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Une femme sur huit souffre d’un réel épisode de dépression dans l’année qui suit la naissance. Avec des degrés d’intensité variables.

 

  • Le baby blues, ou post-partum blues, est le phénomène le plus léger et le plus fréquent d’entre les signes psychiques intercurrents. C’est un trouble mineur non pathologique qui est surdéterminé par les facteurs physiologiques et correspond à une transition adaptative. Il est identifié comme tel par la plupart des jeunes mamans, 50 % reconnaissent l’avoir ressenti. Il est vraisemblable que sa survenue soit supérieure à cette incidence « avouée » ou « perceptible », et que nombre de femmes passent cette expérience sous silence. Le baby blues débute tôt, avec un pic d’intensité variable entre le troisième et le cinquième jour après l’accouchement. Il ne doit pas être banalisé, mais au contraire reconnu. Les signes principaux sont dits thymiques (variation de l’humeur) : avec des manifestations de pleurs, une labilité émotionnelle, de la tristesse à l’euphorie, un léger état de confusion, et une irritabilité. Le baby blues, s’il persiste plus de quelques jours, risque d’indiquer une entrée dans un processus plus marqué : celui de la dépression du post-partum. Le caractère passager et transitoire de l’adaptation hormonale auquel il correspond au plan psychique se résout en quelques jours. Les modifications endocriniennes après l’accouchement, la délivrance (expulsion du placenta) et l’allaitement sont des majeures très complexes, interactives entre elles, très brusques et rapides. Classiquement, le baby blues est rapidement dépassé, mais c’est une période à risque biologique et psychique. Un baby blues long et prononcé doit alerter. Au-delà d’un état de détresse physiologique et moral passager.

Que faire ?

Le soutien de la part du père, du cadre familial ou des professionnels de santé constitue la meilleure aide à fournir.

 

  • La dépression du post-partum (DPP) : ce trouble est la pathologie épidémiologiquement parlant la plus représentée dans les suites de couches. Elle sera la continuité du baby blues mais pas nécessairement. Elle se déclare pour 75 % des cas dans les six mois qui suivent l’accouchement. C’est un trouble mal détecté qui ne bénéficie pas de réelle prévention. Les enquêtes partielles montrent que la DPP toucherait environ 13 % des accouchées, mais que seuls 50 % des troubles seraient détectés réellement. Donc, son incidence est minimisée, sous-diagnostiquée.

La DPP se décline sur deux tableaux cliniques : dépression mineure ou majeure (lire encadré), avec toutes les nuances interindividuelles et l’apparition de symptômes communs à toute dépression et toutes les déclinaisons spécifiques liées au post-partum. La psychopathologie est donc très riche, mais sa problématique est centrée sur la parentalité. Avec une prédisposition globale à la dépression classique.

La jeune maman dépressive présente le plus fréquemment de forts ressentis d’incapacité personnelle à faire face à sa nouvelle mission. Avec pour, elle-même, des propos disqualifiants et auto-accusatifs. Elle a du mal à trouver ses propres repères face à cette fonction maternelle sacralisée, idéalisée et non intériorisée, fonction dont elle pense ne pas pouvoir endosser la responsabilité et l’excellence. Anxieuse, elle agit avec son bébé de manière opératoire et sans plaisir, dans un principe d’incertitude constant et dans une dévaluation de soi croissante au fil des jours. Pour autant, la nécessité constante d’être auprès de l’enfant ne cède pas, d’où une tension croissante qui semble ne jamais devoir finir. Tomber du neuvième ciel pour s’anéantir dans le gouffre d’une angoisse sans limite et en avoir honte est vrai choc. Avec des conséquences sur la création des premiers liens et la constitution de l’accordage mère enfant.

Les risques d’une dépression maternelle non diagnostiquée par les professionnels de l’enfance et ou simplement non identifiée comme telle par la mère sont constitués par le repérage tardif de troubles fonctionnels inexpliqués chez l’enfant (troubles du sommeil, de l’alimentation, rupture de la courbe staturo-pondérale, pleurs inconsolables de l’enfant, etc.) ainsi que par la répétition des épisodes dépressifs lors de grossesses ultérieures.

Que faire ?

Il s’agit d’un trouble partiellement réactionnel et donc très accessible au soin.

 

  • Chez le père aussi !

Le parallèle de la grossesse pour le futur père est le phénomène bien connu de la couvade. Mai il existe aussi une DPP paternelle. Avec des signes d’appel tels que le stress, l’irritabilité, la colère, l’agressivité, voire la violence, les troubles de l’humeur et le sentiment d’abandon, un sentiment d’épuisement et la sensation de mal-être et d’insatisfaction au plan de la parentalité. Avec, comme dans le cas de la DPP maternelle, des troubles consécutifs de l’accordage, mais cette fois père-enfant.

 

  • La psychose du post-partum

Pathologie heureusement rare, mais grave. Elle affecte moins de 1 % des suites de couches. Le mode d’entrée est brusque, bruyant et précoce, dans les deuxième ou troisième semaines. Confusion mentale, discours et comportements étranges, idées délirantes, sentiment de mort imminente du bébé, alternance de stupeur et de passage à l’acte : elle exige une prise en charge psychiatrique rapide, qui, dans 70 % des cas, conduit à une rémission totale (en l’absence de psychose avant l’accouchement).

 

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