L’école, c’est 850 heures de cours par an. La télé ? 900 heures. L’ordinateur ? 1500 heures (rajouter la source). Le dialogue en famille ? 50 heures… Reste-t-il encore une place pour le parent dans l’éducation ?

Halte au contre-pouvoir éducatif !

Math, français, anglais, histoire… Toutes ces matières réunies ne suffisent pas à atteindre le niveau d’heures qu’un enfant passe devant la télévision chaque semaine. Cela, c’est sans compter les heures passées devant l’écran d’ordinateur. On arriverait alors à une moyenne de 4 heures par jour, soit 28 heures par semaine. L’équivalent d’un travail en quatre cinquième… Certains l’appellent encore «la nounou », on en est pourtant loin en termes de temps passé. Après parents et enseignants, le poste de télévision est devenu le premier éducateur. Un espace d’apprentissage au sein duquel l’enfant est livré à lui-même.

À l’école d’Arthur, Cauet, et Cie

Inutile d’imaginer que, s’il quitte plus tôt la table, c’est pour attraper au vol Les mercredi de l’histoire ou la séance de cinéma muet sur Arte. Les 1,9 % de parts d’audience de la chaîne sont principalement constituées d’intellectuels. Il est fort à parier que son empressement le mène plutôt à gonfler les 50 % de parts d’audience que rassemblent à elles seules les trois premières chaînes du PAF. Dès lors, ses professeurs s’appellent Arthur, Cauet, Benjamin Castaldi, Virginie Efira, Florence Dauchez ou mélissa Theuriau. Tout sauf des éducateurs soucieux du devenir de votre enfant. Ce n’est d’ailleurs pas ce que l’on est censé attendre d’eux, puisque leur principale mission est de « faire de l’audience ». Alors ils appliquent les recettes qui marchent, quitte à ce que les ingrédients ne soient à votre goût. Est-ce à la télévision d’éduquer le téléspectateur ou au téléspectateur d’éduquer la télé ? Encore l’histoire de l’oeuf et la poule… Mais d’une école sans prof et sans programme, quelles raisons nous feraient espérer mieux que le lycée autogéré de paris (26 % de taux de réussite au bac) ?

Parents, reprenez le contrôle !

Il est certes plus sécurisant de savoir votre imprévisible mutant avachi dans le pouf du salon, plutôt que dehors traînant sous l’influence de mauvais garçons. Mais jeter un œil de temps en temps ne suffit pas à contrôler ce qu’il regarde, encore moins à développer son esprit critique. Faut-il dès lors verrouiller la lucarne ? Débrancher une fois pour toutes l’objet de la discorde familiale ? Essayez toujours… Il est sans doute plus réaliste et plus éducatif de miser sur la reprise progressive du contrôle. Courage, ça vaut la peine !

 

Quelques chiffres : 

  • En sixième, un enfant possède chez lui 10 écrans en moyenne (télé, ordinateur, console…). La cause de cette prolifération :  les nouveaux achats s’ajoutent aux précédents.
  • 45% des enfants consacrent aux écrans de toutes sortes plus de la moitié de leur temps de loisir.
  • La pornographie est la chose la plus redoutée par les parents lorsque leur enfant regarde la télévision (40%) et surfe sur Internet (66%).
  • En France, seuls 20% des films qui sortent en salle sont classifiés par le C.S.A, contre 80% chez nos voisins européens$.

 

Sources : Etude 2008 Enfants et Ecrans, de l’observatoire Gulli, sauf *, source : rapport Kriegel.

 

Marie BERNARD

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