Les interprètes-traducteur.rices free-lances ont perdu leur activité et se retrouvent exclu.es du dispositif de chômage partiel. Peu de solutions avant le retour des rencontres au sommet et des conférences planétaires.

On savait le secteur de l’événementiel durement touché, on en avait presque oublié les interprètes indépendants. Face à la crise sanitaire, les rassemblements ont été interdits, les conférences ont drastiquement diminué, et voilà les interprètes-traducteur.rices en free-lances livré.es à eux.elles-mêmes.
Ou presque. Exclu.es, ils.elles demandent le rattachement au secteur de l’événementiel pour davantage de reconnaissance. Coup de projecteur sur un métier qui en bafouille.

En France la crise sanitaire en constant recul laissera place à une crise économique « sans précédent », selon l’expression du Fonds monétaire International (FMI), une chute du PIB de 12,5 % en 2020 et un secteur particulièrement touché, l’événementiel (MICE, pour Meetings-Incentives-Conference-Events). Là où se déploient d’ordinaire les interprètes et traducteur.trices indépendant.es. Chômage technique dur pour des experts généralement indépendants.

Évincé.es du dispositif de chômage partiel
Pour faire face à la baisse brutale d’activité, les interprètes et traducteur.trices free-lances ont bénéficié, certes, du fonds de solidarité mis en place par le gouvernement pour les mois de mars, avril et mai. Mais bien trop peu y ont eu accès. Aujourd’hui, ces professionnel.les demeurent exclu.es des mesures de chômage partiel. Beaucoup se « retrouvent sans activité et sans revenus », déplore Hans-Werner Muhle, le président pour la France de l’Association internationale des interprètes de conférence, dans les colonnes de Ouest France. Pour rappel, un porte-parole de la Commission européenne a indiqué que si 40 à 50 événements exigeaient le recours aux interprètes avant la pandémie, fin avril seules cinq manifestations ont recouru à leurs services. Or en temps de crise, les premier.ères interprètes à pâtir d’une telle déconvenue ont été les indépendant.es. Des contrats temporaires – habituellement proposés en free-lance – ont été annulés par nombre d’institutions européennes.

A contrario, les interprètes intégré.es – en CDI le plus souvent – qui ont poursuivi et poursuivent leur activité se retrouvent submergé.es de travail. Le monde à l’envers. En raison de la distanciation physique, les roulements se sont étalés sur un laps de temps plus long au sein des conférences. Perché.es et confiné.es dans les cabines, les interprètes enchaînent les traductions. Un syndicat qui représente les interprètes du Parlement canadien a constaté une très forte hausse des accidents de travail, autant durant le mois d’avril 2020 que toute l’année 2019. Quels accidents ? Acouphènes, maux de tête, défauts d’attention et de concentration, insomnies. Certain.es travaillent trop, d’autres plus du tout.

Se rattacher au secteur de l’événementiel
Une des pistes majeures pour sortir de la crise : le rattachement des interprètes indépendant.es à l’événementiel. Dans ce cas, ils/elles pourraient bénéficier du dispositif de chômage partiel et d’aides prolongées. Un souhait partagé par Hans-Werner Muhle : « L’AIIC, l’Association française des interprètes de conférence indépendants – Afici – et la Société française des traducteurs – SFT – ont écrit aux ministères de l’Économie, du Travail et au Quai d’Orsay, pour que la profession soit incluse dans le secteur de l’événementiel. Condition pour prétendre à des aides jusqu’à la fin de l’année. ». En attendant, ces indépendant.es attendent des jours meilleurs. Ils.elles devront alors miser sur le retour abondant des conférences et la réouverture de toutes les frontières. Leur tour de Babel, en quelque sorte. GW

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