La pandémie a redonné un mois de ressources à la planète

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Ça ne va pas durer. Sauf si…

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Notre confrère en positive attitude, PositivRqui « déniche et partage chaque jour des initiatives positives, des causes inspirantes, des innovations prometteuses, des artistes talentueux et des actus dans l’air du temps », a remarqué que « pour la première fois depuis 50 ans, le jour du dépassement recule, et pas qu’un peu ».

C’est quoi, ce « jour du dépassement » ? Souvenez-vous, chaque année, on avance un peu plus le jour où l’humanité a dépensé l’ensemble des ressources que la Terre génère en un an. En 2019, on avait tout razzié le 19 juillet. Cette année, « grâce » à la pandémie, par la suspension du trafic aérien, la pause industrielle, la consommation moindre et le carburant resté dans les cuves, le jour du dépassement est repoussé au 22 août.

Le calcul est établi par l’ONG Global Footprint Network. Plus précisément, c’est « l’empreinte écologique qui dépasse la biocapacité de la planète », dixit le WWF. Par « empreinte écologique », entendre « la surface de la Terre utilisée par l’humanité pour pêcher, élever, cultiver, déboiser, construire et brûler des énergies fossiles ». Et la biocapacité égale « la surface de la planète nécessaire pour faire face à ces pressions. »

Le calendrier était jusqu’alors inexorable : en 1998, le « dépassement » était survenu le 30 septembre. En 2019, le 19 juillet. Soit 1,75 Terre pour subvenir aux besoins de la seule l’humanité.

Gagner un mois pour trois mois de rationnement de consommation folle ouvre à des perspectives qui ont de quoi rassurer : il ne s’agit pas de consommer beaucoup moins des années durant pour restaurer l’abondance naturelle. Sauf que, comme le souligne Mathis Wackernagel, le président du Global Footprint Network, ce jeûne imposé ne va pas durer. Tout montre que notre voracité va reprendre le dessus et que l’an prochain, sans doute, par rage de s’être privé, on dépassera les capacités terrestres, en mai peut-être ?

Il est des ramadans écologiques à inventer : chaque année, l’humanité se mettrait en pause un mois. Comme ça. Pour recharger les batteries biologiques de la Terre, si rajeunie quand on la laisse tranquille. Mais quelle force invincible, quel « dieu », quel démiurge, quelle raison impérieuse nous pousserait à tant de sagesse ?

Peut-être… un virus de quelques nanomètres ?

Olivier Magnan, rédacteur en chef

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