Rentrée, la circulaire qui remet l’école au carré

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Chaque année, une feuille de route définit les principes édictés par le ministère. Pour 2019, le ministre chahuté Blanquer définit des priorités accordées aux apprentissages fondamentaux que les parents doivent connaître. Petit guide d’une circulaire que vous ne lirez pas, à vos risques et périls !

La circulaire de rentrée est parue au Bulletin Officiel, numéro 22, du 29 mai 2019… avant même que les enfants ne partent pour les grandes vacances. Elle fixe, comme chaque année, la feuille de route des enseignants pour l’année scolaire 2019-2020, tous les cycles confondus. Et, bien sûr, elle préside aux destinées studieuses de nos enfants. Au sein de « l’école de la confiance » chère au ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, elle refait un look à l’Institution. Mieux vaut pour vous, parents, en connaître les grands principes.
Elle s’adresse à tous : rectrices et recteurs d’Académie, inspectrices et inspecteurs d’Académie, directrices et directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, aux inspectrices et inspecteurs du premier degré, aux directrices et directeurs des écoles et des établissements privés du premier degré sous contrat, aux professeurs des écoles et des établissements d’enseignement privés du premier degré sous contrat, c’est-à-dire à tout le cadre hiérarchique de cette entité responsable du développement des savoirs et de la structuration de la pensée sur le territoire français.

Tout autant, cette circulaire de rentrée 2019 s’adresse à Ella, Romane, Manon, Nour, Enora, Louis, Gabriel, Fatou, Jules et Nathan, Emma, Louise, Jade, Djamel, Lou, Ambre, Sacha, Liam, Hugo, Medhi, Sacha, Paul, Eloi, Yasmine, Amal et quelques autres… énumération non exhaustive mais au nombre de 25 élèves dans une classe de REP (Réseau d’éducation prioritaire). Juste une petite idée de ce qu’est une classe.
Et, bien évidemment, elle s’adresse à vous, parents !

Quoi de neuf, rectorat ?

• Primeur au primaire : l’école primaire reste la priorité du gouvernement en matière de politique éducative. L’objectif ? Une élévation générale du niveau des élèves (s’en étonner ?). La lutte contre les déterminismes inégalitaires sera soutenue, annonce le ministère, par la création de « moyens supplémentaires importants ».

• Création de 2 300 postes à la rentrée : alors même que les effectifs baissent, 2 300 postes sont créés pour achever le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans les zones d’éducation prioritaire. Le ministère avance le chiffre de 300 000 enfants, soit 20 % d’une génération, qui bénéficieront de ces mesures d’apprentissage renforcées. Le prochain cap fixé par la politique scolaire est d’organiser également le dédoublement des « grandes sections » au cours de la rentrée 2020-2021.

• Un système d’évaluation
Des évaluations normées de début CP, mi-CP et CE1 donnent de nouveaux outils aux professeurs des écoles. En complément, bien sûr, des programmes et progressions annuelles qui conduisent les actions pédagogiques (y compris les actions pédagogiques personnalisées) menées par les professeurs des écoles auprès des élèves. Ce dispositif complémentaire vise à personnaliser plus encore les apprentissages.

• L’instruction obligatoire dès trois ans sur le territoire français
L’école des premiers apprentissages connaît une avancée majeure avec l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à trois ans : cette mesure constitue un point central de la loi pour l’École de la confiance. Ce sont, en conséquence, quelque 25 000 élèves supplémentaires (dans les zones défavorisées) afin de lutter contre les inégalités de chances. Les Assises pour l’école maternelle (instance de réflexion réunie en 2018) mettent au centre du dispositif intentionnel le rôle crucial durant les trois premières années de scolarisation du développement affectif et intellectuel de l’enfant.

• La dimension affective au cœur de l’école des premiers apprentissages
La dimension affective est centrale. Elle constitue la voie royale dans le cadre de la préparation aux apprentissages scolaires chez le jeune enfant. La circulaire de rentrée 2019 reprend les orientations des Assises pour l’école maternelle. Selon le texte, développer la sécurité affective à l’école maternelle constitue un point essentiel des recommandations aux professeurs des écoles, avec le souhait que toute la communauté éducative, parents compris, participe à cet élan. C’est dans cet esprit que la circulaire préconise également d’entretenir la qualité de l’accueil des parents et des responsables légaux des élèves. De la petite section de maternelle jusqu’à l’entrée au CP, l’équipe enseignante prendra plus que jamais en compte le développement affectif de l’enfant. Notamment les besoins fondamentaux, tels que le sommeil. En contrepartie, l’exigence de l’assiduité à l’école des plus petits est affirmée et sera demandée aux parents. Des aménagements de l’emploi du temps prendront en compte le besoin des enfants de dormir l’après-midi.

La construction et la transmission de la confiance en soi seront assurées à la fois par un discours et une pratique pédagogique ambitieux mais assortis de valorisation des progrès, même les plus modestes. But : parvenir à structurer en profondeur le sentiment de sécurité affective et d’estime de soi chez l’enfant. Les professeurs des écoles ainsi que les Atsem (Agents spécialisés des écoles maternelles), figures d’attachement importantes pour les petits, sont priés de travailler en synergie. Et mieux préparer ainsi aux apprentissages fondamentaux. Le besoin d’exploration et de découverte, les activités de manipulation libre et accompagnée des objets de savoir, l’expérimentation et le jeu figurent parmi les nécessités réaffirmées. La connaissance et la manipulation des unités sonores de la langue française feront l’objet d’un enseignement progressif. De la petite à la grande section de maternelle, le travail de conscience phonologique sera l’objet d’une pratique quotidienne pour chaque élève. La connaissance des lettres et du son qu’elles produisent sera enseignée de manière progressive.

Réussite et maths

Les mathématiques sont déterminantes en maternelle : intégrer le concept de nombre, celui de calcul et d’espace. La circulaire institue le respect des préconisations du rapport Villani-Torossian (remis en février 2018 au ministre de l’EN*). Vingt et une mesures pour l’enseignement des mathématiques en priorité au premier degré : efficacité, plaisir et ambition pour tous.

• Formation initiale des professeurs des écoles
Dès 2018, une licence adaptée ou un parcours pluridisciplinaire intègrent un volume suffisant d’enseignements dédiés aux disciplines fondamentales, dont les mathématiques.

• Mathématiques, priorité nationale CP/CE1 en REP +
Sur le terrain, dès septembre 2018, les mathématiques étaient déjà décrétées priorité nationale en Réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP+) pour les CP et CE1 à 12 élèves par classe. Cette mesure serait étendue à l’ensemble des REP en 2020. Il s’agit là d’une préconisation dont il faudra s’assurer, de la réelle effectuation sur le terrain des REP simples.

• Cycle 2
Expérimentation à grande échelle (ce qui veut dire malheureusement expérimentation non systématique) pour procéder à une évaluation scientifique de méthodes explicites effectuées.

• Du matériel
Proposer à toutes les écoles un équipement de base, accompagné de tutoriels, favorisant les manipulations d’objets réels ou virtuels pour enseigner les maths.

• Les maths pas à pas
Dès la petite section de maternelle, la mise en œuvre des apprentissages mathématiques se fonde sur trois axes.
1/ L’axe de la manipulation et de l’expérimentation. 2/ L’axe de la verbalisation de ce que l’on fait dans un travail de métacognition. 3/ L’axe de l’accès à l’abstraction.

• Restructurer l’enseignement des mathématiques
Donner une place plus réelle et plus tangible aux travaux mathématiques en classe :
1/ Par la production d’une trace écrite systématique (les mathématiques ne sont plus un enseignement volatil mais fixé dans l’écrit, inscrit dans la trace verbale). 2/ Par le travail sur la notion centrale de la preuve en mathématiques. 3/ Par le recours à l’explicitation systématique des apprentissages mathématiques.
Il s’agit bien d’une formalisation accrue des enseignements mathématiques.

• Bienvenue au club
Les autres conclusions du rapport sont intégrées : lier des partenariats école et périscolaire, développer les clubs maths (modélisation, informatique, jeux intelligents, défis maths) à l’école et en dehors. Rémunérer les intervenants et adapter les emplois du temps des enseignants.

D’autres mesures se proposent de renforcer les liens entre les maths et les autres matières (lier/expliciter le langage mathématique et la langue française) : renforcer les projets disciplinaires et interdisciplinaires, notamment les Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) et les espaces interactifs, les travaux personnels encadrés (TPE) et même un module de réconciliation avec les mathématiques. Mais nous touchons là davantage le secondaire, ces mesures s’adressent aux jeunes des lycées.

Le rapport Villani-Torossian préconise de cultiver le sens des quatre opérations dès le CP ainsi que l’enseignement effectif des grandeurs et mesures à l’école primaire qui vient en appui du sens des nombres et des opérations. Le rapport met l’accent sur la création des automatismes de calcul dès le plus jeune âge et à tous les âges par des pratiques rituelles (répétition, calcul mental et intelligent) pour favoriser la mémorisation et libérer l’esprit des élèves de ces tâches fonctionnelles avant de passer à la résolution de problèmes motivants. Une gradation par paliers assure les bases des nombres et du calcul. De même qu’une maîtrise obligatoire de ces fondamentaux par tous/toutes sera mesurée par des tests trois fois par an, en ciblant les acquis des élèves sur un nombre limité d’items simples et standardisés.

Afin de développer la formation continue et le développement personnel en mathématiques des professeurs des écoles au sein de chaque circonscription, pour favoriser le développement professionnel entre pairs et en équipe, il est proposé de nommer un troisième conseiller pédagogique, « référent mathématiques » (il existe déjà des conseillers pédagogiques généralistes, en arts plastiques et en musique dans la plupart des circonscriptions). Assurez-vous, parents, du respect de cette création auprès de l’inspecteur de l’éducation nationale de la circonscription dont dépend votre enfant. Et demandez que cette personne-ressource soit identifiable.

Car inscrire les mathématiques comme une priorité nationale, c’est mobiliser tous les acteurs de la chaîne institutionnelle (recteurs, cadres, formateurs, enseignants, mais aussi parents). Sachez également qu’un poste d’expert de haut niveau en mathématiques à la Dgesco est nommé. Il/elle est responsable du suivi et de la mise en œuvre des préconisations du rapport Villani-Torossian, sur le plan national. Une évaluation des mesures sera menée dans trois ans. Les parents d’élèves sont en mesure d’interpeller cette instance de contrôle.
Les manuels de mathématiques feront l’objet d’un positionnement sur une échelle, par un comité scientifique : il importe de se renseigner sur la qualité du matériel utilisé par votre enfant.

Un portail de ressources en lien avec les mathématiques, les moyens logistiques et les ressources de fonctionnement compris, s’annonce du côté du ministère. Mission : là encore veiller à la mise en place des principes énoncés par le rapport Villani-Torossian que la circulaire de rentrée 2019 reprend à la lettre. D’où cette importance d’en vérifier l’application auprès de vos enfants.

L’école de l’épanouissement du langage

Si les mathématiques constituent bien une priorité nationale et une priorité pour la rentrée 2019, l’un des enjeux primordiaux de cette prochaine rentrée scolaire à l’école primaire reste la maîtrise de l’écrit (lire, écrire). Cette mesure est la poursuite, en élémentaire, du travail d’enseignement structuré du vocabulaire oral durant les trois années d’école maternelle. Cette priorité donnée au langage oral se traduit par un enseignement construit et régulier, également par des échanges spontanés et liés à toutes les situations d’enseignement, et à toutes les situations propices au développement des compétences communicationnelles des petits. Les moyens mis en œuvre : l’écoute attentive, la compréhension, l’attention partagée, le développement et l’entraînement de la mémoire auditivo-verbale, l’expression et la mise en œuvre des compétences linguistiques, notamment la précision des mots et l’organisation des phrases dans l’appropriation d’une syntaxe correcte.

Évaluations en septembre, résultats individuels consultables

En élémentaire, des évaluations nationales de CP et de CE1 sont construites par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) à partir d’orientations définies par le conseil scientifique de l’Éducation nationale et la Direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco, au sein du ministère de l’éducation nationale). Elles ont pour but le repérage des obstacles à la réussite des élèves. Elles invitent ensuite à la mise en place, après analyse des résultats, d’interventions pédagogiques ciblées, dans le cadre d’un accompagnement personnalisé des élèves qui auraient présenté des difficultés. Tout professeur des écoles de CP et de CE1 assurera en 2019 la passation des évaluations nationales pour chacun de ses élèves et sera aidé dans sa réflexion pédagogique consécutive par des temps de formation et d’accompagnement mis en place par l’institution. Les passations auront lieu du 16 au 28 septembre 2019 dans toutes les écoles de France, les résultats seront disponibles le 7 octobre et consultables par les parents. Des fiches destinées à ces mêmes parents seront remises, avec les résultats, individuellement.
Des priorités stratégiques seront ciblées du CP au CM2, annonce la circulaire, en fonction des résultats des évaluations de l’année précédente, 2018-2019.

Le dédoublement des classes de CP et de CE1 en REP

Pour les classes de CP et de CE1, le dédoublement des classes est toujours perçu comme un levier majeur de la réussite de tous les élèves. Les résultats de l’expérimentation du dispositif en REP (Réseau éducation prioritaire) encouragent à sa poursuite à condition que le maillage pédagogique se montre effectif et cohérent avec la formation continue des maîtres.
En CP, dans le domaine de l’apprentissage du français langue écrite, l’enseignement des relations entre graphèmes (la plus petite entité d’un système d’écriture) et phonèmes (la plus petite unité discrète ou distinctive pour distinguer des mots les uns des autres) est voulu intensif et systématique durant le premier trimestre, afin d’automatiser les procédures de décodage. L’enseignement de la lecture et de l’écriture devra, selon la circulaire de rentrée, représenter au moins un travail de deux heures par jour, avec une grande régularité, une gestion rigoureuse du temps et du rythme réparti sur deux ou trois séquences par journée.

Objectif : 50 mots lus par minute en fin de CP

Dès que l’élève saura déchiffrer, l’accent sera mis sur la compréhension de la lecture, donc sur l’accès au sens. L’objectif est d’obtenir une fluence de 50 mots minute en fin de CP. Sans opposer les objectifs de fluence et de compréhension qui naturellement se renforcent mutuellement.
En mathématiques, ce qui est nouveau en CP est la préconisation (controversée toutefois par les pratiques antérieures) de la mise en place des quatre opérations. Il était classique de laisser un an de latence environ entre le placement de l’addition-soustraction et de la multiplication-division.

Les priorités des autres classes du primaire

En CE1, la poursuite de ce qui a été conduit en CP est préconisée, mais avec l’accès, là aussi, aux quatre opérations dans la perspective de résolution de problèmes de plus en plus variés. En français, l’apprentissage est toujours très structuré (geste graphique affiné, copie, dictée, rédaction, vocabulaire).
En CE2, la circulaire conserve la lecture à voix haute en position centrale, comme lors des années de CP et de CE1, afin de développer la fluidité et l’aisance. Les textes sont de plus en plus longs. Les résolutions de problèmes en plusieurs étapes sont proposées de manière intense.
En CM1 et en CM2, les automatismes en lecture sont requis et la compréhension revient au centre, la production d’écrits personnels est encouragée, l’étude de la langue est approfondie. La résolution de problèmes multiplicatifs est nécessaire.
Pour tous les niveaux, du CP au CM2, la circulaire pointe la nécessité de l’organisation d’emplois du temps connus des enfants, et tenus : c’est le rythme et le respect du rythme qui garantissent l’apprentissage.
Pour toutes les classes, l’enseignement précoce des langues vivantes étrangères est conforté par les indices positifs relevés par le rapport de Chantal Manes et Alex Taylor, Propositions pour une meilleure maîtrise des langues vivantes étrangères, oser dire le nouveau monde. En maternelle, les enfants continueront à bénéficier d’un premier éveil à la diversité linguistique, ils seront exposés à des langues variées, à la musicalité, à la phonologie et à l’accentuation de la langue. À partir du CP, cet enseignement est régulé par les programmes de manière rigoureuse.
Du côté du pilotage et du soutien de l’action des professeurs, la circulaire de rentrée 2019 engage au renforcement de leur formation et à l’alternance entre réflexion et pratique. Des ressources d’accompagnement, notamment des guides, seront mises à disposition des enseignants, à l’image du Guide pour enseigner la lecture et l’écriture au CP : c’est la synthèse des connaissances actuelles dans cette matière.

Les cadres à l’école et pour l’école

L’appui des cadres de l’éducation nationale, et notamment des Dasen (Directeurs académiques des services de l’éducation nationale) est requis auprès des professeurs des écoles qui se trouveraient en difficulté ou en situation de crise, à l’école ou dans le cadre de leur mission d’enseignement, ou en situation de tension au sein de la communauté éducative.

Cultiver le plaisir d’être ensemble : le jardin de la République

Un tout autre domaine constitue une priorité ciblée par la circulaire le « bien précieux » que constitue l’École de la République car elle forme au respect d’autrui, elle enseigne les valeurs citoyennes partagées par tous les enfants, elle fonde le pacte républicain, élabore la cohésion sociale sans laquelle la liberté de chacun ne peut exister. Elle cultive le plaisir de vivre ensemble. Elle tente d’assurer l’équité sur l’ensemble du territoire français, même si cette mission se révèle évidemment des plus difficile.

L’école inclusive

Il s’agit de mieux accueillir les enfants en situation de handicap.
 • La plate-forme Cap École inclusive
Dès la rentrée 2019, la plate-forme Cap École inclusive proposera aux professeurs des écoles des ressources pédagogiques pour les aider à s’ajuster aux besoins spécifiques des enfants vivant le handicap. La plate-forme les met en relation avec des « professeurs ressources » chargés d’accompagner leurs collègues dans leur recherche et leur mise en œuvre des adaptations et des aménagements pédagogiques, notamment pour les enfants relevant de TSA (troubles du spectre autistique).

• La création de pôles d’accompagnement localisés (Pial)
Les Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial) seront mis en place sur certaines circonscriptions seulement. Ils auront pour but de rapprocher les moyens d’accompagnement du terrain. Rappelons que les compensations attribuées le sont souvent en termes de moyens humains dédiés : il s’agit des Accompagnants des enfants en situation de handicap (AESH) au recrutement sur le terrain local parfois très complexe.

Qu’en penser ? La circulaire de rentrée 2019 place l’école du premier degré au centre de toutes les priorités. Tous les espoirs sont permis aux écoliers de France pour que leur destin scolaire s’améliore vraiment, ainsi que le voudrait, à l’évidence, la circulaire. De manière que l’on n’écoute plus qu’avec nostalgie, et seulement à l’imparfait de l’indicatif, Les Oubliés, chanson à la guitare de Gauvain Sers. De manière que les marmots de la République ne soient plus jamais les oubliés, les paumés, le cadet d’leur souci, puisque dans les plus hautes sphères tout est pensé pour assurer la communauté éducative du contraire. Qu’on se le dise. Un parent averti en vaut combien déjà ? n

*Cédric Villani, né le 5 octobre 1973 à Brive-la-Gaillarde, est un mathématicien (médaille Fields, équivalente au Nobel) et homme politique français. Charles Torossian est inspecteur général de l’Éducation nationale.

Catherine Dunezat, psychologue clinicienne

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