Buzyn, Bachelot, Touraine, Bertrand, chacun son style.

Adam Belghiti Alaoui, journaliste à la rédaction

La valse des « innocents » continue, devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire. Pas de Robert De Niro ni de Jerry Lewis à l’affiche pour cette danse, mais un florilège d’anciens ministres de la Santé venus livrer leur analyse de la crise et répondre de leurs décisions passées. Un joyeux festival de belles excuses et de fausses modesties.

Première ex-ministre à passer sur le grill, Agnès Buzyn, désormais également ex-nouvelle candidate à la mairie de Paris, assurait avec le panache du dernier baroud que le sujet des stocks de masques ne remontait pas spécialement à son niveau, et dénonçait plutôt son administration. Voilà qui n’est pas spécialement convaincant et un peu facile. Ministre de la santé, dites-vous ?

Ne tirons pas sur l’ambulance, soyons sport. Les prédécesseures de Mme Buzyn, Mesdames Bachelot et Touraine, n’ont pas fait ce choix. Toujours à fleurets mouchetés à l’encontre de celle qui leur a succédé, les deux ex-ministres entendues ce mercredi n’ont pas ménagé leurs estocades.

Bachelot, style tata flingueuse, assurait qu’être ministre c’est « être au courant de tout ». Enfin, Agnès ! Mal à l’aise et fébrile, Touraine bottait, elle, en touche, direction Buzyn : promis, juré, elle avait un œil sur les masques, et le bon ! La preuve : si la perte inexpliquée de stocks de masques s’était produite avec elle, elle se « serait fâchée très, très fort ! » Chacune pour soi et tous contre Buzyn, sacrée tactique pour nos ministres des Solidarités. Heureusement que nos ministres des époques Sarkozy et Hollande ont juré d’emblée devant la Commission qu’elles se garderaient bien de donner des leçons à leurs successeurs ! Politique politicienne, quand tu nous tiens…

Trois auditions d’ex-ministres plus tard, et toujours la même rengaine : on n’a rien fait, on n’a rien vu… Oh, ministre de la Santé, quand tu chantes, chantes, chantes ce refrain qui te plaît… Pendant que les députés de la Commission d’enquête cherchent la faille dans la matrice, le « moment où tout a basculé », les auditions se succèdent et… se ressemblent, bingo.

Prochain sur la liste des diseurs de litanies, à défaut de vérité vraie : Xavier Bertrand, entendu hier jeudi, et qui refuse net d’assumer « le changement de doctrine », en matière de gestion des stocks de masques.
Il n’y a pas à dire, nos ex-ministres ont du talent. En attendant, la Commission d’enquête, dont le travail doit durer six mois, n’est pas près de se sortir de cette auberge technocratique franco-française, qui croule sous le poids de ses propres contradictions.

Adam Belghiti Alaoui

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