À l’adolescence, le corps change et votre enfant a du mal à appréhender sa nouvelle silhouette. Voici quelques conseils pour le rassurer, équilibrer son alimentation et déterminer si les kilos en trop sont sur son corps ou dans sa tête.

C’est l’été, il fait 30° à l’ombre et votre ado est habillé comme en hiver. Il refuse de vous suivre à la plage, de se mettre en maillot… Vraisemblablement, votre enfant a un souci avec son image. Il se trouve « trop gros », parfois à raison, mais bien souvent ce n’est qu’un léger embonpoint qui le complexe, voire une silhouette absolument normale ! L’adolescence est en effet, avec la petite enfance, la période où le corps subit le plus de transformations. Et comment ne pas être déstabilisé lorsqu’on grandit de 8 à 15 centimètres par an et que son poids double en l’espace de cinq ans ! Pendant la puberté, certains adolescents – la plupart du temps les filles – se perdent alors dans une quête dangereuse du corps idéal. La faute aux clichés de top models faméliques, généreusement retouchés, ou encore à leur star préférée qui, bien que se disant “bonne vivante”, fait en privé une orgie de carottes râpées à chaque repas… C’est ainsi que 80 % des jeunes filles de plus de 12 ans disent se trouver « trop grosses », alors même qu’environ 10 % des adolescents souffrent d’obésité ou de surpoids réels.

Gare aux régimes sauvages

Près d’un tiers des adolescentes a déjà entamé un régime “sauvage”, c’est-à-dire incontrôlé, mal conduit et souvent trop restrictif. Évidemment, il n’y a rien de répréhensible à limiter sa consommation d’aliments gras ou sucrés pendant quelques semaines, afin de perdre les 2-3 kg qui rendront votre enfant plus à l’aise au bord de la piscine. En revanche, si votre fille est atteinte de “régimite” aiguë, plusieurs risques la guettent. En sautant des repas et en ne mangeant pas à sa faim, elle encourre un “effet yo-yo”, soit une prise de poids encore plus importante à l’arrêt du régime. Et les kilos acquis le seront souvent définitivement ! Autre risque, bien éloigné des dilemmes esthétiques : sombrer dans des comportements alimentaires déviants, tels l’anorexie ou la boulimie. Si votre fille n’a pas atteint ces dramatiques extrêmes, rassurez-la et expliquez-lui que ses courbes plus féminines n’ont rien d’inquiétant ou de disgracieux. Pendant la puberté, sa silhouette va irrémédiablement se transformer : ses seins poussent, ses hanches et ses cuisses s’arrondissent. La faute aux hormones ! Quant aux garçons, le haut de leur corps se développe. Et si votre enfant a un réel problème de surpoids, ce n’est pas à lui – ou à vous – de décider d’un régime. Le passage chez un nutritionniste s’impose.

Pour éviter de grossir

Le plus simple pour ne pas avoir à entamer de régime, c’est encore d’éviter de grossir ! Les grignotages sont à proscrire. Si votre ado a faim en rentrant de l’école, préparez-lui un goûter qui l’aidera à tenir jusqu’au dîner. Le petit-déjeuner, on ne le répétera jamais assez, est primordial. S’en priver, c’est risquer de se jeter sur le premier paquet de chips ou de chocolat à 11 heures mais aussi d’obtenir de moins bonnes performances en cours. Autres mauvaises habitudes à bannir, se resservir à table, manger trop vite ou encore ne pas bien mâcher ses aliments. Si votre enfant saute le déjeuner, il se jettera sur le repas du soir qui, lui, ne sera pas éliminé. Et bien sûr marcher, bouger, sortir, faire du sport… La sédentarité est la meilleure amie des kilos. Avec ses copains, il a délaissé la cantine et prit ses quartiers au fast-food ? Expliquez-lui qu’il ne doit pas prendre tous les jours un triple maxi Mic Mac, mais plutôt un sandwich au poulet, un hamburger avec un seul steak, une salade… Glissez un fruit dans son sac, nettement moins calorique qu’une glace ou un milk-shake. Certaines familles d’aliments sont également sans conséquence. Il s’agit du poisson, des volailles, des yaourts maigres, des fruits et des légumes, mais aussi du pain, accusé à tort de faire grossir. Évidemment, manger un kilo de pain ou de poulet par jour ne fera jamais maigrir personne… L’alimentation est comme l’adolescence, complexe !

Questions au Dr Arnaud Cocaul, nutritionniste, auteur avec Marie Belouze du livre Kilos ado, éditions Marabout, 5,90 €

80 % des adolescentes se trouvent trop grosses : quelle est la part de fantasme et de réalité ?

L’adolescence est une période de modification corporelle importante, et la puberté une phase extrêmement violente. Les ados rêvent d’un corps parfait, calqué sur les images en papier glacé qui les inondent. Mais un beau jour, la génétique se rappelle à eux et ils réalisent qu’ils n’ont pas le corps, la taille, la poitrine dont ils rêvaient. Pourtant, seuls 10 à 12 % des adolescents ont un réel problème de poids ! Ce phénomène est majoritairement féminin. Les garçons ont une masse musculaire plus développée et pensent qu’ils peuvent agir davantage sur leur corps grâce au sport.

Quels sont les risques des régimes sauvages ?

L’effet yo-yo : plus le régime sera restrictif, plus la prise de poids à son arrêt sera importante. J’ai aussi vu des ados basculer dans l’anorexie, une pathologie dramatique alimentée notamment par les blogs “pro-ana”. J’estime qu’il est interdit de parler de régime à un enfant. Pour 4 ados sur 5 qui viennent consulter, je ne préconise pas de restrictions alimentaires.

Que doivent faire les parents si leur enfant est en surpoids ?

Les parents sont des tuteurs sur lesquels s’appuient ces adultes en devenir. Ils doivent fixer des limites et montrer l’exemple. Je leur demande toujours d’assister aux consultations, car lorsqu’un ado est en surpoids, ce sont toutes les habitudes alimentaires de la famille qui sont à revoir. Ce n’est pas l’enfant qui fait les courses, pas lui qui a le pouvoir d’achat ! Il n’est pas question non plus qu’il soit stigmatisé. J’ai rencontré récemment des parents qui faisaient des légumes verts à leur fils pour qu’il maigrisse, tandis qu’eux mangeaient en permanence des pâtes… Et l’enfant les voyait déguster en face de lui son mets préféré ! C’est cruel et maladroit. Je conseille également aux parents de prendre du temps pour les repas, de ne pas manger devant la télévision ou encore d’utiliser des assiettes plus petites. Ce sont parfois ces détails qui font la différence.

L’école a-t-elle un rôle à jouer dans l’information alimentaire ?

L’école n’est là que pour renforcer l’éducation des parents et ne se substitue en aucun cas à eux. Des cours de cuisine seraient une bonne chose. Des restaurants pourraient aussi ouvrir leurs cuisines aux élèves, les professeurs leur faire visiter des marchés ou encore les emmener dans des supermarchés puis commenter leurs caddies… Il reste beaucoup à faire, mais j’ai bon espoir que des initiatives se mettent en place dans les prochaines années.

Calculer son IMC

Texte

L’indice de masse corporelle permet d’évaluer la corpulence d’une personne. Mais attention, l’IMC n’est qu’une indication qui doit être modérée par d’autres éléments, notamment l’âge, la masse grasse ou encore le tour de taille.

IMC =  poids en kg /(Taille en mètres)²

Par exemple, si votre enfant pèse 55 kilos pour 1,62 m :               55/1.62² = 21

En se reportant aux normes de l’INSERM ci-dessous, si votre fille a 14 ans, elle est légèrement enrobée, mais parfaitement dans la moyenne si elle est âgée de 16 ans.

Âge                 12 ans             14 ans             16 ans             18 ans

Filles               17-18              19-20              20-21              20-21

Garçons            17                    18-20              20                    21

Dormir fait-il grossir ?

L’organisme dépense naturellement moins de calories pendant le sommeil. Pourtant, des chercheurs ont fait une découverte étonnante : le manque de sommeil augmenterait significativement le risque d’obésité. En effet, les personnes qui dorment 4 heures par nuit ont 73 % plus de risques d’être obèses que ceux qui passent 7 à 9 heures dans les bras de Morphée. Le sommeil conjugué à une activité physique entraînerait la production d’une hormone de croissance brûlant les graisses. Pour être mince, dormez !

Article réalisé par Cécile Mortreuil

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