaphragme s’agite en donnant l’impression que l’enfant a le hoquet. Bébé mesure 30 cm et pèse environ 1 kg.

Du côté de la maman : l’utérus se développe fortement, atteint le bord des côtes et vos mouvements demandent une adaptation aidée par le travail corporel lors de vos séances de préparation. Évitez de grossir plus de 350 à 400 g par semaine !

Le septième mois : univers sonore

De 28 semaines à 32 semaines et demie, bébé s’éveille aux sensations : il·elle entend, perçoit le goût du liquide amniotique et ses variations selon l’alimentation de la mère, bébé ressent avec sa peau. Il commence à réagir à une stimulation auditive. « Cette constatation des perceptions sensorielles du bébé est pour le père un nouveau moyen d’entrer en relation avec lui, de communiquer avec lui avant la naissance : en lui parlant, en lui chantant des chansons. » Bruits qui lui arrivent quelque peu assourdis, filtrés par le liquide amniotique dans lequel il baigne. Sans parler des nombreuses résonances intérieures tels que battements cardiaques à travers le placenta ou le cordon ombilical. « Des chercheurs ont démontré que le bébé différencie une voix féminine d’une voix masculine, une syllabe d’une autre et même deux mélodies. Ils ont également prouvé que, dès 8 mois, le bébé réagit différemment à une comptine plusieurs fois répétée par la mère et à une comptine inconnue. Il en est de même pour des morceaux de musique. Et, après la naissance, le nouveau-né exprimera une préférence pour les bruits (musique ou voix) qu’il a entendus in utero. » Le bébé est sensible à une impression visuelle : « Si, après avoir repéré la tête de l’enfant par échographie, on dirige une forte lumière sur le ventre de la mère, le bébé sursaute, ou simplement, son rythme cardiaque s’accélère. »

Du côté de la maman : évitez de devenir gaga. Valable pour le père, aussi.

Le huitième mois : les couches d’« enduit » !

32 semaines et demie à 36 semaines et demie. Bébé se fait beau, prend sa place définitive dans l’utérus et interagit beaucoup avec son environnement maternel et paternel : « Votre bébé dort, s’agite, répond à vos sollicitations, à la voix de son père. Il prend de plus en plus de place dans vos pensées, vos projets et dans les préoccupations du quotidien. » Les poumons sont matures. Le surfactant, substance graisseuse qui enduit les alvéoles et empêche le poumon de se rétracter complètement après chaque inspiration, commence à être produit. « En l’absence de surfactant, le bébé a de quoi respirer, mais pas parfaitement, et ceci d’autant plus qu’on est loin du terme de la grossesse. C’est ce qui explique les problèmes respiratoires de certains prématurés. » Le cœur continue de battre à un rythme élevé : 120 à 140 battements par minute, mais le sang fœtal ne s’oxygène pas au passage des poumons, mais grâce à l’oxygène apporté par le cordon ombilical. « Certaines communications existent encore (par exemple entre les parties droite et gauche du cœur). Elles ne se fermeront qu’après la naissance. » Bébé se fait une beauté : adieu les rides et les plis de shar pei, la peau devient moins diaphane, le duvet disparaît au profit d’un enduit, le vernix caseosa.

Bébé prend sa place définitive, celle avec laquelle il abordera la très prochaine phase de l’accouchement, il cherche à s’adapter au mieux à la cavité de l’utérus, à l’espace dont il dispose et qui affecte une forme de poire. Dans la majorité des cas, le bébé positionne le siège, partie la plus volumineuse, au fond de l’utérus, tête en bas, présentation tête la première. Si l’utérus manque d’ampleur, la tête se cale dans le fond de l’utérus. C’est alors le siège qui sort le premier lors de l’accouchement : on parle de « présentation du siège ». Il faut alors évaluer si l’accouchement pourra avoir lieu naturellement ou par césarienne, auquel cas la programmer.

Du côté de la maman : vous êtes en congé maternité ! Enfin, pas toutes…

Le neuvième mois : ouh là là

Bébé grandit, achève la maturation de tous ses organes, remue beaucoup mais bouge moins par manque de place. Vous vous préparez tous les deux à l’accouchement.

« Le crâne n’est pas entièrement ossifié. Entre les os persistent des espaces fibreux que l’on appelle les fontanelles. Il en existe deux : l’une en forme de losange, en avant, au-dessus du front, l’autre, triangulaire, en arrière, au niveau de l’occiput. Ce sont des espaces souples qui permettent à la tête du bébé de se modeler et de s’adapter au bassin de sa mère lors de l’accouchement. Elles servent aussi de points de repère à la sage-femme pour reconnaître la position du bébé. » Il·elle pèse de 3 000 à 3 300 g et mesure 50 cm. Il·elle est maintenant prêt·e à aborder le monde extérieur.

Du côté de la maman : « Les articulations qui relient les os du bassin se relâchent, ce qui élargit le bassin de quelques millimètres et facilitera l’accouchement. L’utérus mesure 32 à 33 cm et les positions deviennent difficiles à trouver pour dormir comme pour se déplacer. »

L’accouchement, des prémices  à la délivrance

 Différencier les contractions de l’accouchement des contractions anarchiques, sans rythme, courtes et peu douloureuses, ressenties tout au long de la grossesse sera le moyen de savoir si vous êtes engagée dans le processus de l’accouchement. Celles qui annoncent l’entrée dans le processus d’accouchement sont régulières, rapprochées, reviennent à un rythme précis. « Vous pouvez d’ailleurs noter le temps qui s’écoule entre deux contractions » :

• elles sont de plus en plus rapprochées

• elles sont de plus en plus longues, plus d’une minute

• elles sont de plus en plus intenses, de plus en plus douloureuses

• votre respiration devient plus ample au moment des contractions

• pendant les contractions, vous vous sentez « déconnectée » de la réalité

• entre les contractions, vous êtes gênée pour marcher.

« Vous aurez l’impression que les contractions montent comme une vague, qu’elles vous envahissent, se propagent comme une onde qui naît au milieu du dos, se divisent en deux branches qui entourent les hanches et se rejoignent dans le ventre en enserrant le corps comme une ceinture ». Cette fois, c’est le signe qu’il faut se rendre à la maternité, que le travail ait ou non commencé. Si possible, vous vous y rendrez en voiture en position allongée ou semi-allongée.

À votre arrivée à la maternité vous serez prise en charge par une·un sage-femme (eh oui, femme ou homme, il et elle portent le même titre) et votre premier objectif sera de vous détendre le plus possible comme vous l’avez appris durant la préparation du travail. La surveillance de la maman et la surveillance du bébé seront assurées par la·le sage-femme durant la phase de dilatation. Le monitoring enregistre à la fois les contractions et le rythme cardiaque du bébé.

La phase de dilatation : quelles positions adopter pendant la dilatation ?

Réponse dans J’attends un enfant : « Il n’y a pas de position meilleure qu’une autre. L’important est de changer de position car cela déclenche un mouvement des articulations qui fait de la place au bébé et facilite sa descente. Changer de position va atténuer la douleur. Assise, on peut se pencher en avant, en s’appuyant sur les coudes ou sur les mains : le bas du dos se relâche et les douleurs localisées à cet endroit s’atténuent. Certaines maternités proposent des objets permettant des mouvements. Un gros ballon sur lequel la femme s’assied : en le faisant légèrement rouler, elle fait bouger son bassin. Ou bien, assise ou debout, elle se tient à une barre et fait des étirements. » Certaines sages-femmes proposent aux futures mères de s’installer ainsi : à genoux, les coudes et les avant-bras posés sur le dossier relevé du lit d’accouchement, et en écartant suffisamment les genoux pour que le ventre ne soit pas comprimé. Cette position assure la détente entre les contractions en posant la tête sur les avant-bras. Pendant la contraction, le bébé bénéficie de toute la place dans le bassin, ce qui favorise sa descente. La maman reste si elle le souhaite dans cette position jusqu’à la sortie de l’enfant. « Si le médecin ou la sage-femme le souhaitent, ils lui demanderont de s’installer sur le côté ou sur le dos au moment de l’expulsion. »

La respiration, les conseils des auteur·es : « Quand faut-il respirer ? Lorsqu’un muscle se contracte, il consomme de l’oxygène. Votre utérus fournit un travail intense, il a donc particulièrement besoin d’oxygène. Vous devez aussi continuer à en envoyer à votre enfant. Pour cela, le meilleur moyen est de respirer bien régulièrement. Dès qu’une contraction approche, le rythme de la respiration change, l’inspiration est plus longue. Faites des respirations profondes en suivant ce nouveau rythme. Le travail peut durer plusieurs heures. Pensez à vous reposer et même à dormir entre deux contractions, selon vos besoins. Au moment où vous sentirez la contraction monter, évitez de vous crisper. Une sorte de réflexe de défense tend à vous raidir. Il faut lutter contre ce réflexe. Si, au lieu de résister, vous accompagnez la contraction, elle deviendra plus familière, moins agressive, moins douloureuse. »

Quand faut-il se détendre ? La contraction passée, reprenez une respiration habituelle. La détente est de mise pour vous reposer et aborder la prochaine contraction. Un pionnier de l’obstétrique, le Dr Read, disait à ses patientes : « À femme contractée, col contracté. À femme détendue, col relâché. » « Tout au long du travail, et plus particulièrement à la fin de la période de dilatation, surtout si la tête est déjà bien engagée, il est possible que vous ressentiez au cours des contractions le besoin de “pousser” ». Pensez à votre bébé. « C’est votre accouchement, c’est aussi la naissance de votre bébé. En vous concentrant sur son bien-être, et non pas uniquement sur le travail, vous aurez moins mal. Pensez aux efforts qu’il fait pour naître et à votre joie de le voir bientôt. Préparez-vous à l’accueillir ».

La deuxième phase : l’expulsion, la mise au monde.

Cette phase intervient à dilatation complète. Elle dure moins de 30 minutes pour une première naissance. Avec un rythme de contractions rapprochées et durant plus longtemps. « La tête de l’enfant appuie sur les muscles du périnée. Cet appui vous donne le besoin de pousser et entraîne une réaction d’ouverture des muscles du périnée. Cette envie de pousser est souvent moins bien perçue lorsque vous êtes sous anesthésie péridurale. » La poussée doit être dirigée par le médecin, surtout si même à dilatation complète, l’envie de pousser n’est pas présente. « Vous allez aider l’utérus à faire son travail pour pousser l’enfant vers le bas. Bébé sort alors du tunnel osseux du bassin et va franchir le tunnel formé vagin/périnée. Vos efforts de poussée, s’ajoutant au travail de l’utérus et à la réaction d’ouverture du périnée, vont aider la tête à franchir ces obstacles. » Aidez l’utérus dans son travail en abaissant le diaphragme et en contractant les abdominaux. L’utérus comprimé de haut en bas par le diaphragme, d’avant en arrière par les abdominaux, accentuera sa pression sur l’enfant. Mais l’important, c’est que vos efforts de poussée coïncident avec les contractions qui déclenchent l’étirement du périnée et l’ouverture de la vulve. Pour y arriver, voici comment procéder. La contraction s’annonce. Mettez-vous dans la position d’expulsion : dos relevé, cuisses écartées, pieds dans les étriers. Ou peut-être : les jambes posées sur des sortes de demi-gouttières rembourrées sur lesquelles genoux et mollets prennent appui, position classique d’accouchement Relâchez bien le périnée. Prenez une bonne respiration profonde. La contraction est là. Bouche fermée, inspirez profondément, c’est ainsi que vous abaisserez au maximum le diaphragme. Arrivée au sommet de l’inspiration, bloquez votre souffle. Puis contractez fortement vos muscles abdominaux à partir du creux de l’estomac pour appuyer le plus possible sur l’enfant et le pousser vers le bas, tout en vous efforçant de garder le périnée bien relâché. C’est le traditionnel « Inspirez, bloquez, poussez, soufflez et continuez à pousser jusqu’à la fin de la contraction ». Entre deux contractions, relâchement musculaire. Et récupération. Sauf indication du médecin, ne poussez pas entre les contractions.

Troisième phase : la délivrance

Dans les minutes qui suivront la naissance de l’enfant, vous ressentirez encore quelques contractions utérines, moins intenses que celles de l’accouchement. Elles ont pour résultat de décoller le placenta qui adhérait à l’utérus. Quand le placenta est décollé, le médecin ou la·le sage-femme appuie sur l’utérus et le placenta est alors expulsé. La délivrance est accomplie. Toute la joie de la naissance. Vous avez mis au monde votre bébé ! ν

 

Catherine Dunezat, psychologue clinicienne

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