Comment inculquer l’empathie à son enfant ?

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Elle nous permet de nous mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’il ressent. L’empathie est un élément essentiel pour vivre ensemble.

«L’empathie permet une compréhension juste et nécessaire de l’autre. Grâce à elle, les relations sont plus respectueuses et apaisées. Dans un monde idéal, tout le monde serait doté d’une belle empathie. Il y aurait beaucoup moins de conflits ! Nos enfants étant les adultes de demain (ami, collègue, mari ou femme, patron…), il me paraît essentiel de les sensibiliser dès le plus jeune âge à la compréhension des réactions émotionnelles de tout un chacun et de les faire grandir dans le respect de l’autre », explique Stéphanie Couturier, psychomotricienne, psychologue et auteur de Aider votre enfant à développer son empathie (Ed. Marabout).

Connaître le panel des émotions

Dans son ouvrage, Stéphanie Couturier indique les qualités nécessaires pour être emphatique : « Connaître le panel des émotions ; être dans une attitude particulière de disponibilité, d’écoute et de non-jugement ; garder une certaine distance pour ne pas confondre les émotions de l’autre et ses propres émotions ; être sincère. » Tous ces éléments permettront à l’enfant de comprendre l’autre et ce qu’il éprouve. Et c’est aux parents de les inculquer. Il faut donc tout d’abord expliquer à l’enfant toutes les émotions que nous traversons au cours de notre vie. « Il existe aujourd’hui une multitude de jeux et de livres sur le sujet. C’est en prenant le temps de lire, de jouer avec ses enfants qu’ils apprendront à comprendre chaque émotion et ses manifestations », conseille Stéphanie Couturier. Selon elle, « tous les jeux ou livres sur les émotions stimuleront l’empathie car l’aptitude centrale reste la connaissance et la compréhension des émotions ». Elle préconise donc la collection des Sam&Watson de Ghislaine Dulier (Ed. P’tit Glenat), La couleur des émotions : Pop-up d’Anna Llenas (Ed. Quatre Fleuves) et le Livre de mes émotions (Stéphanie Couturier, Ed. Grund). « Pour les jeux, on peut déjà s’amuser à mimer des émotions pour les faire deviner, à imaginer une histoire autour d’une émotion (par exemple «la colère» – «Il était une fois, une petite fille qui était en colère parce que…» –, à expliquer une situation entre deux ou trois personnes et ensuite interroger son enfant : à ton avis, que ressent cette personne ? Et l’autre ?… », explique Stéphanie Couturier, qui conseille, pour les plus petits, Mon coffret des émotions (un jeu qu’elle a développé).

Être dans une attitude particulière de disponibilité, d’écoute et de non-jugement

« Pour stimuler cette aptitude, rien de tel que la relaxation, respiration ou méditation! Pour écouter l’autre avec bienveillance et non-jugement, il faut déjà être capable de se poser et d’écouter ce qu’il se passe en soi dans un premier temps. Le calme intérieur est la clef d’une belle disponibilité et d’une bonne capacité d’écoute », note Stéphanie Couturier. La relaxation pour les enfants a le vent en poupe et vous n’aurez pas de mal à trouver des jeux ou exercices adaptés à l’âge ou aux préférences de chacun. Vous pouvez par exemple vous procurer le livre Calme et attentif comme une grenouille d’Eline Snel (Ed. Les Arenes), Mon cours de relaxation pour les enfants de Stéphanie Couturier, Le guide familial des activités bien-être – 3-10 ans de Gaëlle Gourio, Sophie de Mullenheim, Axel Pavy et Pascale Pavy (Ed. Mango) ou encore Respirez : la méditation pour les ados et leurs parents d’Eline Snel (Ed. Les Arenes).

Garder une certaine distance pour ne pas confondre les émotions de l’autre et ses propres émotions

« Ici, les choses se compliquent un peu. On a toujours envie de parler un peu de soi dans chaque situation et c’est toujours vrai pour un enfant ! C’est donc un apprentissage régulier. Il faut poser des questions aux enfants. Par exemple : «À ton avis, quelle est l’émotion que ressent César ? Pourquoi ? Que peut-on faire pour l’aider à dépasser cette émotion ?…» « Et si l’enfant parle de lui, il faut recentrer la conversation sur César », explique Stéphanie Couturier.

Enfin, il ne faut pas oublier que l’empathie est faite d’habitude et de pratique. Il faut donc l’appliquer au quotidien des enfants. Les pousser à être attentifs aux autres (aux membres de la famille, aux voisins, aux amis, etc.) et prendre soin d’eux. « En soutenant une association et en faisant participer ses enfants pour le choix et l’investissement (qui peut être simplement d’en parler autour de soi) », vous pourrez également cultiver sans cesse l’empathie chez votre enfant, estime Stéphanie Couturier. Combattre la maltraitance peut aussi aider votre enfant à devenir plus empathique. Apprendre à nos enfants à devenir empathiques est très important car de l’empathie découle la solidarité, la capacité à travailler en groupe et des compétences déterminantes pour l’enfant, notamment sur les plans relationnels et sociaux.

Anna Ashkova

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