Dites bien O.C.H. pour Fondation Office chrétien des personnes handicapées. Qui fête les dix ans de la Journée des mamans. L’idée : pour une fois, que les mamans d’enfants malades ou handicapés prennent soin d’elles. Que ces aidantes retrouvent confiance et élan. Vital.

L’OCH, plus précisément sa fondation, a été créé en 1963 par Marie-Hélène Mathieu, entourée par plusieurs familles touchées par le handicap. Pour qu’elles ne restent pas seules. Devant la diversité des handicaps et des demandes, les missions de la Fondation se développent et se diversifient au fil des années pour rester au plus près des besoins des personnes malades et handicapées et de leurs familles. Attentive à tout type de handicap – mental, physique, sensoriel ou psychique –, elle mène plusieurs actions : écoute et conseil, journées et groupes d’échange, conférences, revue Ombres & Lumière. Cette année, l’OCH fête les 10 ans de la Journée des mamans. Totalement dévouées à leurs enfants malades ou handicapés, ces héroïnes du quotidien perdent d’autant plus confiance en elles qu’elles doivent affronter regards et remarques parfois hostiles. Une fois par an, grâce cet Office, elles vont échanger, se ressourcer, se sentir accompagnées et moins seules… et surtout repartir avec de bonnes idées, de l’énergie, dynamisées par les belles rencontres.

Un moment de détente et de partage

La première Journée des mamans s’est concrétisée en 2011. Au fil des années, l’initiative a rassemblé plusieurs centaines de mamans. « Chaque journée est ainsi conçue : temps d’accueil, témoignages d’une maman et d’un professionnel, temps de partage, repas, ateliers de détente et de ressourcement au cours desquels les mamans vont prendre soin d’elles par la relaxation, une mise en beauté, une réflexion sur un thème, etc. La journée se clôture toujours par un temps spirituel pour les mamans qui le souhaitent », détaille Florence Gros, responsable du service Écoute & conseil au sein de l’OCH et à l’initiative de la première journée avec une équipe de mamans. « Ces journées se déroulent dans des villes où des équipes de bénévoles nous aident à porter la mission comme à Besançon, Lille, Toulouse ou Marseille… », relaie Marie-Laure Bouchard, responsable des Journées et Ateliers mamans. En 2020, le confinement strict a eu raison de la Journée des mamans. Cette année, il était hors de question de priver les aidantes de cette parenthèse dont elles ont tant besoin.

« Depuis cette année, nous organisons aussi des ateliers en ligne pour inviter les mamans à rompre un peu leur solitude et leur isolement, accentués par les mesures sanitaires », ajoute Marie-Laure Bouchard. Initiation à la méthode Vittoz, yoga du rire, conseil en image, récréa-chant, atelier d’écriture… On échange entre soi et l’on trouve des ressources pour améliorer le quotidien et les relations aux autres, par petits groupes de 5 à 10 personnes en visio sur l’application Zoom pendant une heure ou deux selon les ateliers. Une version virtuelle qui plaît beaucoup à Claire, une maman qui a rejoint l’OCH depuis plusieurs années. « Cet atelier m’offre une détente au milieu de la journée. Une illumination là où je me trouve. »

Belles rencontres

Réunions joyeuses, souvent piquetées de pleurs, car le quotidien reste difficile à porter. La première fois que l’OCH a demandé à Caroline de témoigner de son expérience lors d’une Journée des mamans, elle a eu du mal à répondre à l’exercice. « Je ne pensais pas que mon témoignage pouvait aider quelqu’un, se souvient-elle. Témoigner pour les autres m’a fait travailler sur moi-même et prendre du recul sur ma vie. Et les retours suite à mon témoignage étaient positifs. Nos enfants n’ont pas les mêmes handicaps, mais nous avons toutes un point commun, nous sommes des mamans d’enfants différents et nous devons jongler entre nos autres enfants et cet enfant, notre vie de couple et notre vie professionnelle. »

Claire a découvert la Fondation grâce à la revue Ombres & Lumière. « Avec mon mari, on a participé au premier week-end des papas de l’OCH. C’était un week-end très riche, rempli de belles rencontres, se souvient-elle. J’ai aussi participé à une à Versailles où Caroline témoignait, là aussi de belles rencontres, un temps pour souffler, prendre du temps pour soi, être accueillies ». Si leur vie n’a pas changé, elle s’est considérablement améliorée. « On sait qu’il y a un endroit où on pourra être entendues, être en communion avec d’autres mamans et se soutenir les unes les autres », confie Caroline. « Voir le regard d’autres mamans, ça nous ouvre le regard. Nous sommes toutes quelque part des sœurs », ajoute Claire. 

Anna Guiborat

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