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Le baby blues est le cliché copié-collé, on pourrait dire le négatif de la photo en prime time, resplendissante, prise en salle de naissance : profils originaires dos à dos, janusiens ordinaires.

Tant rire-sourire et larmes se la jouent en mode siamois, quels que soient les minois de bébé, papa et maman. Dans une universalité constante, tous genres confondus. Joie et tristesse volent en éclats égaux. Gens qui rient et gens qui pleurent, c’est le premier jeu d’émotions inverses et de cache-cache qui se joue en famille, autour du berceau. Mais si, sur le coup, le lendemain, des mois plus tard, la maman « flanche » ? Si, au-delà du baby blues bien connu et temporaire, elle ne se reconnaissait pas mère ? Que vous soyez concernée ou témoin proche, comprenez ce qui se passe et ce que l’on peut tenter…

 

Du neuvième ciel au baby blues, du baby blues à l’éventuelle dépression du post-partum (DPP), et, avec la reprise du travail pour la mère, du four au moulin à chagrin – celui de paroles découragées écrites, en vrac médiatique –, il n’y a qu’un (mauvais) pas. Franchi ou pas. Sur quelque hashtag « je regrette d’être mère ». Tabou ? Tendance ? Pas forcément ! Quatre siècles avant J-C, Démocrite avait déjà gravé : « À mon avis, il vaut mieux ne pas avoir d’enfant, car j’observe dans le fait d’avoir des enfants beaucoup de risques considérables et beaucoup de soucis pour un rendement faible, et sans consistance ni valeur. » La messe est dite bien avant l’ère chrétienne du côté des abstinents de l’enfantement… Démocrite prônait l’adoption choisie d’un enfant déjà élevé dont l’esprit s’accordât à celui de son père adoptant. Avec le refus d’ajouter du mal et quelque désordre au monde tandis que l’adoption avait un côté réparateur, mais évitait à la fois maternage et paternage… Hashtag philosophie antique…

Parallèle audacieux, tendancieux… ou pas. Mise en perspective d’un mouvement très actuel. Certes, Démocrite n’a pas accouché d’un enfant mais d’une philosophie qui rend compte d’un désengagement conscient et réfléchi de la procréation. Lequel fait penser au désenchantement post-accouchement de certaines de nos jeunes et tout de même très maternelles contemporaines. Qui brisent ainsi un tabou sociétal. Relativement récent : jadis, on ne se préoccupait pas tant de l’infans (celui qui ne parle pas).

Il a fallu attendre Rousseau (qui abandonna pourtant sa progéniture !) pour donner une coloration valorisante à la condition enfantine. Puis résoudre encore bien des courants adverses pour que l’enfant occupe la place centrale dans le cercle de famille et quitte l’orbite jusqu’alors périphérique, l’exil provincial chez une nourrice qui faisait de son statut celui d’un simple « nourrisson ». Au cours du siècle dernier, avec, notamment, le développement de la psychologie de l’enfant, de la pédiatrie et de la psychanalyse, avec une certaine sacralisation de la relation mère-enfant, la représentation de la maternité a clairement évolué. Avec l’ancrage du devoir pour toute mère de correspondre, en tout point, à un modèle d’excellence.

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