Carole Bommart, Marseillaise d’origine, vit avec sa famille près de Saint-Germain-en-Laye. Elle distille un peu de sa ville natale en région parisienne, par ses rires et ses indignations. À 40 ans passés, cette ancienne lectrice de manuscrits a mis sa carrière entre parenthèses pour s’occuper de ses quatre enfants. Diane « l’intello », Henri « l’artiste », Laure « la sportive » et Claire « la Spice Girl » ont maintenant respectivement 16, 13, 12 et 9 ans. Elle rigole lorsqu’elle doit cocher la case «Inactive de moins de 60 ans » sur les papiers administratifs. Car inactive, elle est loin de l’être.

Entre la « crise constante » d’Henri, la « période difficile » par laquelle passe Laure et l’ « opposition par le discours » de Diane ; entre les allers-retours en voiture vers les écoles et les clubs de chacun, les multiples rendez-vous avec les professeurs et les études qu’elle-même poursuit en gestion mentale, Carole Bommart ne s’ennuie pas. La mère au foyer s’est même inscrite en auditeur libre à la faculté d’histoire, « pour ne pas perdre pied », affirme-t-elle. Son seul moment de répit dans la journée : la balade matinale du chien dans la forêt. Là, elle retrouve d’autres parents et « c’est Radio-forêt », plaisante-t-elle.

Carole Bommart est une fonceuse. À 24 ans, avec une expérience de deux ans comme maître-auxiliaire derrière elle, un DEA d’Histoire et une maîtrise d’« Info-com » en poche, elle demande son mari en mariage. Xavier Bommart « ne se serait jamais décidé » si elle n’avait pas fait le premier pas, assure-t-elle. Il accepte et le couple s’envole pour la Grande-Bretagne, où la jeune femme devient lectrice bilingue pour une maison d’édition. Le métier de Xavier, qui travaille dans la finance, les oblige à de nombreux allers-retours entre l’Angleterre et la Belgique pendant dix ans. Ils reviennent s’installer en France en 2000, « pour rapprocher nos enfants de leurs grands-parents », confie-t-elle.

De retour en France, les difficultés commencent. « Diane s’est très mal adaptée à la sixième et a fait une dépression », raconte Carole Bommart. Maux de ventre, boulimie… la maman est alors démunie devant le mal-être de sa fille, en échec scolaire grave. Elle la change de collège et l’inscrit dans une école internationale qui intègre des élèves de ZEP. « Entre-temps, le numéro deux pétait un câble », se souvient-elle. Cette école est une révélation : des professeurs attentifs, une mixité sociale, un système qui tient compte des difficultés de chacun. Voilà ce dont ses enfants ont besoin. Carole Bommart sort alors ses trois autres enfants du privé et les inscrit dans le public.

C’est dans les écoles laïques que cette mère chrétienne trouve l’état d’esprit qui correspond à ses valeurs. « Les élèves s’entraident dans le public », remarque Carole Bommart. Elle déplore que, dans les écoles catholiques par lesquelles sont passés ses enfants, les adolescents soient « si durs entre eux et rejettent ceux qui ne sont pas à la mode. Quant aux parents, ils sont en compétition et certains jugent leurs enfants sur les notes ». Au fil des ans, à force de persévérance et grâce à l’aide d’enseignants investis, la maman d’ados parvient à sortir ses enfants de leur échec scolaire.

Quand elle porte son regard sur cette période, Carole Bommart se sent en partie responsable des difficultés de ses enfants. « On est méridionaux », explique-t-elle. « On conteste facilement, on remet en cause le système. On part du principe que si son enfant a des problèmes à l’école, c’est à cause de l’école ». La Marseillaise craint de n’avoir pas suffisamment transmis à ses enfants un esprit de résignation, qui les aurait poussés à s’adapter. « Mon fils a eu un vécu très difficile à l’école », regrette-t-elle, comparant son adolescence paisible à celle, mouvementée, de ses propres ados.

Avec le temps, la quadragénaire prend le recul nécessaire pour ne pas se laisser envahir par les doutes. « Passé 40 ans, on relativise beaucoup de choses. On assume ses choix », se réjouit-elle. Avant de lancer en rigolant : « On est un peu comme un sage sur la montagne ». Carole Bommart affirme se concentrer à présent sur « l’équilibre de la famille ». Elle profite des petites scènes de vie qui composent son quotidien. Lorsque tout le monde vaque à ses occupations préférées par exemple. Avec l’un de ses enfants en cuisine qui prépare des desserts pour la famille, un autre qui démonte ses ordinateurs dans sa chambre, une troisième qui traverse le salon en téléphonant, tandis qu’elle et son mari bouquinent sur le canapé. « Ce sont ces petites choses qui font le bonheur », sourit-elle.

Mes 5 issues de secours quand rien ne va plus :

  • Organiser un resto seule avec un enfant.
  • Donner à mes enfants une méthodologie pour travailler mieux.
  • Trouver les activités extérieures qui vont les épanouir.
  • Allez voir chaque professeur pour lui donner le mode d’emploi.
  • Prendre un animal pour donner un autre équilibre à la famille.

Article réalisé par Florence PERCEVAUT

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