La méthode des 3E pour lutter contre le harcèlement scolaire

0
En France, 1,8 million d’enfants sont victimes de harcèlement scolaire. Selon les chiffres publiés en novembre 2018 par l’Unicef, un enfant sur deux en est victime dès l’âge de 7 ans, et un adolescent sur quatre à 18 ans. Une question se pose : comment pouvons-nous les protéger ?

Il existe cinq types de harcèlement (physique, verbal, social, sexuel et cyberharcèlement). Tous, ils ont pour but d’abîmer et de détruire celui qui est en face. La victime a honte, se sent coupable et seule. Son estime d’elle-même est dégradée, elle se pose de nombreuses questions : « Suis-je apte à être aimée ? Est-ce que j’ai ma place ici ? » L’enfant finit en effet par penser que ce que disent ses agresseurs est vrai. Il y a des signes qui peuvent alerter les adultes sur son état d’âme : désinvestissement scolaire, baisse des notes, l’enfant cherche des excuses pour ne pas aller à l’école, il a des problèmes de sommeil et d’alimentation, etc. Et s’il ne parle pas aux adultes (enseignants ou famille), il peut développer une dépression et dans le pire des cas se suicider. Ce dernier scénario fait de temps à autre la une des journaux. Les enseignants, souvent stressés et dépassés par l’ambiance électrique dans la classe, sont très vite dépassés. Fatigués de faire la discipline au lieu de donner des cours, ils se sentent impuissants et baissent les bras. Quant aux parents, ils sont tout simplement affolés. Aujourd’hui, ils sont plus inquiets par le bien-être émotionnel de leurs enfants que par leurs notes. Pour eux, il est plus important de savoir qu’un établissement scolaire a des outils nécessaires pour lutter contre le harcèlement scolaire. Et pourtant, une solution existe pour lutter contre ce fléau, il s’agit de la méthode des 3E.

L’émotion, l’estime de soi et l’empathie

« Il s’agit des compétences relationnelles sans lesquelles on ne peut pas se connaître et connaître l’autre. Grâce à elles, l’enfant développe le respect de l’autre », explique Catherine Verdier, vice-présidente de l’association Marion la main tendue, psychologue-psychothérapeute et auteur de l’ouvrage #J’aime les autres, les bonnes relations à l’école aux éditions du Rocher. Dès son plus jeune âge, l’enfant commence l’apprentissage des émotions. Il doit arriver à les reconnaître, à les exprimer et comprendre ce qui se passe à l‘intérieur de lui. « Cette connaissance de soi lui permettra de connaître l’autre et le mènera à l’empathie. Il arrivera à se mettre à la place de l’autre », indique Catherine Verdier. Pour aider l’enfant dans cet apprentissage, vous pouvez vous aider de nombreux livres dont ceux de la collection Monsieur Madame (Ed. Hachette Jeunesse). Vous pouvez aussi proposer à votre enfant de poser les mots sur ses émotions ou les dessiner. Et surtout, n’oubliez pas de parler de vos émotions. Quant à l’empathie, il faut la développer et favoriser au quotidien. Les parents et les adultes qui entourent l’enfant doivent lui montrer l’exemple. Enfin, « l’estime de soi passe par une éducation bienveillante, on accompagne l’enfant », conseille Catherine Verdier. Et de poursuivre : « Il faut passer du temps avec lui, s’intéresser à lui, le valoriser. S’il est en échec, il faut l’encourager. » L’estime de soi est particulièrement importante dans le cas du harcèlement. En effet, l’agresseur a besoin d’abîmer l’estime de soi de l’autre pour se sentir fort.

« Quelque part, son estime de soi n’est pas là, non plus », insiste Catherine Verdier, ajoutant que « les témoins de violences sont aussi des victimes » car par peur de l’agresseur, ils n’osent pas dénoncer ses faits. La méthode des 3E ne promet pas de mettre totalement fin au harcèlement puisqu’un jour ou l’autre les enfants pourront y faire face. En revanche, cette éducation leur permettra de garder contact avec les parents et les adultes encadrants, de ne pas avoir peur de parler et de ne pas accepter tout et n’importe quoi de la part des autres.

Comment réagir lorsque votre enfant se fait harceler

Aux parents dont les enfants se font harceler, Catherine Verdier conseille de « garder leur calme car la colère, l’énervement ou le désir de vengeance n’arrange strictement rien ». « Garder le calme permet de ne pas paniquer et de montrer à l’enfant qu’il peut avoir confiance en l’adulte. » Il convient également de se tourner vers les enseignants et la direction de l’établissement scolaire afin de déterminer la gravité des faits. Puis, il est également possible de prendre contact avec le réfèrent harcèlement de l’académie. Un numéro vert (3020) est à la disposition des familles. Il faut apaiser les tensions, rappeler aux enfants les règles du respect de l’autre et ce travail doit se faire par tout le monde, les enseignants, les parents et les enfants.

Anna Ashkova

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.