L’ubérisation au service du bien commun

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L’ubérisation est un phénomène récent dans le domaine de l’économie consistant en l’utilisation de services permettant aux différents organismes de se mettre en contact direct avec la population grâce à l’utilisation des nouvelles technologies. Décriée par certains secteurs qui se sentent menacés, elle pourrait cependant considérablement changer le secteur associatif et déboucher sur un retour au « contact social » sans précédent.

Une association est une structure qui relie les bénéficiaires, les donateurs, les bénévoles, les salariés et les partenaires. Pour rester connectés, ils ont tous besoin de la transformation digitale, d’une application par exemple qui les mettrait tous en contact. Lancer une collecte de dons depuis son smartphone. Mettre en lien des aidés et des aidants. Proposer un accompagnement social digital en y intégrant de la géolocalisation. Toutes ces fonctionnalités sont déjà à portée de main des associations et de leurs adhérents.

Une solution pour rapprocher les gens

8,77 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté en France, soit avec moins de 1008 euros par mois. 894500 personnes ne disposent pas d’un logement personnel et 141500 vivent dans la rue, les centres d’urgence, les hôtels ou les abris de fortune, selon les données de l’Insee et de la Fondation Abbé Pierre. Les aider devient urgent. C’est pourquoi des associations et start-up à volonté philanthropique voient dans les avancées technologiques un espoir pour la lutte contre la pauvreté dans notre pays.

Par exemple l’association Entourage a lancé une application pour favoriser le lien social entre riverains et sans-abris. Les membres de l’association veillent au bon fonctionnement du réseau et à ce que les personnes ne fassent pas de rencontres malheureuses. L’application a déjà été téléchargée 10000 fois et plus de 500 actions de solidarité ont été initiées ! Reconnect ou Merci pour l’invit proposent le même service et ressemblent à un Airbnb pour les SDF. De son côté, l’association Homeless Plus permet grâce à un système de géolocalisation de rendre plus efficace la jonction entre bénévoles et bénéficiaires, distribuant repas, vêtements ou couvertures aux plus démunis.

Emmaüs a également sauté le pas avec Emmaüs Connect. L’association a développé WeTakeCare avec Google pour accompagner les publics « déconnectés » dans le passage au numérique. En 2016, deux nouveaux outils ont été lancés, dont « ClicNjob » qui aide les jeunes en difficulté d’insertion.

La crise des réfugiés a également donné une opportunité aux associations d’utiliser l’ubérisation. Une aide rapide dans les circonstances qui demandent de la réactivité. L’association Singa a ainsi développé une interface numérique proposant à des particuliers d’accueillir des migrants. Lors du premier « hackathon » (concours de développeurs solidaires sur une cause donnée) au profit des exilés, une autre idée est sortie : « Textfugees ». ll s’agit d’un traducteur qui permet d’envoyer des SMS dans 40 langues. Une aide majeure aux bénévoles et salariés qui travaillent dans des actions humanitaires.

Donner n’a jamais été aussi simple

Avec l’ubérisation, le phénomène « crowdfunding » s’est accéléré ces dernières années, contribuant ainsi à la bascule des modes de collecte traditionnelle des associations vers le numérique. Le crowdfunding s’avère être une réponse simple et rapide pour des besoins d’assistance. Les plateformes apportent des outils efficaces pour monter un projet en quelques clics et sont très utiles pour attirer l’attention surtout après une catastrophe naturelle ou une situation d’urgence. Le crowdfunding est également lié à la proximité mise en avant via des campagnes touchantes qui aident, en un simple clic, les donateurs à créer une connexion émotionnelle avec la cause supportée. Pour finir, le crowdfunding donne au donateur une mesure directe de son impact. Il peut même publier des photos et des témoignages sur la manière dont les fonds ont permis l’action prévue.

Concernant la rapidité, rien de mieux que des dons faits par SMS, une solution lancée notamment par le Secours populaire, le Secours catholique ou encore les Restos du Cœur. Pour faire un don, il suffit d’envoyer un message au numéro indiqué (la limite du don est souvent de 20 euros par mois). La somme mentionnée sera ensuite reversée directement aux associations. Ce don est comme un autre, puisque vous pouvez obtenir votre reçu fiscal en cliquant sur le lien contenu dans le SMS de confirmation qui vous est envoyé après avoir effectué votre don. Faire un don n’a jamais été aussi facile !

Anna Ashkova

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