Teasing présidentiel : le risque de la déception

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En se donnant jusqu’en juillet pour tracer un « chemin nouveau », Emmanuel Macron s’oblige à surprendre. Mais comment ?

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Mais quel « chemin nouveau » va donc bien tracer « en juillet » Emmanuel Macron ? À force de teasing façon « Sachons nous réinventer, moi le premier », le décideur risque de décevoir tout le monde, les écologistes, composante forte des enjeux électoraux, les grands groupes réputés ne plus être si stratégiques que ça, les PME et ETI pourtant sang de la nation. Il risque de décevoir « sa » droite et « sa gauche ». Et des Français.es en vacances domestiques que le discours factuel du Premier ministre Édouard Philippe, l’homme des modes d’emploi covid, rassure paradoxalement davantage que les « vous allez voir » du président : 38 % de satisfaits, 60 % de mécontents pour Macron, 50 % de satisfaits, 48 % de mécontents pour Philippe (Ifop pour le JDD, 12 au 20 juin).

Ce ne sont quand même pas les remaniements ministériels – y compris, peut-être celui du Premier ministre – qui vont nous donner les perspectives d’un été de fin de crise sanitaire.

Ce ne sont pas même les conclusions de la commission des 26 économistes mise en place en avril, avec le Nobel Jean Tirole à sa tête, puisque leurs recommandations ne sont attendues qu’en décembre 2020.

En attendant, les scénarios et les pistes ne manquent pas dans les rangs des économistes de gauche comme Thomas Piketty – exclu du cercle des économistes – auquel le « silence » macronien laisse supposer que celui sur lequel repose une écrasante responsabilité « ne parvient pas à concevoir un redémarrage différent de l’économie ».

Si tel est le cas, nous aurons droit à un redémarrage lent, sans doute sur plusieurs années, avec son cortège de laissés pour compte, de chômeurs et de PME sacrifiées. Ce qui serait fort loin d’un « chemin nouveau ».

Alors, surprenez-nous, Président de tous les Français.es.

Un certain général a gagné une autre guerre en croyant possible une victoire inimaginable.

Un appel du 18 juillet ne serait pas de trop pour donner la voie d’une victoire dans un monde où, jusqu’alors, la pandémie reste un envahisseur triomphant. Mais il faut bien s’y résigner : les personnalités de rupture ne courent pas l’Élysée depuis longtemps.

Olivier Magnan

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