Enfance et culture au XXIème siècle

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La joie de l’homme est de comprendre

Le fil de la tradition permet à la jeunesse d’hériter d’un monde déjà édifié. Cet héritage évite que chaque génération ait à redécouvrir le feu ou à réinventer la roue. Aussi, est-il important de comprendre ce que signifie « culture » pour la jeunesse du XIXème siècle, afin de ne pas céder aux sirènes du déclinisme réactionnaire actuel.

Les jeunes s’amusent et affirment vivre le moment présent sans se soucier de l’avenir. Hédonistes, ils cherchent à vivre une vie de plaisirs. Si, adolescents, il leur arrive de penser à leur avenir, ils ne soucient guère du passé. Nombreux sont les adolescents qui ne connaissent pas les œuvres du passé et qui refusent l’effort que requiert la culture. Comment comprendre le monde si la culture est délaissée au profit du loisir et du divertissement plaisants ? Peut-on s’orienter dans la pensée sans une solide culture générale ? Dans La crise de la culture (1961), la philosophe Hannah Arendt soutient que celui qui est cultivé est « quelqu’un qui sait choisir ses compagnons parmi les hommes, les choses, les pensées, dans le présent comme dans le passé ». Le monde déborde la vie humaine. Le monde ne se réduit pas à l’actualité ou au quotidien des hommes, à l’ici et au maintenant. Nous naissons dans un monde plus vieux que nous. Pour l’enfant, naître ce n’est pas seulement venir à la vie, mais surtout venir au monde. Au fil de l’histoire, la culture et le savoir ont permis à l’Homme comme au monde de devenir ce qu’ils sont.

La culture, c’est la liberté

« A partir d’une œuvre, l’essentiel est le partage de connaissances et d’émotions à des moments différents de la vie qui permet de réenchanter le quotidien et le rapport au monde ». Réenchanter le rapport au monde, telle serait la fonction principale de la culture, selon Anne-Françoise Lemaître, directrice du développement et de la communication du Palais des Beaux-Arts de Lille. L’homme est en quête de sens et la culture correspond à ce qui demeure au fil du temps. Les générations passent et se succèdent. La culture demeure. L’homme a forgé un monde de ses mains. Il existe et sa culture donne un sens à son existence. Venir au monde ne suffit pas à être un homme. L’humanité de l’homme s’acquiert grâce à l’éducation et à la culture. C’est parce que nous sommes des petits d’hommes, des enfants d’hommes eux-mêmes civilisés et policés par une culture que nous sommes effectivement des hommes. La culture façonne notre humanité et notre rapport au monde.

« Les pratiques culturelles juvéniles inventent de nouvelles manières de faire société et proposent de nouvelles formes de sociabilité ; hélas, les considérations sur la culture juvénile sincères et non condescendantes ne sont pas légion », regrette Vincent Guillon, directeur adjoint de l’Observatoire des politiques culturelles. Les aînés critiquent l’inculture de la jeunesse et s’inquiètent de l’avenir qu’elle prépare. Si la jeunesse contient les germes de l’avenir, il est crucial qu’elle soit cultivée. La jeunesse sauve le monde de l’usure et de l’inertie en le renouvelant par des initiatives nouvelles. Mai 68 est sans conteste l’œuvre de la jeunesse. La jeunesse existe pour qu’il puisse y avoir un commencement, du renouveau, une (r)évolution. Or, que reste-t-il de la culture à l’heure de la société de masse ? Dans un contexte de consommation culturelle et de loisir de masse, comment faire entendre aux jeunes la nécessité du dialogue avec les œuvres qui font le passé des hommes ? « La transformation du rapport au savoir produit de la part d’individus vieillissants des discours déclinistes qui sont l’effet d’un réflexe de panique morale », soutient Sylvie Octobre, chargée d’études au Département des études de la prospective et des statistiques du Ministère de la Culture. À première vue, La Fontaine est moins drôle qu’un jeune comique de stand-up. Il faut relire plusieurs fois le vers de Molière alors que le buzz se comprend immédiatement. À la différence du selfie, contempler une œuvre d’art suppose d’être extrêmement attentif à ce qu’on regarde. Le goût de la jeunesse n’est pas vraiment déterminé par elle, mais déjà établi en amont par l’industrie du loisir et la consommation de masse. Sans une culture générale solide, les jeunes sont moins libres, ils sont d’autant plus déterminés par la société qui les conditionne.

« Travailler est moins ennuyeux que s’amuser »

Paradoxalement, une enfance passée à s’amuser finit par occasionner de la mélancolie et de la tristesse. L’enfant se perd dans trop d’amusements répétés. À trop s’amuser, plus rien n’est réellement amusant. Le plaisir du divertissement finit par produire son contraire, du déplaisir et de l’ennui. L’enfant n’y est pour rien car le loisir de masse semble avoir pris la place du loisir originel au sens du grec « scholè » qui signifie étude désintéressée, sérieuse et approfondie. Candy Crush se substitue à la lecture de tel gros livre qualifié d’emblée d’ennuyant. Le loisir actuel se fait divertissement, occupation frivole qui passe le temps : jouer avec son téléphone, surfer sur l’Internet, chasser le Pokémon. Or, le loisir n’est pas un amusement, il nécessite discipline, abnégation et pourquoi pas sévérité. Étudier suppose d’être seul et au calme. La déconnexion est requise pour le travail intellectuel. L’enfant ne peut pas être à l’étude et en même temps dialoguer sur le réseau avec ses amis. Penser n’est pas seulement établir un dialogue avec autrui, c’est d’abord dialoguer avec soi-même et avec les auteurs de la tradition. L’enfant doit être prêt à ne pas préférer le plaisir immédiat au devoir. La discipline s’acquiert tôt en contractant de bonne heure de bonnes habitudes.

« Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s’amuser », écrivait Baudelaire dans Mon cœur mis à nu. La culture suppose des sacrifices : accepter la solitude, refuser telle sortie avec les amis, se déconnecter, apprendre, répéter, redire et risquer l’échec. La culture sépare l’enfant de lui-même en l’éloignant de ses penchants immédiats. « La jeunesse n’est en rien désespérante ; ce qui est désespérant, c’est bien plutôt l’écosystème des adultes qui abreuve les enfants de numérique et d’écran », déplore Rémy Perla, fondateur de Epopia – Livres à inventer soi-même. Le plaisir pris à l’amusement est réel, mais ne dure pas. Plus le plaisir de l’instant est vif, moins il dure. L’avantage du plaisir de l’étude est qu’il prend la peine de durer. Comprendre, c’est comprendre pour longtemps, voire pour toujours. La joie de l’homme est de comprendre.

Tous incultes ?

Rien ne prouve la rotondité de la terre. Cette affirmation a le vent en poupe chez les jeunes ! Nous assistons à l’avènement d’une culture, d’une certaine forme de culture juvénile ou de contre-culture, qui revendique son inculture, son désintérêt pour les œuvres du passé, sa négation absolue de toute forme d’autorité. La formation de l’enfant s’établit en refusant le conformisme et la norme. La crise d’adolescence correspond à ce moment ingrat où l’enfant commence à dire « je » et cherche à penser par lui-même. Avant, il croyait dire « je », mais disait en réalité « L’instituteur » ou « Papa et Maman ». Il est normal qu’un enfant casse son jouet, c’est-à-dire refuse la soumission à l’autorité. Pourtant, « il arrive que l’opinion de l’expert soit niée, que la hiérarchie vrai – faux soit mise en floue par des adolescents cherchant à se démarquer », déclare Sylvie Octobre, sociologue. Comment se démarquer ? Comment devenir quelqu’un ? Nous sommes tous égaux en droit. Un vote équivaut à une voix. Toute forme de discrimination est bannie. Les différences sont sans cesse effacées au profit de l’égalité. À l’école, on parle d’ailleurs de « socle commun de connaissances et de compétences ». Par conséquent, l’adolescent éprouve toutes les peines du monde à s’individualiser, à devenir lui-même en se distinguant des autres. Pour se différencier et être reconnu, il se donne les moyens d’être différent — et quels moyens ! Penser par soi-même, ce n’est pas penser contre tous. Croyant en l’illusion personnelle de dire « je », il embrasse volontiers des thèses négationnistes ou complotistes. Pour lui, être original revient à être marginal en refusant l’autorité légitime de ceux qui savent. De là, le problème majeur des Fake news et de la montée en puissance de l’adhésion juvénile massive aux théories du complot. « Ce qui compte est de savoir ce que les jeunes ont réellement dans la tête et de partir d’eux, de partir de ce qu’ils savent », défend la sociologue.

Affûter le tranchant de l’esprit critique, coupe que coupe

Nombreux sont les jeunes qui tiennent pour équivalents le propos anodin d’une starlette et Shakespeare. Ce manque de discernement et de discrimination naît de la confusion entre le loisir et la culture. C’est cette confusion que Hannah Arendt appelle « crise de la culture ». La culture consiste à s’entretenir avec les œuvres qui ont fait le passé des hommes et qui persistent. Les œuvres de l’art ne se consomment pas. Elles demeurent dans le temps et sont presque éternelles. L’art (au sens large du terme) permet au fil de la tradition de se dérouler entre chaque génération. Dans le loisir de masse (qu’on songe à telle émission de téléréalité ou de divertissement), les propos sont anecdotiques et sans importance, dès qu’ils sont proférés, ils se consument et disparaissent. Le loisir consomme et consume ce qu’il produit, tandis que la culture institue et établit ce qui demeure. « Du haut de ces pyramides, quarante siècles d’histoire vous contemplent »…

Comme le rapport au monde de l’enfant est médiatisé par les images, l’école doit apprendre à décoder les images, à défaire les effets de cadrage et de mise en scène permanents. « La puissance émotionnelle de l’image produit une ‘ émotionalisation’ du rapport à l’information faisant que celle-ci n’est pas pensée, mais simplement crue », signale Sylvie Octobre. Pour quitter l’empressement et le préjugé, mieux vaut s’éloigner de l’appétence maladive pour le sensationnel, arrêter le temps et suspendre le jugement. La culture introduit un nouveau rapport au temps qui autorise la réflexion et le jugement. Elle sépare l’enfant de ce qu’il est en train de voir. « Souvent l’enfant est passif et reste hébété devant l’image ; l’immédiateté du rapport à l’écran annule la mise en place d’un imaginaire qui suppose du recul et du temps pour se développer », assure Rémy Perla. L’esprit critique consiste à savoir discriminer et hiérarchiser, notamment en ne prenant pas au sérieux ce qui relève du loisir. La discrimination n’est pas un gros mot, mais la condition de la pensée. Penser, c’est juger, c’est établir des distinctions, donc discriminer.

Une citoyenneté à haut débit

La culture, au sens de mode de vie des jeunes, est aujourd’hui éminemment participative. La culture juvénile contient toutes les interactions anthropologiques et sociologiques des jeunes. Le partage d’images, de liens, de petites phrases est permanent sur la toile comme sur le téléphone. L’enfant n’est plus jamais seul. De plus, il est perpétuellement en mouvement. Repos, quiétude et solitude ne sont plus de son monde. La culture correspond à toutes les actions qui font l’identité des jeunes, qui font être en commun et être différent. Depuis les années 50, l’invention de l’industrie culturelle et l’élévation générale du niveau de diplôme, les jeunes sont en demande de culture au sens de loisir amusant. La société de masse et l’industrie culturelle créent une « technoculture » juvénile au cœur de laquelle l’enfant semble acteur. Les dispositifs technologiques et numériques permettent de manière extrêmement simple de faire sa liste sur Deezer, de créer des albums photos, de faire de la vidéo… L’enfant devient un individu acteur au cœur d’une culture participative. Sylvie Octobre considère les nouveaux moyens de participation des jeunes comme « un modèle qui questionne la démocratie, et qui, à l’heure de l’abstention massive, pourrait bien réformer l’idée de participation et de citoyenneté ».

L’imprimerie, la télévision, puis l’Internet ont changé radicalement les manières de vivre en société. La culture des jeunes est aujourd’hui transnationale. « Les pratiques culturelles juvéniles inventent de nouvelles manières de faire société et proposent de nouvelles formes de sociabilité », ajoute Vincent Guillon, chercheur associé au Pacte – Laboratoire des sciences sociales (CNRS, Université de Grenoble Alpes, Sciences Po Grenoble). Contre l’idée d’ « exception culturelle » à la française, l’Internet réinvente une géographie des imaginaires où la culture du pays d’origine côtoie la tradition anglo-saxonne, les mangas, le cinéma Bollywood… Et Vincent Guillon d’ajouter que « pour s’adresser à la jeunesse, mieux vaut ne pas partir du postulat d’un absolu culturel transgénérationnel qu’il s’agirait de faire perdurer dans le temps ». De là, la nécessité de s’adapter aux processus cognitifs des jeunes, à leur manière de se rapporter à ce qu’ils savent.

Se cultiver en mode jeune

On ne peut pas contraindre le jeune à s’intéresser de force à la culture, si la culture n’est que synonyme d’école, d’ennui et d’effort. Dans Le dictionnaire des idées reçues, Flaubert écrivait : « PENSER : pénible, les choses qui nous y forcent sont généralement délaissées ». Il faut se donner des moyens concrets pour rendre accessible la culture, sans la réduire ni la dénaturer. Au musée, Môm’Art propose d’ « inventer une nouvelle pédagogie des jeux autour des collections reposant sur une volonté de démocratisation culturelle qui ne mette personne en difficulté », soutient Caroline Rosnet, consultante en ingénierie culturelle et design pédagogique. « Pour éviter d’être en décalage avec l’enfant, pour être en phase avec ce qu’il sait, on doit partir de ce que l’enfant connaît », insiste Lucie Vidal, chargée des projets culturels et des expositions à l’Université de Franche-Comté pendant huit ans. S’il s’agit d’ancrer les prémisses de l’instruction en partant de ce que l’enfant sait pour produire en lui un écho, il ne s’agit nullement de s’en tenir exclusivement à ce qu’il sait. Ce serait là travestir et réduire la culture, sa richesse et sa complexité, à peau de chagrin.

« Pour toucher la jeunesse, il est nécessaire de reconnaître et de s’adapter à ses codes de fonctionnement ; ainsi le Salon du livre et de la presse jeunesse met-il en place BookTube Power, une plateforme de médiation autour du roman pour adolescent, ou encore des Battles de critiques littéraires pendant lesquelles le jeune lecteur défend son livre en moins de trois minutes », explique Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse. À l’école comme au musée, les modalités d’accès à la culture changent. Exit le cours magistral et la fiche de lecture. Les enfants sont prêts à faire des efforts s’ils se sentent regardés ou reconnus par tous. Aussi, à Lille, des enfants de 10 à 12 ans sont-ils élus au Conseil municipal. Une trentaine d’entre eux reçoit 20 heures de formation au Palais des Beaux-Arts pour devenir, le temps d’un vernissage, des « mini-guides ». Anne-Françoise Lemaître souligne que « rendre l’enfant actif permet à la fois un accès à l’art et une compréhension ainsi qu’une restitution des émotions intérieures ».

Les musées se refont une jeunesse

Anne-Françoise Lemaître remarque que « pour l’enfant, écouter le guide ne suffit pas ; rendre actif l’enfant et le faire participer est une voie certaine pour qu’il s’amuse et se cherche en se confrontant à des œuvres ». Pour rendre l’enfant actif, encore faut-il réellement le considérer. « L’objectif premier de Môm’Art est de rendre les musées vivants, joyeux et accessibles à tous dès le plus jeune âge », précise Caroline Rosnet, présidente de l’Association Môm’Art. La famille doit pouvoir s’approprier le musée à son rythme. D’où l’idée de créer une Charte Môm’Art qui engage les musées à accueillir les familles, à proposer des services pratico-pratiques, à mettre des outils de médiation à la disposition des familles afin que celles-ci soient en autonomie dès l’entrée au musée.

Môm’Art invente le MuséoJeux, un sac en coton qui contient tout le nécessaire pour visiter n’importe quel musée, différents jeux à destination des enfants comme des adolescents (un bandeau, un rouleau, un jeu de dix cartes, un hashtag…). On peut écrire à quelqu’un comme si on était à l’intérieur du tableau grâce à MuséoPostal. Au Musée de la Monnaie de Paris, MuséoPhilo permet de faire réfléchir les adolescents autour des dictons relatifs à l’argent. Le rouleau devient bâton de parole. « Le syndrome de Stendhal se produit très rarement ; pour avoir une émotion, il faut faire œuvre de médiation », constate Caroline Rosnet. Sans médiation guidant le regard de l’enfant, il est presque impossible qu’il s’émeuve seul devant une œuvre. « L’essentiel n’est pas de se souvenir de tel mouvement pictural ni de tel procédé plastique, mais de faire de la visite elle-même une expérience de laquelle l’enfant se souvienne », soutient Lucie Vidal, diplômée de Muséologie à l’École du Louvre. La médiation permet de dépasser l’émotion esthétique pour en faire une sorte d’apprentissage ou une expérience partagée. En effet, la compréhension passe par la narration. Anne-Françoise Lemaître met en place l’Open Museum depuis 2014 afin de porter un regard neuf sur les collections permanentes du Palais des Beaux-Arts de Lille. Deux Open Museum ont été plus spécifiquement tournés vers le jeune public : en 2015, le collectif d’artistes Donald revivifie le regard porté sur les collections et l’histoire de l’art ; le dessinateur Zep, en 2016, invite le spectateur à poser son regard où il ne l’aurait certainement jamais posé.

Lire et écrire, les plus humains des plaisirs

La lecture et l’écriture sont les gestes fondamentaux de la culture humaine. Et Rémy Perla d’ajouter que « l’écriture permet aux enfants de s’autoriser et de prendre confiance en eux grâce au développement de leur créativité ». En 2014, Rémy Perla fonde Epopia, service de correspondance ludique. Epopia cherche à stimuler l’imagination de l’enfant en le faisant rêver. « On rêve rarement en recevant un mail », ironise Rémy Perla. Epopia s’efforce de redonner de la consistance au papier. En écrivant la suite de l’histoire, l’enfant comprend « le pouvoir du stylo », les personnages ont besoin de lui, si bien que l’acte d’écrire acquiert alors un sens. Avec Epopia, il ne s’agit pas d’écrire pour écrire, mais de devenir fier des responsabilités qu’on a dans un monde imaginaire. Des auteurs et des illustrateurs inventent une histoire qui parle directement à l’enfant. 26 000 enfants et 300 classes d’école primaire ont compris grâce à Epopia que lire et écrire étaient des pratiques humaines extraordinaires et des plus stimulantes.

Depuis 33 ans, Le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis développe toutes les formes de rencontres entre les enfants et les livres. De la même manière qu’il y a des âges de l’enfance, de la même manière il n’y a pas une littérature jeunesse, mais plusieurs. La littérature jeunesse représente une édition de fond puisque 14 000 titres sont édités chaque année, dont 7 000 nouveautés réelles. Le 28 novembre dernier, l’association Centre de promotion du livre jeunesse en Seine-Saint-Denis a lancé, à l’occasion du Salon, le premier réseau social dédié à la littérature jeunesse : kibookin. Ce réseau social vise à mettre en relation les jeunes lecteurs, les passionnés et les professionnels autour des lectures, des nouveautés et des coups de cœur. Sur kibookin, il est possible de déposer des ressources, de donner et de recevoir des informations concernant la littérature jeunesse. « On observe une baisse tendancielle de la lecture papier chez les jeunes ; cette baisse est néanmoins contrebalancée par des adolescents très experts qui développent et défendent un vrai point de vue sur la littérature, notamment au travers de l’écriture de blogs ou l’animation de chaînes YouTube », assure Sylvie Vassallo.

La tâche la plus urgente des pédagogues et des parents : nous rendre disponibles à ce que les enfants connaissent et leur permettre de réellement critiquer ce qu’ils croient savoir. Concluons avec Caroline Rosnet qui rappelle une citation attribuée à Montaigne : « Éduquer, ce n’est pas remplir des vases mais allumer des feux ». Parce que nous sommes des adultes, nous avons quelque chose à voir avec le monde, donc avec la jeunesse. Qu’on lui permette donc d’allumer de véritables feux et pas seulement des pétards mouillés…

Joseph Capet

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