Origine. Le skateur descend du surfeur. En 1961, deux surfeurs américains en manque de vagues ont l’idée d’installer des roulettes sur leur petite planche : c’est ainsi que le skateboard est né. Dans les années 80, sa pratique dans la rue l’a rendue populaire auprès des autres mammifères privilégiant l’aspect urbain du sport : le skate est devenu un moyen de détente et de rencontre avant tout. Aujourd’hui, les skateurs se jouent des valeurs sportives traditionnelles et privilégient le progrès à la performance, la sensation à la prestation. En skate comme dans la vie, le style et le fun priment.

Signes particuliers. Le skateur est un mammifère appartenant à la famille des riders comme les snowboarders ou les adeptes du roller. Il se reconnaît à ses cheveux ébouriffés, son pantalon large descendant sous les fesses et laissant apparaître le caleçon. Parfaitement adapté au milieu urbain, il migre de sa maison à son établissement scolaire avec une planche à roulette collée sous les pieds ou fourrée sous le bras. Cool et indépendant, le skateur a un côté « déstressé » qui peut faire de lui un être à la fois très attachant et particulièrement irritant – surtout pour ses professeurs et ses parents.

Apparence. Le skateur aime désarçonner son entourage en mettant des T-shirts courts par-dessus ses manches longues, en laçant ses gros lacets derrière la languette de ses chaussures ou encore en portant des casquettes sans visière. Durant la saison froide, il revêt des sweats à capuche et des bonnets Quicksilver. Sa tenue vestimentaire est le reflet de sa pratique de rider. Ses bracelets-éponge lui servent à s’essuyer le front entre deux frayeurs, ses vêtements amples à amortir les chutes et les déchirures de ses baggy traduisent la dangerosité de son mode de vie.

Habitat. Plus que son milieu naturel, la ville est son terrain de jeu – au grand dam des autorités locales. Trottoirs, escaliers, rampes et bacs à plantes sont autant d’occasions d’améliorer ses « tricks » (ses figures). Très joueur, le mammifère ado est capable d’enchaîner chutes sur chutes pendant des heures pour « rentrer » un nouveau trick et améliorer son style. On trouve également des skateurs dans les réserves naturelles que sont les Skateparks. Les modules sur lesquels ils roulent, glissent et sautent avec fracas sont une reproduction du mobilier de leur habitat naturel.

Régime. Le skateur se nourrit essentiellement de hamburgers, coca, pizzas, ou toute nourriture susceptible d’être consommée à la va-vite et sous le regard désapprobateur des adultes. Il consomme également une quantité non négligeable de musique rebelle et rythmée telle que le rap, le hardrock, le hip-hop ou le punk. Le skateur connaît bien les groupes tels que Korn, Splitknot, Placebo, Linkin Park ou Rammstein, mais il reste capable d’une relative ouverture musicale. Bières et cigarettes ne sont pas exclues de son régime, sa pratique étant à ses yeux plutôt artistique que sportive.

Le dico des parents d’ados skateurs

  • Ollies, flips, grabs, slides : figures consistant à sauter, faire tourner son skate, saisir sa planche avec ses mains ou glisser sur un rail.
  • Poseur : se dit de quelqu’un qui a adopté le style vestimentaire du skateur, mais pas sa pratique.
  • Sk8 : lire « Sk’eight ». Moyen simple d’écrire skate par en langage texto.
  • Tony Hawk : leur idole. Devenu professionnel à 11 ans, ce skateur donne son nom à un jeu vidéo, Tony Hawk’s Pro Skater
  • Les Seigneurs de Dogtown : leur référence cinématographique. Le film retrace la vie des tout premiers skateurs dans les années 70 et leur évolution.

« Ils laissent pantois leur professeur d’EPS » Alain Loret, auteur de Glisse urbaine (éditions Autrement) et directeur de la Faculté des Sciences du Sport et de l’EPS de Rouen.

« Un ado qui se lance dans le skate se positionne contre son professeur d’EPS, contre la discipline scolaire. Il a la volonté d’apprendre seul, sans passer par les canons habituels de l’apprentissage scolaire. Il cherche à acquérir un savoir-faire plutôt qu’un savoir, à construire sa propre gestuelle, et à faire de l’autre son partenaire plutôt que son adversaire.

Les skateurs développent une motricité incroyablement riche. Ils produisent une activité physique et acquièrent une expertise qui laissent pantois leurs enseignants d’EPS. Ce qui surprend le plus est l’étonnante détermination dont font preuve ces adolescents pour apprendre seuls par essais et erreurs. Il n’est pas impossible de penser que certains ne montreraient pas une telle ardeur dans un cadre scolaire.

Reste que ce sport de mise en scène présente des inconvénients, comme la prise de risque inconsidérée. L’accidentologie du skate pratiqué de manière autonome, hors encadrement pédagogique, est très élevée. Pour pouvoir « frimer », les jeunes skateurs utilisent des combinaisons « vitesse-décollage » dont la valeur peut très vite dépasser leurs capacités techniques. Capter le regard des autres n’est donc pas sans danger. »

LE SKATEUR EN BREF/

  • SES VALEURS : l’indépendance, la pugnacité
  • SES EXCÈS POTENTIELS : le flirt avec l’illégalité, la cool-attitude tournant à l’indifférence générale
  • CONSEILS: sur www.sk8.net, les skateurs s’échangent des conseils de sécurité (qui passeront bien mieux que les vôtres)

Florence PERCEVAUT

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