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Crise de la covid-19, réseaux sociaux, parcours de vie en mutation… La santé mentale de l’adolescent est au cœur des préoccupations. À Paris, l’IPC propose un tout nouveau Diplôme d’Établissement (DE) pour mieux comprendre et soutenir les jeunes dans cette période charnière. Marguerite de Pompignan, coordinatrice pédagogique, éclaire les enjeux et la réalité de cette formation unique.
L’adolescence, période de bouleversements et de premières vulnérabilités. Aujourd’hui, les professionnels sont unanimes : il faut saisir les enjeux de cette étape cruciale. Marguerite de Pompignan dresse le constat : « Il est primordial de comprendre les besoins des adolescents et de mieux saisir les enjeux de cette période, en particulier sur le plan psychologique. » Les générations changent, les repères aussi. Les jeunes traversent des transitions plus longues, parfois moins prévisibles. Le D.E. de l’IPC invite à réfléchir collectivement. La formation, ouverte à tous ceux qui côtoient des jeunes, conjugue théorie et pratique : psychologues, éducateurs, enseignants, etc. « Nous demandons à ce que les personnes qui viennent se former soient engagées dans une pratique professionnelle ou associative au contact d’adolescents. » La diversité des profils enrichit le regard sur cette mutation sociale. Marguerite de Pompignan insiste sur le fait que cette formation ne se limite pas au diagnostic ou à la prévention : « Aborder l’adolescence avec une approche holistique répond au besoin de nombreux professionnels exerçant auprès de jeunes. » Pour elle, il s’agit de proposer des clés concrètes, d’apprendre à entendre la souffrance sans pathologiser toute vulnérabilité. L’IPC mise sur le croisement des disciplines : philosophie, sciences sociales, psychologie… Les intervenants réunis permettent à chacun de « réfléchir aux problématiques que peuvent rencontrer les adolescents, d’en saisir les enjeux, et de proposer des clés pour accompagner et orienter les adolescents sans pour autant pathologiser toute vulnérabilité psychique propre à cette tranche d’âge. »
Santé mentale : un enjeu collectif
Ces dernières années, la santé mentale des jeunes est sous tension. Covid, violence, usage massif du numérique… Les chiffres inquiètent. Marguerite de Pompignan l’observe : « Nous faisons en effet le rude constat d’une très grande augmentation de la vulnérabilité psychique des adolescents aujourd’hui : cinq ans après la crise covid les pensées suicidaires ont doublé, les passages à l’acte ont augmenté de 60 % et les études ont montré qu’un jeune sur cinq présente une détresse psychologique élevée. » L’accompagnement doit maintenant s’adapter. Il s’agit de remettre du sens au centre de chaque action. La formation ne se concentre pas sur la gestion de crise : elle interroge aussi le sens de la souffrance. « La souffrance exprimée est sûrement à considérer comme le symptôme visible d’une cause psychique qu’il convient de nommer et de comprendre afin de proposer un accompagnement adapté à la situation. » Pour Marguerite de Pompignan et l’équipe de l’IPC, la finalité est claire : permettre à chaque ado de trouver sa voie, son équilibre, son autonomie. Philosophie et sciences humaines dialoguent pour offrir des pistes solides aux acteurs de terrain. Le DE « Adolescence et santé mentale » invite tous ceux qui accompagnent les jeunes à « découvrir l’agir libre, “voie royale” de son véritable épanouissement associé à une actualisation de ses potentialités. » C’est une invitation à travailler en réseau et à changer les regards : « La diversité et la qualité des intervenants permettent d’avoir des regards croisés d’experts sur la période de l’adolescence et les problématiques contemporaines associées. » Face à l’urgence, des réponses concrètes. Un parcours qui invite à réinventer l’accompagnement des jeunes. Une voie pour redonner confiance, repenser les pratiques et faire face ensemble à un défi de société.
MEHDI ARRAIS



































