Un tiers des adolescents somnolent dans la journée. Entre nouvelles habitudes de vie et emplois du temps surchargés, la fatigue devient alors la cause de bien des maux. Nos solutions pour l’aider à prendre ses nuits en main.

Bien dormir ne dépend pas uniquement du moment du coucher. Une bonne hygiène de vie et un environnement familial positif importent autant – voire plus – que les rituels permettant de s’endormir. « Les parents sont pleins de fausses croyances à propos du sommeil, explique Eric Mullens, auteur d’Apprendre à faire la sieste, et si c’était un médicament… (Éditions J. Lyon). Ils disent à leur enfant: ‘Couche-toi, il faut que tu dormes’. Ils fixent des objectifs parfois inatteignables. On ne peut bien dormir que si l’on a été honnête dans son éveil. » Honnête, c’est-à-dire sain, équilibré, cohérent. On ne peut pas fumer des joints, boire du cola ou s’exciter des heures devant ses jeux vidéo la journée etespérer s’endormir paisiblement le soir.

Bons réflexes en journée

Certaines boissons ou certains aliments contiennent des excitants. C’est le cas du thé, du café, du cola, de la réglisse, des fruits à base de vitamine C. Sans parler des nouvelles boissons énergisantes qu’affectionnent particulièrement les ados. Il faut veiller à ce que votre enfant en consomme le moins possible en journée et encore moins en rentrant des cours. Pour lui éviter toute tentation, ne remplissez pas votre réfrigérateur de canettes de cola. Si votre ado rentre déjeuner à la maison ou qu’il a un trou dans son emploi du temps, conseillez-lui d’éviter les grosses siestes de plus de 20 minutes. Quant au sport, il est recommandé pour évacuer le stress, mais pas après 20 heures car il active des hormones excitantes qui troublent les nuits.

Eviter les écrans en soirée

Télévision, Internet, jeux vidéo, portable sont de sérieux concurrents au repos des adolescents. « Sources de lumière et de stimulation, ces synchroniseurs tiennent éveillés et sont de véritables voleurs de sommeil », affirme le médecin Eric Mullens. Il est nécessaire de fixer des règles très claires. Deux heures avant le coucher, extinction du portable, de l’ordinateur ou de la télé. Quitte à passer par le conflit. « Il y a inévitablement un moment d’opposition avec les parents, estime la psychiatre Sylvie Royant-Parola. L’ado cherche des limites. Il est extrêmement important de tenir un discours qui offre un cadre. À un moment donné, on doit dire non et donner des règles de vie sociale ou familiale. » La présidente du Réseau Morphée insiste : « Il faut demander à son enfant de se coucher à une certaine heure, mais aussi l’accompagner dans ses activités en soirée. Un ado qui chatte sur Internet et à qui les parents demandent de se coucher tout de suite après ne parviendra pas à s’endormir. » Imposer des « règles de bonne pratique » nécessite pour certains « une réorganisation de la vie familiale ».

Halte aux somnifères

L’appel de Morphée ne se commande pas, surtout pas avec des somnifères. L’arrêt de ces produits provoque des insomnies de sevrage : on rentre alors vite dans un cercle vicieux. Les études montrent que plus les parents sont insomniaques et consomment des somnifères, plus le risque est grand pour les enfants de consommer des médicaments pour dormir. Si vous prenez des antidépresseurs ou des somnifères, ne les laissez surtout pas dans la salle de bain. Stockez-les dans un endroit inaccessible pour votre ado. Pour l’aider à dormir, conseillez à votre enfant de se coucher dès que des signaux apparaissent (yeux qui piquent, bâillements…). Veillez également à ce qu’il ne mange, ne travaille ou ne regarde pas la télévision au lit. Il est nécessaire de conserver un lieu dédié au sommeil. Il ne vous reste plus alors qu’à choisir une literie adaptée…

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