Plan santé, plan urgence

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Le ministre de la Santé veut l’inscrire cet été dans le prochain budget de la Sécurité sociale.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

De Ma santé 2022 au Ségur de la Santé 2020 (dévoilé le 25 mai) en passant par le « plan hôpital » mort-né du Premier ministre, le Président et ses ministres sont en train de prendre le tempo des urgences. Après en avoir vu de toutes les couleurs, du jaune, avec les gilets, du blanc avec les soignants/es, du vert et du rouge sur la carte maladroitement colorée d’une France déconfinée, l’exécutif veut reprendre la main et se projeter dans le bleu. On comprend mieux pourquoi, à l’orée de la crise, Emmanuel Macron a envoyé une ministre de la Santé déjà disqualifiée se faire piler aux élections municipales : il avait compris que la pauvre Agnès Buzyn ne pourrait incarner un plan torpillé par la réalité de l’épidémie.

Mais le 25 mai, ce n’est pas un énième plan sur deux, trois ou cinq ans que veulent découvrir les personnels sacrés héros/héroïnes nationaux. Ce sont des augmentations salariales immédiates, à hauteur des 300 euros qui manquent pour rejoindre la moyenne européenne des salaires – 44 000 euros par an. Et pas seulement pour les infirmières/iers : « Les personnels administratifs, les aides-soignants, les manipulateurs radios, les agents de blanchisserie ou des repas sont tout aussi concernés et ceux-là, on n’en parle jamais », rappelle Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT Santé.

Le ministre de la Santé Olivier Véran, le médecin qui râlait contre les brancards dans les couloirs quand il exerçait, sait qu’il va se battre contre le temps. Ses déclarations au JDD ne parlent que de ça : « Je souhaite que, rapidement, nous puissions atteindre un niveau de rémunération correspondant au moins à la moyenne européenne. » « C’est le rythme de [la mise en œuvre du plan] et les moyens consacrés qui sont en cause. » « L’ampleur de la crise hospitalière nous oblige à accélérer… » En visitant des hôpitaux, Emmanuel Macron se heurte aux accueils houleux de ceux et celles qui seront les juges-arbitres – entre autres, comme les chef/fes d’entreprise – de sa réélection. Ce gouvernement est en train de regagner de la confiance (sondage Ifop, 52 % de l’opinion publique le créditent de l’aide apportée aux entreprises), alors que 44 % seulement (mais en augmentation de 5 points par rapport à avril) semblent dubitatifs sur la façon dont la France lutte contre le virus. Le 25 mai, il ne peut décevoir ceux et celles qui luttent pour nous protéger ni altérer la mémoire des soignants/es mort/es au combat.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

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