« Aidant », le statut émerge

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Le mot semble intégré au vocabulaire courant : aidant. Au-delà du terme, c’est le statut qui est en jeu. État des lieux grâce au Baromètre des aidants 2017.

Le terme « aidant » est connu

La connaissance du mot « aidant » a progressé de trois points cette année. Selon Nathalie Hassel, présidente de la Journée nationale des aidants, ce résultat s’explique par la combinaison de différents facteurs. « D’abord, par l’adoption de la loi relative à l’Adaptation de la société au vieillissement (ASV) en 2015 qui a contribué à médiatiser et à reconnaître ce statut particulier. A cette époque, la thématique des aidants avait déjà été abordée et mise en avant par le biais de la création d’une rubrique dédiée au sein du  «portail pour les personnes âgées», lancé par le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes et par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Une étape fondamentale a été franchie début 2016 avec la reconnaissance officielle du statut d’aidant, et des premières mesures concrètes sur le droit au répit. La deuxième étape clé a eu lieu en début d’année 2017 avec le congé proche aidant. »

Les séniors premiers bénéficiaires

Le baromètre révèle que ce sont les seniors (+ de 65 ans) qui connaissent le plus ce terme (48% vs 35%). Ils sont naturellement plus concernés par le sujet compte tenu de leur âge (25% des + de 65 ans se disent aidants) mais aussi parce qu’ils sont eux-mêmes aidés par leurs enfants (38% des aidants déclarent aider l’un de leurs parents). En conséquence, ils sont tout naturellement plus sensibilisés à cette cause. Cette tendance ne devrait qu’aller crescendo dans les années à venir, avec l’allongement de la durée de vie.

Aidons les aidants !

Les aidants sont très impliqués dans leur rôle. Plus de sept Français sur dix considèrent leur rôle comme « évident et naturel ». Si pour la majorité l’aide qu’ils apportent à leurs proches est ponctuelle, elle est quotidienne pour un quart d’entre eux. Le temps moyen de l’aide apporté par les aidants est de 16 heures par semaine et 30 heures lorsque cette aide est permanente. Concrètement, il peut s’agir de soutien moral (83%), de démarches administratives (81%) et de courses et promenades (75%). Malgré leur implication, les aidants manquent de soutien. Leur vie professionnelle et personnelle est bien souvent impactée par cette charge. Ils ont besoin d’être soutenus.

À la rencontre des aidants

Blandine Bricka est allée à la rencontre de ceux que l’on appelle « les aidants ». Elle nous raconte leur quotidien souvent semé d’embûches, leur expérience d’aidant et cette réalité d’un vécu bien souvent incompris, ignoré, voire nié. Dans ce livre, ni voyeurisme ni lamentation, mais bel et bien la force de la réalité des sentiments complexes qui nourrissent la relation si particulière qu’est l’aide à un proche. À la lecture de ces vies (presque) ordinaires, on se retrouve ainsi face à un miroir et on s’interroge sur ces questions qui nous concernent ou nous concerneront tous : que faire quand un proche ne peut pas ou ne peut plus vivre de façon autonome ? Fuir ? Demander à d’autres de le prendre en charge ? Être avec elle, avec lui ? L’aider ? Comment concilier son rôle d’aidant avec sa vie professionnelle et personnelle ? À quoi ressemble le quotidien de ceux qui vivent avec un parent, un enfant, un conjoint rendu dépendant du fait de sa maladie, de son handicap, de son âge ? Est-il possible de dépasser la révolte contre le malheur qui surgit sans crier gare ? Où puiser la force de tendre la main à l’autre fragilisé ? Comment la relation avec la personne que l’on aide est-elle transformée ? Comment se voit-on transformé soi-même ? Six récits à découvrir.

Des vies (presque) ordinaires de Blandine Bricka. Editions de l’Atelier. 10 €.

Marie Bernard

Source : Enquête Opinion Way pour la mutuelle Carac en 2017 sur le statut d’aidant familial et les coûts financiers engendrés par cette responsabilité.

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