Insouciance et légèreté envolées ?

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Un ado épanoui, un oxymore ? Pas vraiment, tout dépend grandement de petits réflexes parentaux à acquérir…

Subvenir à ses besoins par ses propres moyens, autonomiser ses choix sans se cacher derrière des excuses, trouver sa voie professionnelle… L’adolescence est un âge qui prépare à affronter les responsabilités du monde adulte. La période est souvent anxiogène pour ceux qui la vivent : changements psychophysiologiques, besoin de penser aux études, à une formation ou à un emploi, perte d’une partie de l’insouciance, confrontation des valeurs familiales et des principes forgés au cours de l’éducation face aux événements de la vie… Autant de changements brutaux qui demandent plus que jamais votre vigilance pour que votre adolescent se sente bien dans ses baskets.

Sécuriser votre enfant pour qu’il puisse explorer et s’approprier le monde des adultes

Le discours tient évidemment durant toute l’éducation de votre enfant. De ses premiers pas à ceux qui le mèneront en dehors du cocon familial de façon pérenne. Un adolescent n’est de fait pas un adulte. Il doit donc être sécurisé et dynamisé pour s’épanouir. Comme à chaque étape clé de son développement il/elle doit être suffisamment rasuré/e et se sentir en sécurité pour prendre un risque, explorer et concevoir quels seront les tenants de son épanouissement. Mais le système scolaire pressure déjà beaucoup les enfants. Outre cette lourde charge, on impose de nombreux « suppléments » de travail comme assister à des cours particuliers pour combler ses lacunes, suivre des leçons de piano, le/la traîner dans les musées. Cela dit, il ne faut pas sacrifier le présent au nom de son futur. Et à l’heure de nos agendas bien remplis et des sursollicitations numériques, il convient de faire respirer votre enfant en trouvant le bon équilibre entre rythme scolaire, activités périscolaires et sociabilités.

Le sentiment de sécurité de l’enfant découle aussi de votre posture et de votre discours à la maison face aux vicissitudes de la vie et de l’actualité. Il importe de lui donner la force de vivre sans omettre les difficultés. Grosso modo, rien ne sert de nier la difficulté de votre journée de travail ou une actualité angoissante. Mais rassurer l’adolescent en montrant que vous relativisez sur votre propre situation et que vous êtes en tant que famille unis et solidaires face aux sujets difficiles de la vie ne peut être que salutaire. L’erreur à éviter dans ce sens est de minimiser les choses. Votre enfant n’est pas naïf et cette position ne lui ôtera pas ses doutes ni son stress.

Laisser l’adolescent s’approprier de nouveaux repères

Ce qui ne signifie pas de le/la laisser l’enfant oisif/ve. L’adolescence est aussi l’âge ou votre enfant doit saisir les efforts qu’il doit fournir et pourquoi il doit les entreprendre. Surtout, en tant que parents, vous n’êtes pas les seuls garants de son éducation. Dès l’école primaire, l’enfant se façonne à l’aune de nouveaux repères extérieurs au foyer. L’école et les activités périscolaires jouent ici un rôle fondamental. Ces activités doivent s’inscrire dans une dynamique de groupe et de tutorat pour assurer le meilleur développement à votre enfant grâce au contact des autres.

Dit autrement, un enfant qui évolue uniquement en circuit fermé au sein de sa famille est freiné dans son développement. Les experts sont unanimes sur le sujet. Les parents dans cette perspective ont tout intérêt à être les organisateurs de ces relais d’éducation, qu’il s’agisse de cultiver des activités péri-familiales ou sportives.

Américains et Suédois ont commencé à explorer cette piste notamment en proposant aux jeunes diplômés du lycée de prendre une voire deux années sabbatiques pour découvrir le monde, un peu comme au Moyen Âge : une partie de la jeune noblesse réalisait son « grand tour » dans toute l’Europe pour parfaire ses humanités avant de rentrer sur ses terres. Cette période transitoire porterait ces fruits et augurerait d’une baisse significative des échecs post-bac.

Passer le relais revient également à cultiver d’autres types d’attachements forts : envers le père, la mère mais aussi vers des personnes de confiance. Pour éviter tout drame, si un attachement cesse en raison du décès d’un des parents ou de leur séparation, il est nécessaire d’avoir établi d’autres relais de confiance sur lesquels votre enfant peut s’appuyer. Ici, encore, un foyer parental replié sur soi peut être une grande source de souffrance si le pire arrive car le foyer aura été lourdement appauvri sans moyen de pallier ce vide.

Geoffroy Framery

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