Temps de lecture estimé : 2 minutes

Dans les coins les plus reculés du monde comme au cœur des crises les plus visibles, l’Unicef agit pour la défense des enfants. L’association alerte aujourd’hui sur le désastreux état de la population soudanaise.

Créée à la fin de la Seconde Guerre mondiale , l’Unicef travaille chaque jour pour garantir les droits fondamentaux des enfants : l’accès à la santé, à l’eau potable, à une alimentation suffisante, à l’éducation et à la protection. Dans plus de 190 pays, l’organisation veille à ne laisser aucun enfant de côté, même dans les situations les plus désespérées. Parmi les urgences les plus critiques aujourd’hui, le Soudan figure tristement en haut de la liste. En proie à une guerre civile dévastatrice depuis avril 2023, le pays est devenu le théâtre d’une catastrophe humanitaire sans précédent. Et ce sont, comme toujours, les plus jeunes qui en paient le prix le plus lourd.

Malnutrition sévère et choléra

L’Unicef a tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue en  août 2025 au Palais des Nations à Genève, Sheldon Yett, représentant de l’Unicef au Soudan, a déploré des scènes insoutenables : des enfants affaiblis, faméliques, aux regards vides. Certains sont « littéralement réduits à l’état de squelettes ». Ces cas de malnutrition aiguë sévère explosent dans des régions comme Khartoum ou Al Jazirah, où les familles survivent dans des conditions de promiscuité extrême, sans eau potable ni soins de santé. Mais ce n’est pas tout. Le choléra se propage également à grande vitesse. Plus de 1 180 cas de choléra, dont environ 300 chez des enfants, et au moins 20 décès ont été signalés à Tawila, dans l’État du Nord-Darfour, depuis que le premier cas a été détecté le 21 juin 2025. Cela représente une augmentation rapide du nombre de cas dans cette ville qui a accueilli plus de 500 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays fuyant les violents conflits depuis avril dernier. Dans les cinq États du Darfour, le nombre total de cas de choléra recensés au 30 juillet s’élevait à près de 2 140, avec au moins 80 décès. Le conflit dans le nord du Darfour s’est intensifié depuis avril dernier et, outre le choléra, plus de 640 000 enfants de moins de cinq ans sont exposés à un risque accru de violence, de maladie et de famine. Face à cette double urgence, l’Unicef déploie tous les moyens à sa disposition : installation des points d’eau, distribution des kits d’hygiène, vaccination, dépistage de la malnutrition, livraison des aliments thérapeutiques, soutien aux centres de soins encore en activité, aménagement des espaces sûrs pour permettre aux enfants de retrouver un semblant de normalité, de jouer, d’apprendre, de guérir. Mais la réalité est brutale : les besoins humanitaires dépassent largement les ressources disponibles. En 2025, les appels aux dons de l’Unicef pour le Soudan sont financés à peine à 25 %. Sans aide supplémentaire, les actions sur le terrain ne pourront pas suivre l’ampleur de la crise. Le Soudan est aujourd’hui le pays où se trouve la plus grande population d’enfants déplacés au monde. Un enfant y meurt toutes les deux minutes de causes évitables. L’alerte est claire : si la communauté internationale ne se mobilise pas d’urgence, c’est toute une génération que le monde risque de perdre !

ANNA GUIBORAT

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.