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Première rupture, premier chagrin: d’amour… Comment Véronique Kohn, psychologue spécialiste des comportements amoureux, guide les parents inquiets sur la voie de la résilience…

L’été, saison des baignades, des apéritifs au soleil, des journées sur la plage, des flirts… Théâtre des premiers amours et premières désillusions. Passage difficile ou véritable parcours du combattant, nos ados sont désarmés face à leur premier chagrin d’amour. Ils deviennent agressifs ou déprimés. Des temps difficiles pour les parents qui ne reconnaissent plus leur progéniture. Mais rassurez-vous, des solutions existent! Aux temps des premiers chagrins d’amour, le rôle du parent dans la vie d’un enfant est essentiel. Mais quand il s’agit de parler d’amour, le dialogue risque les dérapages. Comment s’exprimer sur ce sujet « tabou »? Quel comportement adopter? Comment trouver les mots justes?

Pour Véronique Kohn, psychologue spécialiste des comportements amoureux, la réponse est simple: « Le rôle du parent est un rôle d’accompagnement et d’empathie. » Sans doute, mais encore? On comprend mieux si l’on connaît les étapes du développement de l’enfant: comment un·e ado fonctionne, quelle sont les différences entre un adolescent et un enfant… « Il est essentiel d’avoir des informations sur le sujet, ça ne s’invente pas! ».

 

Rupture amoureuse : ces signes qui ne trompent pas

On connaît au moins les effets de la puberté. À 11 ans, le corps change, d’abord chez les filles! Ces modifications hormonales fragilisent le et la prépubère qui peine à trouver des repères. À cette étape de leur développement, les adolescents sont agressifs et mal à l’aise pour communiquer. Résultat: ces jeunes gens rejettent leurs parents intrusifs. Le dialogue est rompu et un malaise s’installe. Une situation fréquente qui empêche le parent de déceler les signes d’un mal-être ou d’une dépression.

Votre ado est triste, pensif, scotché à son téléphone. Ses résultats scolaires sont en chute libre et il·elle s’enferme régulièrement dans sa chambre? Chagrin d’amour suspecté. Pour l’adolescent, la première désillusion amoureuse fait l’objet d’une rupture, d’un véritable deuil. À 15 ou 16 ans, les jeunes se lancent à corps perdu dans leurs relations. Prendre du recul devient difficile, voire impossible… Bien souvent, l’oiseau tombé du nid s’écrase en plein vol. Mais attention: chaque enfant est différent! Certains s’intéressent très tôt à la relation amoureuse, les premiers signes apparaissent en maternelle et en primaire. « Ce sont les mêmes qui vont s’intéresser au flirt à la prépuberté » et d’autres s’y intéressent bien plus tard. Véronique Kohn défend l’hypothèse purement biologique d’une différence entre les sexes: les filles seraient intéressées plus tôt par l’amour. Elles seraient également plus ouvertes au dialogue tandis que les garçons se mureraient dans leur silence. Mais fille ou garçon, l’inquiétude parentale reste la même…

 

Le rôle du parent est un rôle d’accompagnement et d’empathie – Véronique Kohn, psychologue.

Comment l’aider

Adolescence et relations parents/enfants ne font pas bon ménage! Pour limiter les dégâts, il est prudent d’offrir une écoute active et de faire preuve d’empathie. Le besoin principal du jeune, homme/fille? Se sentir soutenu·e! Mais surtout, l’adolescent ne doit pas se renfermer sur lui-même. À cet âge, les relations sociales sont très importantes. « Le désir de communiquer avec ses pairs est très fort. » Encouragez les activités « saines »: la lecture (évitez les livres qui abordent le sujet de la rupture), la pratique d’une activité sportive, les balades en forêt. Bref, du positif, du positif et encore du positif! L’ado aura besoin d’être entouré et de passer du temps en famille. Alors, un conseil: allez au cinéma, au restaurant, regardez des films censés faire rire. De quoi resserrer les liens familiaux. L’adolescent sera alors plus enclin à la confidence.

Quand le temps du chagrin d’amour viendra, il faudra lui faire comprendre que cette personne n’était pas la bonne et qu’il retombera amoureux. L’ado doit se projeter dans l’avenir, c’est important. Il doit comprendre que son bonheur ne dépend pas d’une seule et unique personne. L’épanouissement, c’est d’abord un travail personnel. Après tout, quoi de mieux que la liberté et l’indépendance pour se sentir heureux·se?

Trouver le bon go between

Attention, il n’existe ni discours universel ni recette miracle. Gérer le chagrin d’amour est affaire de cas par cas, personne ne gère ses émotions de la même manière. La thérapeute recommande de solliciter l’avis de sa progéniture afin de s’assurer qu’il ou elle souhaite recevoir des informations sur des sujets donnés. Construire le dialogue est essentiel. Pour que ça fonctionne, il faut « demander la permission! » La fonction parentale exige de donner des clés d’informations à l’enfant sur le monde qui l’entoure.

Vous l’aurez compris, la communication à l’intérieur du cercle familial est fondamentale. Indispensable pour déceler des signes d’un passage du chagrin d’amour à la dépression. Dans ce cas précis, le parent doit intervenir plus sérieusement: « Dire à son enfant qu’il s’inquiète pour lui, qu’il est là pour lui. » La dépression touche souvent des adolescents fragilisés « en amont », chamboulés par des problèmes scolaires ou familiaux et qui ne peuvent gérer une déception amoureuse. Si l’enfant présente des signes avant-coureurs de détresse, il est nécessaire qu’il consulte un spécialiste. Et pour cause, le parent n’est pas toujours le référent idéal. « L’adolescent rejette le parent pour s’individualiser, c’est quasi systématique. C’est la problématique de l’adolescent: envahi ou abandonné, ou tu es trop près, ou tu es trop loin. » Dans ce cas, l’intervention d’un autre membre de la famille ou d’un·e professeur·e pourrait se révéler la bonne option.

 

Marion Mouton

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