Passée l’euphorie de la victoire, votre ado devra franchir d’autres étapes incontournables avant de saisir le guidon de son nouveau véhicule. Vous devrez, bien entendu, être plus présent que jamais ! Suivez le guide.

1) Bien choisir son scooter

L’achat du scooter constitue un point essentiel pour prévenir les risques de déconvenues. La puissance est déterminée par l’âge de l’ado. S’il a moins de 16 ans, il roulera nécessairement en moins de 50 cm3. Reste alors à savoir si vous achetez le véhicule neuf ou d’occasion… Dans le premier cas, l’achat sera simple. Dans le second cas, vous devrez être particulièrement vigilant à l’état du véhicule et notamment aux points suivants :

– Le moteur est-il bridé ou a-t-il été débridé ou «kité» ? Le débridage d’un véhicule consiste à augmenter sa puissance et donc sa vitesse. La vitesse d’un engin débridé et/ou kité peut dépasser largement la vitesse de 45 km/h prévue pour les deux roues d’une puissance inférieure à 50cm3. Ce procédé est interdit par la loi. Les capacités de freinage et la tenue de route du cyclomoteur n’étant alors plus garanties, les risques s’accroissent fortement. Le»kit» est un dispositif, le plus souvent composé d’un pot d’échappement, qui tend à accroître la puissance du scooter. Ce procédé est également interdit. Le débridage ainsi que le kitage constituent un délit. Les professionnels sont passibles de deux ans d’emprisonnement, de 30 000 euros d’amende et d’une interdiction d’exercice de 5 ans. Lorsque le propriétaire, vous ou votre enfant, opère lui-même ce type de bricolage, la peine encourue est de 6 mois de prison et 7 500 euros d’amende. Enfin, sachez que si votre enfant est contrôlé au guidon d’un engin trafiqué, il risque non seulement une amende de 1500 €, mais aussi l’immobilisation, voire la confiscation de son véhicule par les forces de l’ordre. Ainsi, avant d’acquérir le scooter, vérifiez qu’il n’entre pas dans le spectre de cette infraction.

Autres vérifications importantes en cas d’achat d’occasion : sachez que le véhicule doit impérativement être équipé :

  • d’une plaque d’immatriculation pour les véhicules mis en circulation après le 1er juillet 2004
  • d’un rétroviseur côté gauche
  • d’1 ou 2 feux avant et arrière
  • d’un feu stop
  • d’un avertisseur sonore
  • d’un indicateur de vitesse
  • de dispositifs réfléchissants sur les côtés, à l’arrière et sur les pédales
  • de la carte grise

2) Une formation est nécessaire pour conduire

Pour conduire légalement un deux-roues, votre ado doit :

  • Etre âgé de 14 ans révolus
  • Posséder l’Attestation Scolaire de Sécurité Routière (ASSR) de niveau 1, passée en classe de 5ème ou de niveau 2, passée en classe de 3ème
  • Etre titulaire du Brevet de Sécurité Routière (BSR) ou du permis de conduire valide pour les conducteurs de cyclomoteurs nés après le 31 décembre 1987.

Ce Brevet correspond à la catégorie AM du permis de conduire, il nécessite 7 heures de formation minimum auprès d’un formateur qualifié. Il s’agit le plus souvent d’un moniteur de moto-école. Cette formation consiste à enseigner à bien se placer sur la chaussée, à circuler en tenant compte des caractéristiques du cyclo et à reconnaître les situations dangereuses. Si à la suite de ces heures de formation le moniteur juge que le jeune n’est pas encore apte à circuler, il peut proposer, en accord avec les parents, d’augmenter le nombre d’heures de pratique. Enfin, sachez que la conduite d’un cyclomoteur sans être titulaire du permis AM ou du BSR constitue une contravention de 2e classe passible d’une amende forfaitaire de 35 euros.

3) Définir son équipement

  • Le casque. Le casque est le point de protection que les ados appliquent de manière quasi-unanime. 97% d’entre eux déclarent le porter systématiquement. Le casque doit être impérativement acheté neuf et être homologué aux normes françaises ou européennes. Dans le premier cas, il portera une étiquette verte «NF». Dans le second cas, l’étiquette sera blanche et comportera une mention «E». Le choix d’un casque intégral est préconisé, il offre un meilleur niveau de protection, notamment du visage et de la mâchoire. S’il est à la bonne taille, le casque doit serrer la tête de votre enfant. Au fil du temps, le revêtement intérieur se tasse. Exit donc l’achat par internet ! Il doit être essayé avant l’achat. Autre point à surveiller : un casque ne se prête jamais. Lors de son utilisation, il doit être attaché. En cas de chute, s’il a percuté le sol ou tout autre élément, il doit être remplacé par un neuf. Un choc, quoique imperceptible à l’œil nu, peut lui enlever son efficacité ou la diminuer. Pas question donc d’acheter son casque d’occasion !
  • Le blouson. Porter un blouson est essentiel pour bien protéger le haut du corps en cas d’accident ou de chute. De nombreux modèles spécifiquement étudiés pour les conducteurs de petites cylindrées sont disponibles. Sans comporter la lourdeur des équipements «moto», ils proposent toutefois un bon niveau de protection : des coques homologuées CE au niveau des coudes et des épaules. Côté look, pas de crainte, les coupes sont désormais très tendance.
  • Les gants. Pas facile d’imposer le port des gants lorsqu’en plein été, votre ado préférerait fendre l’air en bras de chemise. Pourtant, le port des gants, quel que soit la température extérieure, est préconisé. Certains modèles, légers et bien ventilés protègent efficacement des chocs et de l’abrasion due au frottement lors d’une chute.
  • Le pantalon. Le port d’un pantalon de ville n’est pas recommandé pour la conduire d’un deux-roues. En cas de chute la finesse du tissus et la fragilité des coutures exposent les jambes. En cas de chute, les jambes seraient particulièrement vulnérables aux réactions abrasives, plaies et contusions. Mieux vaut opter pour un jean, si possible renforcé. Les matières synthétiques sont à proscrire. En cas de frottement sur le sol, ces matières fondent sur la peau et occasionnent des brûlures graves. Le mieux reste le sur-pantalon disponible dans les boutiques spécialisées.
  • Les chaussures : Saviez-vous que chacun de nos pieds est composé de 26 os, 20 muscles, 16 articulations, 107 ligaments ? Il s’agit d’une partie du corps particulièrement complexe. Le port de chaussures classiques, de ville ou de sport, peut provoquer des blessures graves. Il est conseillé de porter des chaussures montantes.

4) Souscrire à une assurance

Décrire le véhicule avec précision : Sachez en premier lieu que rouler sans assurance, en plus d’être un acte illégal, constituerait une folie… En cas d’accident, vous seriez contraint d’assumer seul la réparation des dégâts ainsi que les dommages et intérêts éventuels. Autre point de vigilance, veillez à décrire avec exactitude le véhicule lors de la souscription à l’assurance. Mentir sur les caractéristiques du deux-roues lors de la signature du contrat d’assurance peut également coûter très cher. Enfin, toute modification du véhicule non déclarée, débridage ou kitage par exemple, met en péril votre couverture en cas d’accident. Si l’assureur estime qu’il a été trompé sur le véhicule, il peut tout simplement refuser de couvrir l’accident !

Bien choisir sa couverture. Autre point important lors de la souscription à votre assurance : définir la couverture nécessaire. En cas de sinistre, l’indemnisation du véhicule est proportionnelle à sa valeur argus. Lorsque le deux-roues a été acheté d’occasion et que sa valeur est faible, une assurance au tiers est suffisante. Vous vous acquittez ainsi du minimum légal et en cas d’accident, vous êtes couvert sur les dommages causés aux tiers. Dans le cas où le scooter a été acquis de première main, il peut être judicieux d’opter pour une assurance tous risques qui vous protège contre l’accident, l’incendie ou le vol.

5) Se plier au contrôle technique

Tout comme un contrôle technique régulier est nécessaire pour votre voiture, il vous faudra vérifier régulièrement l’état du scooter : pression des pneus, feux, freins etc. Vous devrez également veiller à la validité du certificat d’assurance, ainsi qu’à l’état de l’équipement, notamment du casque. Quand à la question d’un contrôle technique obligatoire, elle est régulièrement débattue devant les institutions européennes mais n’a, pour l’heure, pas encore été adoptée.

Article réalisé par Marie Bernard

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