À peine l’année terminée, il faut penser à la rentrée. Exagéré ? Non. En France, l’année scolaire se joue au premier trimestre. Les élèves qui réussissent sont ceux qui ont su profiter au mieux des vacances. Voici les quatre piliers clés pour faire en sorte que votre enfant aborde la rentrée de manière préparée.


La dernière sonnerie de l’année a sonné. Et avec elle, le dernier bulletin arrive : « Thomas passe de justesse, doit se mettre à niveau pendant les vacances ». Lui, il est heureux de pouvoir enfin oublier les mauvais souvenirs : les contrôles surprise, les mauvaises notes, les remontrances, les horaires… et penser enfin aux vacances qu’il s’est organisées voilà quelque temps déjà. Une semaine de camping sur la Côte avec ses copains de classe, dix jours chez papi en Ariège pour se ressourcer, quinze en Bretagne avec les parents, famille oblige, dix jours de petits boulots pour s’acheter enfin un ordinateur portable… Mais quand va-t-il se « mettre à niveau » ? De votre côté, vous êtes un brin inquiète. Qu’il profite de ces vacances bien méritées pour oublier l’école, s’amuser, se reposer… cela vous conforte. Mais vous n’aimeriez pas qu’il devienne, après ces vacances chargées, le « mauvais élément » que prévoit son bulletin. Qu’il se repose, qu’il assimile ce qu’il a appris durant l’année, qu’il se cultive et qu’il révise de manière intensive sur une période courte, voici quels sont, selon Pédagogies magazine, les piliers indispensables pour bien aborder la rentrée.

Étape 1 : Se reposer

« Il est primordial de laisser l’enfant se reposer et récupérer de l’année scolaire », prévient Stéphanie Brière, directrice du département pédagogique chez Acadomia. Pas besoin de vous inquiéter. Côté repos, vous lui faites confiance… méfiez-vous ! Le repos ne va pas toujours de soi. D’autant plus si votre enfant a une tendance à l’hyperactivité. Vous devez veiller à ce que son repos soit réellement réparateur et cela ne s’improvise pas, ça se prépare. D’abord parce que la fatigue accumulée au long de l’année est avant tout psychique et intellectuelle. Quelques heures de sommeil en plus ne suffisent pas. Cette fatigue met d’autant plus de temps à s’en aller qu’elle est profonde. Et puis… loin de dépendre uniquement du sommeil, le repos est davantage le fruit d’un contexte. Sa recette prend en compte un large panel d’ingrédients. Elle obéit à des règles qui varient en fonction de l’âge de votre enfant. Et puis… attention ! Se reposer ne veut pas dire ne rien faire. Cela consiste plutôt en un changement d’activité, de rythme, d’environnement.

ÉTAPE 2 : Donner du sens

Pendant toute l’année, votre enfant a été abreuvé d’informations. Contraint d’enregistrer sous l’effet du stress des contrôles, DS ou DST…, un chapitre en a chassé un autre sans qu’il n’ait eu le temps de l’assimiler. À peine comprise une notion, il faut passer à autre chose. Sans doute lui manque-t-il cette vision d’ensemble d’une matière travaillée dans l’urgence. Ce recul qui l’aide à relier les chapitres entre eux et à faire le lien entre les notions. Et si la famille était précisément le lieu où se réalise la synthèse entre les connaissances assimilées à l’école et leur mise en pratique ? Le lien entre ces heures de cours et la vie de tous les jours. « Les vacances sont l’occasion d’utiliser les relations familiales pour faire assimiler des choses théoriques, explique Albert Couderc, professeur d’histoire. Cette manière d’aborder l’éducation lui ajoute une notion de plaisir. » Et si ses difficultés venaient du fait qu’il lui manque cette motivation qui vient lorsque l’on a conscience de l’utilité des connaissances. « Pour donner un sens concret à ce qu’il a appris, encore faut-il connaître les notions abordées », remarque cependant Stéphanie Brière. « Cette mise en relation peut se faire par différents aspects ludiques ou culturels, poursuit-elle. Les parents peuvent par exemple utiliser l’environnement comme la télévision pour lui faire formuler une opinion. Il approfondit ainsi sa maîtrise de la langue. Un autre moyen simple consiste à demander à l’enfant de rédiger le carnet de bord des vacances. Cela lui apprend à se documenter, à synthétiser et à structurer son propos. » Vous n’avez pas suivi de près son programme de l’année ? Pour trouver quelques repères simples, plongez-vous l’espace de quelques instants dans ses cahiers mis au placard et notez les titres de chapitres importants. Il ne vous reste plus qu’à vous creuser la cervelle pour concevoir quelques activités pratiques en lien avec ces notions abstraites. Aller, un petit effort, personne d’autre que vous ne prendra le temps de le faire  !

Étape 3 : lire pour progresser

Vocabulaire, grammaire, histoire, géographie, culture générale… la lecture est sans doute l’activité estivale qui allie le mieux repos et transmission d’un savoir. En lisant, votre enfant progresse sans s’en rendre compte. « Un vrai lecteur est capable de lire l’implicite derrière les lignes d’un ouvrage, explique Stéphanie Brière. La lecture lui permet en outre d’enrichir son vocabulaire et le rend capable d’aborder de manière plus aisée les travaux d’écriture qu’il aura à réaliser plus tard au cours de ses études. Mais attention, on ne fait pas un enfant lecteur si on ne l’est pas soi-même ! » Il aime lire ? Concevez avec lui un programme de lecture. Étape numéro 1 : sélectionner les ouvrages que vous aimeriez lui faire lire. Attention toutefois ! La littérature jeunesse est une jungle à défricher. Il se peut que certains ouvrages transmettent des messages contraires aux valeurs que vous souhaitez lui transmettre. Pour être efficace, ce programme de lecture doit être préparé par vos soins. Si possible, lisez les ouvrages avant de les lui faire lire. Pour un programme complet, pas question de se limiter aux nouveautés. Faites la liste des classiques qu’il est important d’avoir lus à son âge. Ayez à l’esprit qu’il existe peut-être un écart entre son degré de maturité et le vôtre au même âge. N’oubliez pas d’en tenir compte lorsque vous sélectionnez les ouvrages. Ensuite, il ne vous reste plus qu’à monter au grenier ou faire étalage de la bibliothèque familiale pour dégoter les Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet ou les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand. Cette activité peut devenir une véritable source d’échange entre vous
et votre enfant. « L’idéal est que les parents se tiennent à disposition pour discuter avec leurs enfants des thèmes abordés dans les livres. Cela peut par exemple devenir une occasion de leur demander un résumé et de tirer d’un sujet matière à débat », explique
Stéphanie Brière. Qu’importe le temps que vous y consacrez, si cela devient pour lui un véritable enjeu d’apprentissage.

Étape 4 : Des révisions courtes mais intenses

« Tous les élèves ont besoin de réviser, quel que soit leur niveau, prévient Stéphanie Brière. Lorsque l’enfant est en grande difficulté, il faut le laisser se reposer entre quinze jours et trois semaines, et reprendre peu à peu un rythme de travail. Une heure et demie ou deux heures par jour par matière, de préférence le matin. L’attention y est meilleure et cela laisse à l’enfant tout l’après-midi pour ses activités. il est impératif d’identifier les notions mal maîtrisées en discutant avec l’enseignant. Les bons élèves ont eux aussi besoin de réactiver leurs automatismes. Deux mois, c’est très long. » Pour les élèves moyens, il est donc conseillé de recourir à des cours particuliers ou à des stages collectifs s’il est bon élève. Pour travailler efficacement, rien de tel que de concentrer les révisions sur une période courte. Mieux vaut plutôt travailler de manière intensive sur quelques jours qu’un petit peu de temps en temps pendant deux mois… Certaines classes sont considérées comme charnière. Le passage de la seconde à la première implique, par exemple, des changements importants. Le choix d’une spécialité et le jeu des cœfficients obligent l’élève à obtenir des résultats corrects dans sa matière forte. De même, le passage de la terminale au supérieur nécessite la maîtrise d’un minimum de méthodologie. L’inscrire dès à présent à un stage de prérentrée ou à des cours intensifs quelques jours avant la reprise vous permet à tous les deux de passer l’été l’esprit tranquille. Pas de dilemmes ni de doutes à l’heure d’autoriser telle ou telle sortie. Pas de conflit sur les sujets qui fâchent. Déléguer à un tiers permet en effet de dépassionner la question des résultats scolaires et
de passer un bon été.

Des stages pur booster sa rentrée

Profil des élèves concernés

Que l’on soit bon élève ou en difficulté scolaire, une remise en jambes avant la rentrée s’impose.

Date du stage

L’idéal est de réaliser ce stage quelques semaines ou quelques jours avant la rentrée.

Nombre d’heures de cours 

10 heures de cours à raison de deux heures par jour et par matière sont suffisantes. Au-delà, la concentration baisse.

Choix des matières

Choisir les matières dans lesquelles l’enfant est jugé faible, mais aussi celles dans lesquelles il souhaite prendre de l’avance et augmenter
ses notes en vue d’un choix d’orientation. Certains stages proposent également une préparation à l’entrée à l’université : méthodologie, anticipation sur les matières enseignées au premier trimestre.

POUR UN REPOS RÉPARATEUR

Dates idéales

Les trois premières semaines de vacances.

Temps de sommeil

De 6 à 12 ans, le temps de sommeil nécessaire devient peu à peu inférieur à 12 heures.Entre 7 et 9 heures de sommeil sont nécessaires pour les plus grands.

Durée de la phase de repos

Un minimum de trois semaines consécutives est nécessaire pour une déconnexion totale et un repos absolu.

Lieu

Il doit être si possible différent du lieu d’habitation habituel et loin de la pollution des grandes villes : mer, campagne, montagne…

Entourage

Les parents, les grands-parents et les cousins l’inciteront probablement moins à un rythme fatigant.

Alimentation

Les vacances constituent une bonne occasion de le sevrer des fast-food. Lui réapprendre à manger équilibré est une bonne chose pour son organisme.

Sport

Évitez les sports violents nécessitant des conditions physiques optimales.

Activités autres

Activités calmes et détendantes : lecture, promenades, baignades, visites de musées…

Facteurs de dépaysement

Changer totalement de paysage. Si ce n’est pas possible, prévoir des journées  dans des parcs d’attractions ou des virées en famille.

Article réalisé par Marie BERNARD

Cet article est issu du numéro 9.

Couverture n°9

Article Réalisé par Marie Bernard

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