L’inceste, reconnu comme crime contre l’enfance, enfin

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Comment le projet de loi doit réformer complètement un crime fondamental.

C’est une remise en cause de toute la société jusqu’alors laxiste qui jugeait l’inceste comme une mesure de répression de la sexualité adulte et non une agression contre un·e enfant. À travers les témoignages essentiels, entre autres, de Camille Kouchner et de Vanessa Springora, le livre de Marc Crépon, celui de Karl Zéro, 1 sur 5, l’action des associations et de certains juges et la dernière « affaire » en date, sans doute pas la dernière, dans le milieu du showbiz, je tente de montrer à quel point le projet de loi mené par le ministre de la Justice est aujourd’hui essentiel.

La dépêche tombe. Précurseur probable, dans le contexte actuel d’ouverture sociale et médiatique, de la création en droit français d’un crime contre l’enfance.

AFP, mardi 26 janvier 2021 : « Dans le cadre de l’affaire Duhamel, la victime présumée [Victor Kouchner, jumeau de Camille, autrice de La familia grande, Le Seuil] fait savoir, par l’intermédiaire de son avocate, Maître Jacqueline Laffont, qu’elle a porté plainte contre son ex-beau-père Monsieur Olivier Duhamel, suite à l’ouverture d’une enquête préliminaire diligentée par le parquet de Paris. »

C’est donc un homme de 45 ans, qui, à l’issue de son audition par la brigade des mineurs le 21 janvier, dans le cadre de l’enquête pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans », porte plainte, ce 26 janvier 2021. Qu’un adulte agisse prouve enfin que l’inceste est bien un crime contre l’enfance, puisqu’au titre de l’enfance, c’est bien un adulte éclairé par sa propre construction de vie, éclairé par son lien prodigieux et vraisemblablement lumineux à sa jumelle et ses écrits (en quelque sorte, la voix de la familia grande/la voie des faits criminels) qui porte plainte.

Un adulte de 45 ans, en son nom propre. Un enfant, aussi et surtout, en son prénom d’enfance, prénom qui apparaît ici dès lors dans le champ médiatique agité, après celui de sa jumelle, ces temps-ci, en léger différé. En son prénom, qu’il porte, lui, Victor, depuis son jour de naissance, mais surtout, soudainement et douloureusement, depuis ses quelque treize ans, ce premier jour d’inceste subi, ajouté à tous les autres, de toutes ces années lourdes de douleur et jointes depuis. Plainte portée par-delà des faits prescrits par la loi depuis 2003.

Créer un « crime sexuel » pour défaut de consentement, point

Longue est la plainte : à se former, à se porter, à se souffrir, à se connaître, à se dire, à se transmettre. La plainte de tous ces temps si longs qui relient un homme à son enfance, ses enfances devrait-on dire : celle d’avant, celle d’après l’inceste, celle d’après ce crime imprescriptible parce qu’inscrit à jamais dans une psyché immature par un adulte agissant contre nature et contre culture. Longue est la plainte à se porter : pour Victor, et pour tous les François, Vincent, Paul et les autres… dont sûrement quelques Camille, au féminin, au masculin et malheureusement au pluriel, ils représentent les paradigmes universels de tous les enfants « bleus ».

L’Enfant Bleu-Enfance maltraitée est cette association fondée il y a trente ans. Ainsi nommée en référence à ces bleus indélébiles à l’âme et au corps. Le ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti, l’a consultée dans le cadre de l’enquête le 25 janvier.

Il s’agit d’une association de terrain et d’expérience dont le « vécu » intéresse le ministère dans le contexte actuel, celui d’un projet de loi votée au Sénat. Elle vise à créer un nouveau crime sexuel pour protéger les enfants de moins de 13 ans que L’Enfant bleu réclame… depuis trente ans. L’association demande en outre que l’absence de consentement présumé soit portée à 15 ans. Elle obtient en outre que la prescription du délit de non-dénonciation de crimes commis sur mineurs soit allongée. « Il passerait de 6 ans, à compter des faits, à 10 ans en cas de délit et à 20 ans en cas de crime à compter de la majorité de la victime », précise-t-elle. On est encore loin du compte de sa revendication : que le délai de prescription passe à 40 ans

Il est temps d’arrêter la honte des comptes d’apothicaire fous, quand il est question de protection de l’enfance.

Il faut de l’audace enfin pour la réelle protection de l’enfance. Rêvons ! Car au final, l’association défend le principe cardinal de la loi universelle de l’interdit de l’inceste, principe radical selon lequel il n’existe pas, tout simplement pas, et jamais, de consentement, à quelque degré que ce soit, chez l’enfant de moins de 15 ans. Et que tout acte sexuel d’un adulte sur un mineur de 15 ans, est, par conséquent, un crime contre l’enfant, un crime contre l’enfance.

Crépon : une société face à elle-même

Le garde des Sceaux semble avoir écouté L’Enfant bleu, une première au sein de ce ministère de 80 988 agents face à la petite association forte en interne de deux psychologues, spécialistes des traumatismes liés à la maltraitance, de deux juristes spécialistes de la protection de l’enfance, d’une assistante administrative, d’une directrice et une chargée de communication et de collecte de fonds, soit… 7 personnes. Reste à M. Dupont-Moretti à lire l’ouvrage du philosophe Marc Crépon, Ces temps-ci  (Rivages).

Dédié, justement, à celles et ceux des justes « qui peinent encore à briser les murs du silence », ce livre examine la société à l’épreuve des affaires de mœurs, son sous-titre. L’horizon moral de notre corps social semble changer, ces temps-ci…

Le seuil de tolérance sociale pour les crimes sexuels paraît en pleine mutation, il vire de la complaisance à une radicalisation de l’intolérance à l’encontre de ces crimes.

Marc Crépon, fin observateur des phénomènes de violence sociale, fut, il y a peu encore, directeur du département de philosophie de Normale sup où il enseigne toujours et y conduit des recherches pour le compte du CNRS. Il se positionne en éclaireur de temps meilleurs où la société ne permettrait plus l’empiètement de la vertu et défendrait les libertés fondamentales sans tolérance aucune pour les « affaires de mœurs », sources jusque-là trop peu taries de souffrance infinies parce que non reconnues.

La honte changerait de camp, ces temps-ci. « Les responsables des violations ne se sentent plus protégés par le silence de la société, sa complaisance ou son indifférence. » Lesdites affaires de mœurs édulcorent le harcèlement, le viol, la pédophilie et bien sûr l’inceste. En les inscrivant maintenant de façon principielle, là où la gravité de leur fait aurait dû d’emblée les inscrire : au rang de crime radical impardonnable et possiblement imprescriptible. En reconnaissant la totale partition entre le violeur et la victime. En abolissant toute notion possible de consentement.

Acte I : premier axe de force la parole des victimes. Des voix singulières se font entendre.

La société semble se mettre en chemin, renoncer à la traîtrise de la tolérance dès lors que « des voix singulières (on pense à Camille Kouchner forcément, mais à tant d’autres avant elle) font apparaître l’intolérable pour ce qu’il est : un mal qu’on ne voulait pas voir, une injustice sur laquelle on fermait les yeux, une violence et une souffrance que l’on préférait ignorer » explique Marc Crépon.

Acte 2 : second axe de force. Parler, libérer la parole des victimes est essentiel. Le social doit en relayer les échos : entre partage et élaboration du changement.

La société évolue parce que des voix se lèvent. Mais aussi parce que « notre accoutumance à la violence recule quand la voix des victimes est relayée par l’engagement collectif et partagé, de la société, par le biais d’associations, telle l’Association internationale des victimes de l’inceste (AIVI) ». Alors recule le seuil de tolérance.

L’opinion évolue aussi, avec l’impulsion des relais sociaux, non seulement associatifs, mais aussi technologiques : on pense aux réseaux sociaux et aux phénomènes et mouvements d’encouragement à la prise de parole par les victimes # Me too.

Acte 3 : une loi vive, troisième axe de force.

Le législatif doit de nouveau statuer, même si la loi proscrit déjà l’inceste, puisque le corps social a tant de mal à reconnaître l’autorité de cette loi. La société interprète cette loi non comme une mesure de protection de l’enfance, mais comme une mesure de répression de la sexualité adulte. Les divagations et élucubrations scabreuses et dangereuses sur d’hypothétiques notions de consentement sont irrecevables en raison de la différence de génération entre un adulte et un mineur. Il existe une absence totale de symétrie : le consentement n’existe pas. La loi doit donc clairement stipuler le caractère insoutenable de l’agression sexuelle en la nommant comme crime contre l’enfance.

« Une troisième force, nécessaire pour que les lignes bougent et que notre rapport à telle forme de violence, complaisamment tolérée, paraisse enfin pour ce qu’elle est et soit, du même coup, perçue comme intolérable, c’est l’action du législateur », indique Marc Crépon. Qui rappelle aussi que si la loi existe déjà, même si elle doit évoluer en radicalité. « Ce sont les consciences complaisantes, celles des individus et encore plus celles des organisations, des institutions qui étaient averties et qui n’ont pas agi ». Ce faisant, de soin défaillant en défaut d’attention et de secours, c’est le « consentement meurtrier » des complicités corporatrices – églises, écoles, internats, fédérations sportives et milieux artistiques réunis dans une lâcheté consensuelle – qui a permis la faillite de la responsabilité des adultes à l’égard des enfants. « Une faillite qu’on n’hésitera pas donc à dire destructrice, dès lors qu’elle se sera refusée à intervenir en toute connaissance de cause, laissant à la prédation la licence de se répéter indéfiniment ».

Parcours infernal de l’inceste : le récit de Camille Kouchner

L’inceste, surgissement violent de la sexualité adulte dans la psyché et dans le corps de l’enfant, l’installe dans la honte et dans la confusion. C’est une mémoire traumatique qui envahit les mécanismes de pensées : comme l’écrit Camille Kouchner face à la découverte de l’inceste de son jumeau, « mon cerveau se ferme, tous mes sens s’affolent, mon cœur s’emballe, je ne sais pas, moi, je ne suis pas une grande personne ». L’enfant n’a pas les moyens psychiques de se représenter une telle effraction. Il n’existe pas de représentation possible pour l’enfant, il n’existe que des ressentis affolants et toxiques, au fil des agressions quotidiennes, des années durant. Camille Kouchner, témoin de son jumeau, victime compassionnelle, est passée par le long chemin de l’élaboration psychique et par celui de l’écriture pour retrouver la petite fille gaie et heureuse qu’elle était « avant ». Il lui a fallu des décennies pour cheminer, réaliser et écrire. Elle explique combien la reviviscence de l’innocence enfantine a représenté pour elle, et au cœur de sa vie, l’expérience de la réalité de nouveau présentée à ses yeux. Son jeune beau-fils « présentifie » la résurgence de la fragilité de son propre jumeau, au temps de l’enfance et de l’inceste. Lui apparaît alors la nécessité de protéger cet enfant de ce mal familial éventuel. La réalité de ce bel enfant relance ses ressources et sa résilience au nom de tous les siens, au nom de son jumeau, au nom de l’enfance. Elle s’inquiète auprès de son frère de son autorisation à parler de ce traumatisme qui est celui d’une sœur jumelle, pétrifiée, sidérée, flottante.

Victor a accepté que Camille sorte du silence. Camille se décrit comme hantée par l’hydre de la culpabilité, ce serpent mythologique dévorant. « Ma culpabilité a plusieurs âges. Elle fête tous mes anniversaires avec moi. Ma culpabilité est devenue ma jumelle. Une nouvelle gémellité. La culpabilité noie la mémoire, pour laisser sa proie dans le noir. » Camille souffre d’avoir par le silence imposé par des circonstances complexes, adhéré, participé à l’inceste de son frère, pris tous les deux dans un mécanisme d’emprise infernale organisé par ce beau-père solaire. Camille s’est affranchie par l’écriture du lourd tribut de douleur et de la redevance payée au silence. « Les années qui ont suivi ont été des années d’alerte permanente. Des années de dédoublement. Des années de dissociation. » L’inceste ravage l’enfant, l’inceste ravage l’adolescent, l’inceste ravage la psyché, l’inceste ravage la famille. Camille ne voulait pas, ne pouvait pas, et Victor non plus, toucher au paradis des adultes. La révélation a été retenue, différée. Ils ont vécu en enfer pour préserver leurs « adultes », alors que c’est bien sûr aux adultes de protéger le paradis de l’enfance. « Je n’entends plus rien, je ne comprends plus rien. Je ne comprends même pas pourquoi. Le tableau noir est une torture, toute logique m’échappe. Je me dissous pour mieux me taire. » Son ex-beau-père, Camille voudrait l’enfermer à son tour dans ce réel effroyable, ce réel auquel Victor et elle, à des places différentes, ont été assignés, des années durant. Camille Kouchner voudrait que ce beau-père reste enfermé dans son livre et n’en sorte jamais, qu’il y entende sans fin que la réalité que lui seul a créée est atroce et que ses actes répétés sont impardonnables et qu’il va durer toute la vie. Qu’il a pris la responsabilité de détruire le paradis de l’enfance de saccager la familia grande et qu’il doit en assumer les conséquences et le prix. Celui de la honte et du silence. Que le livre lui soit une prison solide. En attendant la loi.

La lettre ouverte du monde du 23 mai 1977 : le sujet est-il clos ?

Vanessa Springora, dans Le consentement (Grasset, 2020), rappelle et cite une lettre ouverte, parue dans Le Monde en 1977. Un véritable plaidoyer de la part d’une certaine intelligentsia culturelle (éminents intellectuels, psychanalystes, dont Roland Barthes, Gilles Deleuze, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, André Glucksmann, Louis Aragon… entre autres). Plaidoyer dont le but est d’obtenir une dépénalisation des relations sexuelles entre adultes et mineurs.

Chacun des signataires de s’élever contre l’incarcération de trois hommes (trois prédateurs sexuels pédophiles présumés, dirait-on, « ces temps-ci »), en attente de procès, pour avoir eu des relations sexuelles avec des mineurs de treize et quatorze ans et les avoir photographiées.

Voici la citation d’une partie de la lettre ouverte, témoin princeps, s’il en est, d’une idéologie post soixante-huitarde avide de liberté individuelle, de libération sexuelle, jusques et y compris au prix du déni de la prédation exercée par l’adulte sur la liberté et sur le corps de l’enfant, du déni de l’asservissement de l’enfant au désir de l’adulte. Revendication libertaire commise par des plumes liberticides : « Une si longue détention préventive pour instruire une simple affaire de mœurs [banalisent ces grands auteurs oublieux de l’âge des enfants comme de la complexité des faits dont ils évoquent la simplicité], où les enfants n’ont subi aucune violence [qu’est-ce qu’une agression sexuelle sinon une violence ?], mais au contraire, ont précisé aux juges d’instruction qu’ils étaient consentants, quoique la justice [précisaient alors ces brillants penseurs éhontés] leur dénie actuellement tout droit au consentement, nous paraît déjà scandaleuse. » Quel paradoxe !

Les temps changent, heureusement. Il faut y croire, mais rester vigilants. Les journaux qui en leur temps avaient accepté de participer à de telles tribunes ont publié, trente ans plus tard, leur mea culpa.

Pour autant, Gabriel Matzneff fut fait prix Renaudot en 2013

Mea culpa qui n’empêchera pas le G.M. de Vanessa Springora, comprendre Gabriel Matzneff, le prédateur de ses 14 ans, d’être distingué en 2013, encore, ce n’est pas si vieux, par le prestigieux prix Renaudot, catégorie essai. Certificat d’honorabilité pour un homme qui défend la pédocriminalité. Les temps changent mais trop doucement… Marc Crépon : « Il devrait aller de soi que l’enfance doit être protégée de la brutalité du désir des adultes qui la prend toujours par surprise, qui a ses ruses, ses stratégies pour faire de jeunes enfants et de jeunes adolescent·es l’objet de sa satisfaction. Et l’on est sidéré de découvrir rétrospectivement que ce n’est pas le cas, et que des prédateurs, “protégés”, ont pu, des décennies durant, allonger, en toute impunité, la liste de leurs victimes. » On se souvient, il y plus longtemps, mais cette perversité ne sera jamais prescrite dans notre mémoire collective, de la longue liste des jeunes conquêtes de « GM », des fillettes. La vidéo de l’émission existe où Matzneff se vante de son « écurie de jeunes amantes » (sic). Nettoyer les écuries d’Augias, un vrai travail social et sociétal herculéen attend notre justice face à la perversion.

Les silences de la loi : un juge se dresse face à l’inceste et nous donne envie de garder confiance en la justice. 

Marie-Pierre Porchy est cette juge et cette auteure dont l’expérience auprès des enfants victimes d’inceste pose clairement les jalons de l’avenir d’une loi salvatrice. La loi actuelle est empêchée dans son efficacité. Il lui faut rejeter le biais qui l’entrave : celui de l’examen du consentement éventuel de l’enfant, celle de l’administration de la preuve par la victime que l’agression sexuelle intrafamiliale a bien eu lieu par contrainte, violence, menace et surprise. L’enfant ne peut, par définition, être « consentant », parce qu’il est enfant. Le consentement n’existe pas. Le consentement ne doit jamais être examiné car il n’existe simplement pas. La réciprocité sexuelle n’existe pas entre un adulte et un mineur et elle n’est jamais négociable. La loi doit écarter d’elle-même cette entrave à son propre fonctionnement. Et il lui faut séparer l’inceste des autres crimes sexuels. Penser une entité juridique et judiciaire en termes de crime contre l’enfant et contre l’enfance. La souffrance des victimes doit être reconnue. L’inceste est une arme de destruction massive et la loi ne doit pas demeurer sa complice technique. Parce que l’inceste est un viol familial et un viol de la structure familiale. On le sait depuis Claude Lévy-Strauss, la prohibition de l’inceste est l’une des structures élémentaires de la parenté. Elle est la règle souveraine de la plupart des sociétés humaines dont elle régit la pérennité, notamment celle des générations au fil du temps. Elle protège les individus de la consanguinité et protège l’espèce humaine de la dégénérescence. La juge Marie-Pierre Porchy met ainsi en perspective les enjeux universels liés à la prohibition de l’inceste, organisateur social, que la loi doit servir sans faillir.

Une « petite » agression qui dure

« <. Il installe la confusion dans les repères : l’enfant change de place dans l’alliance. C’est tout l’ordre du monde qui se trouve bouleversé. » On pourrait ajouter : c’est aussi tout l’ordre psychique de l’enfant et la construction de son devenir qui se trouvent bouleversés. L’inceste n’est pas une « petite » agression qui dure quelques minutes, c’est une torture qui s’inscrit dans le temps de la lignée et la brise, c’est une agression contre la généalogie, c’est une agression totale, une violence sans nom, c’est un crime fondamental. 

L’actualité, dans la foulée du livre de Camille Kouchner qui libère, va nous livrer sans doute toute une liste de plaintes tardives, prescrites pour la loi, mais pas dans la tête des victimes. Outre les révélations tardives du député Bruno Questel, c’est à présent l’acteur Rchard Berry et sa compagne de l’époque Jeane Manson qui nient farouchement les accusations portées contre eux par Coline Hiegel Berry, fille de l’actrice Catherine Hiegel. Sans préjuger, au sens plein du mot, de la véracité des faits relatés – d’une précision inouïe –, ils sont vraisemblablement les prémices d’une avalanche de « libérations » des victimes marquées à tout jamais par le crime contre l’enfant, un crime contre l’enfance, un crime absolu.

Catherine Dunezat, psychologue clinicienne

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