Le phénomène  littéraire et éducatif de la rentrée ne vous a pas échappé… Il s’agit de l’ouvrage de Céline Alvarez. Il est rare pourtant qu’un sujet éducatif se transforme en succès d’édition. Qu’est-ce qui a bien pu convaincre 85000 lecteurs de dépenser 15 euros pour qu’on leur parle (encore !) de l’école ? L’étonnement est à son comble lorsqu’on en découvre le titre : « Les lois naturelles de l’enfant ». Nous qui pensions que l’arrivée de la théorie du genre à l’école avait effacé toute référence à la nature…

Le fruit d’une expérience scientifique

Non, ce livre n’a rien d’un succès improvisé. Il se construit depuis sept ans exactement. Date à laquelle l’auteure a entrepris une démarche scientifique auprès d’enfants. Il se base sur un constat simple : les sciences du développement humain nous décrivent les grandes lois universelles qui régissent l’apprentissage et l’épanouissement harmonieux de l’être humain. Ces lois exigent notamment que l’enfant apprend par son activité autonome, au sein d’un environnement riche et sécurisant, avec des enfants d’âges différents, et guidé par un étayage individuel et bienveillant. Pour tester cette conviction, l’auteure, linguiste de formation, entre en 2009 dans le système éducatif national en passant le concours de professeur des écoles. Elle demande alors au conseiller du ministre de l’Éducation nationale des conditions « extraordinaires » pour mettre en place son expérience : une école implantée dans un quartier défavorisé, une classe d’âges mélangés, des tests scientifiques annuels pour mesurer les progrès des enfants, une carte blanche pédagogique totale.

L’enseignante est convaincue qu’en respectant les lois naturelles de l’enfant plutôt qu’en luttant contre, les problèmes majeurs liés à l’école disparaissent : échec, montée de la violence, etc.

Montessori : un point de départ

Pour mener son expérience, Céline Alvarez a adopté comme point de départ le travail de Maria Montessori qui, dès 1907, avait ouvert la voie d’une telle démarche scientifique. À ce stade de l’expérimentation, l’enseignante a mis en pratique le développement des compétences exécutives, aujourd’hui largement reconnues comme étant les fondations biologiques de l’apprentissage et de l’épanouissement global. Ces compétences se développent à grande vitesse entre trois et cinq ans, leur bon développement a donc été une grande priorité dans la classe. Les activités de langage ont également été retravaillées, simplifiées, et adaptées aux particularités de la langue française.

Des résultats bluffants qui expliquent l’engouement

Dans la classe de Céline, la majorité des enfants ont su lire bien avant leur entrée au CP, certains pouvant même compter jusqu’à mille ou faire des additions à quatre chiffres. Tout ça en ayant développé une sérénité et une confiance en eux manifeste. De tels résultats ne manquent pas de séduire, dans un contexte où l’école est le catalyseur de toutes les angoisses : échec, violence, creusement des inégalités…

Si cette enseignante-chercheuse dit vrai, c’est le ministère de l’Education Nationale qui devra revoir sa copie et oublier la théorie du genre comme une émancipation vis-à-vis d’une prétendue loi inscrite dans l’être humain.

Marie Bernard

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