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Halte aux idées reçues. Les jeux vidéo ne sont pas si abrutissants et ne provoquent pas la violence chez nos jeunes ! C’est même le contraire, ce que la science s’attelle à prouver. Les scientifiques et chercheur·ses du monde entier nous montrent à coups d’études que le jeu est une pratique saine quand elle est modérée et qu’elle présente même beaucoup de bénéfices pour la santé. Quel que soit l’âge !

 

Et si, plutôt que de les ramollir nos neurones, Mario et Luigi contribuaient à les muscler assidûment ? C’est en tout cas ce qu’ont prouvé des chercheur·ses américain·es de l’université de l’Iowa aux États-Unis en 2013. Selon les résultats de leur étude, la pratique modérée des jeux vidéo empêcherait le déclin des capacités cognitives chez les personnes âgées. Mieux, elle les amélioreraient ! Depuis 2010, la question de l’impact des jeux vidéo agite la sphère scientifique et les études s’enchaînent. Les résultats sont aussi surprenants qu’édifiants : chez toutes les tranches d’âge, le jeu produit son bénéfice.

« Les jeux vidéo sont susceptibles de renforcer les compétences intellectuelles », soutient Aline Nativel Id Hammou, psychologue clinicienne. Elle précise qu’ils contribuent au développement de formes d’intelligence variées, notamment « l’intelligence logico-mathématique » ou « l’intelligence émotionnelle ». Le jeu vidéo aurait même une fonction de catharsis pour certain·es joueur·ses. La violence exprimée sur son ordinateur ou sa console n’aurait, ainsi, plus vocation à s’exprimer dans le réel. Le 14 mars 2018, une étude supervisée par Simone Kühn, professeure en psychologie à la société Max Planck, publiée dans Molecular Psychiatryi récusait l’accusation selon laquelle les jeux violents accentueraient l’agressivité ou le manque d’empathie des joueur·ses.

 

Jouer contribue au bonheur

Au contraire, le jeu vidéo remplirait une vocation sociale importante comme le précise Milan Hung, psychologue et intervenant du podcast Les petites causeries du numériques : « Aujourd’hui, jouer aux jeux vidéo, pour les jeunes, c’est comme jouer au foot. C’est une manière de se mettre en lien avec ses pairs. » En 2020, en plein cœur de la pandémie, ils ont d’ailleurs aidé les enfants et adolescent·es à conserver des liens sociaux pendant les confinements. Pour le psychologue, le jeu en ligne incite à se dépasser et améliore la confiance en soi : « Par exemple, le jeu Apex Legends classe les joueur·ses en plusieurs ligues, comme bronze ou platine, selon leurs performances. Elles apparaissent aux yeux des autres. Ici, la valorisation est narcissique et sociale. L’ado peut frimer ! » Jouer en ligne, c’est aussi savoir faire preuve de coopération et ainsi « développer le travail d’équipe ou la capacité à faire des concessions » ou encore à « travailler la communication », selon Milan Hung. Et d’évoquer de manière globale l’idée que le jeu vidéo ait vocation à stimuler l’esprit critique car « il nourrit la capacité d’analyse de l’enfant sur ce qu’il a accompli ou pas et sur ce qu’il est capable de faire ou pas ».

 

Parents, renseignez-vous !

Premier bénéfice à tirer d’une partie : le plaisir. Les jeunes, comme les plus âgé·es, en ont besoin pour se divertir. Particulièrement en ces temps troublés. En plus de muscler le cerveau, le jeu vidéo lui fait du bien. C’est encore la science qui le prouve. Les chercheur·ses de l’Oxford Internet Institute ont établi en 2020 que jouer à Animal Crossing quatre heures par jour tous les jours contribuait au bien-être. Plus étonnant, Nintendo, Ubisoft et autres développeurs donneraient l’occasion aux joueur·ses de perdre plus de 400 calories toutes les deux heures de jeu selon une étude de la plate-forme eSport Stakester.

Soigner les troubles de l’attention, améliorer les compétences de lecture, apaiser les traumatismes… Les jeux vidéo ont de la ressource, il vous suffit de chercher pour trouver. Encore faut-il savoir de quoi on parle. « Intéressez-vous aux jeux vidéo. Parler sans connaître risque de braquer votre enfant, conseille Aline Nativel Id Hammou. Le jeu est aussi un moment de partage. » Et surtout, casser les idées reçues. « Les jeux en ligne n’ont pas d’emprise hypnotique sur les joueur·ses », martèle Milan Hung. Le psychologue l’assure : « La majorité des adolescent·es qui jouent n’ont aucune difficulté à jongler entre les études et le plaisir du jeu. » Conclusion, les jeux vidéo ne sont pas un problème, au contraire. Tout dépend de l’utilisation qu’on en fait. À consommer, donc, mais avec modération !

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