L’herbe, plus verte chez le voisin ?

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Trop centralisé et surtout trop inégalitaire, notre système d’éducation interroge d’autant plus qu’ une énième réforme se prépare. Parenthèse vous propose un petit voyage à l’étranger des dispositifs atypiques, sans prendre parti, juste pour vous permettre de mieux discuter de notre institution.

En Finlande

Malgré les félicitations de l’OCDE (Organisation pour la coopération économique et le développement) en 2012 pour la réussite des jeunes finlandais en mathématiques suite au test de Pisa (Rappelons que les Français sont évalués sur Pisa à partir de leurs évaluations de CM2 et du brevet des collèges), le système scolaire est en pleine mue. A horizon 2020, les écoles vont voir disparaître les matières au profit de thèmes. Le pays qui reste une référence en matière de politique d’éducation a décidé de décloisonner les contenus d’enseignement pour davantage coller aux besoins de notre société contemporaine et de l’entreprise. Cette réforme souhaite également mettre fin au sacro-saint triangle enseignant, parents, professeur et mettre en place une approche plus collaborative pour encourager le travail en équipe et la communication. Bien évidemment, la réforme dans sa phase pilote n’est appliquée qu’à une poignée d’écoles toutes situées à Helsinki.

Notons aussi que la réforme soulève de vives polémiques notamment chez le corps enseignant en raison des arbitrages obligatoires entre les matières en fonction des thèmes choisis.

Au Japon

Au pays du soleil levant, le système scolaire ressemble en de nombreux points au système français ; à l’exception faite, d’un esprit de compétition exacerbé. L’école japonaise est souvent assimilé à un  parcours du combattant. Il n’est pas rare que les élèves prennent des cours particuliers dès l’école primaire en raison du système de notation qui détermine l’avenir de chaque élève. Par exemple, concernant les trois années qui composent l’équivalent du lycée français, chaque élève participe à deux examens par trimestre. Chaque note est ramenée à 100. Chaque résultat est affiché nominativement de la meilleure note à la plus basse. Différence notoire à évoquer par rapport au système français, il ne semble pas y avoir une vraie hiérarchie des matières (sauf peut être pour  le japonais, les mathématiques et l’anglais). Les sciences sociales, les sciences dures, le sport et l’art occupent une place de même importance.

En Chine

Dans l’Empire du milieu, demeurent trois cycles comme dans l’institution française. La différence fondamentale se situe dans l’examen que passe chaque élève à la fin de chaque cycle pour accéder au prochain. Chaque établissement propose un examen. Les chinois privilégient l’internat dès le collège et ce juqu’à la fin du lycée. Les cours démarrent beaucoup plus tôt qu’en France. La formule de l’internat permet de proposer des lectures à haute voix ou des exercices physiques parfois dès 6h du matin. De même, la surveillance des études peut durer jusqu’à 22h30. Cela donne parfois un volume horaire qui avoisine les 80 heures pour les lycéens. Notons toutefois, qu’en dépit de la gratuité de l’école et de son coté obligatoire, le système chinois souffre d’un manque de moyens et d’infrastructures. Les campagnes se caractérisent parfois par des dispositifs frugaux qui recourent à des professeurs itinérants contrairement à certaines écoles privées basées dans les grandes villes de Chine réservées aux élites. Une éducation à plusieurs vitesses…

En Norvège

Faisant également parti des bons élèves dans les classements de l’OCDE, à l’instar de la Finlande, la Norvège se distingue sur de nombreux points au regard du système français. D’abord pas de redoublement à l’école primaire qui se déroule de 6 à 13 ans. Ce faisant, les élèves sont répartis non pas par année mais par niveau si bien que les plus âgés peuvent se mêler au plus jeunes en fonction de leur avancée sur une matière. Exit également le baccalauréat. A la place, un examen de fin d’année à chaque niveau du lycée. Reste que la mise en place d’un suivi personnalisé et d’un système performant sont permis par des effectifs réduits en classe. Une moyenne de 11 enfants par classe. Nous sommes loin de nos classes de lycées qui frôlent parfois 40 élèves…

Geoffroy Framery

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