L’Institut Curie, fondation privée reconnue d’utilité publique, est l’un des fleurons de la recherche et des soins hospitaliers en matière de lutte contre le cancer en France. Fondée en 1909 sur un modèle conçu par Marie Curie, Prix Nobel, cet institut a pour mission les soins, la recherche et l’enseignement au bénéfice des patients touchés par le cancer.

Depuis 1909, l’Institut Curie est l’une des fondations les plus actives sur le territoire en matière de lutte contre le cancer, avec deux pôles : les soins et la recherche. Fort d’un double ensemble hospitalier – à Paris et à Saint-Cloud – et du plus grande centre français consacré à la recherche, ce sont en tout plus de 3 300 personnes qui se consacrent à temps plein au combat contre le fléau de notre siècle. Trois spécialités font sa réputation : les cancers du sein, de l’œil et pédiatriques. « Nous avons un important département de pédiatrie qui accueille et prend en charge spécifiquement les enfants, explique l’une des responsables de l’Institut. Nous prenons également en charge les adolescents et les jeunes adultes dans un service à part. » Les 15-25 ans ont en effet un espace qui leur est spécialement dédié, ce qui leur permet d’être soignés suivant un protocole particulier ce qui leur évite d’être perdus dans un service dédié aux tout-petits ou de se retrouver entourés de personnes âgées.

L’Institut Curie, fondation privée reconnue d’utilité publique, est l’un des fleurons de la recherche et des soins hospitaliers en matière de lutte contre le cancer en France.
L’Institut Curie, fondation privée reconnue d’utilité publique, est l’un des fleurons de la recherche et des soins hospitaliers en matière de lutte contre le cancer en France.

Les familles ne sont pas oubliées

Au-delà des jeunes, ce sont aussi leurs familles, premiers interlocuteurs des médecins, qui sont accueillis. « Nous ne négligeons pas non plus les frères et sœurs, poursuit la responsable. La fratrie, dans certains cas, est un atout indispensable dans le parcours médical des patients qui y trouvent un soutien qui peut s’avérer décisif. » Les membres des familles des patients sont également suivis psychologiquement s’ils le désirent par des professionnels formés spécialement dans ce but. « Depuis 20 ans maintenant, nous proposons une « maison des parents » qui possède une demi-douzaine de chambres, précise la porte-parole. Nous offrons un service hôtelier très abordable dans un quartier où les prix peuvent s’envoler ! » Grâce aux dons de mécènes, l’Institut Curie a pu racheter un petit hôtel particulier et le transformer en lieu d’accueil pour les familles. Si la majorité des patients viennent de la région parisienne, certaines familles se déplacent de très loin pour bénéficier des soins dispensés dans ces hôpitaux, en particulier pour les cancers de l’enfant, dont ils sont les spécialistes. L’importance de la présence des familles à proximité des jeunes malades n’est plus à démontrer et cette maison est un gain de temps et d’énergie indispensable pour les parents et leurs enfants.

Une recherche différenciée pour les cancers de l’enfant

L’Institut Curie possède également son propre centre de recherche, dans lequel plus de 1 000 scientifiques s’attellent à l’insigne tâche de découvrir de nouveaux traitements plus efficaces et des protocoles moins lourds pour les patients. « Les cancers des enfants et des adolescents sont différents de ceux des adultes, analyse la responsable. Ceux des plus jeunes résultent la plupart du temps d’un disfonctionnement au moment du développement de l’enfant quand ceux des adultes sont davantage des cancers dits « du vieillissement ». De ce fait, la recherche est particulière pour les malades pédiatriques. » Cette dernière n’est donc pas organisée par pathologie mais en fonction de la classe d’âge des patients. D’autres équipes travaillent également plus en amont sur des avancées qui concernent toutes les générations.

Une multitude de petits espoirs

« La plupart du temps nous ne constatons pas de grandes avancées malheureusement, regrette la responsable de l’Institut, mais beaucoup de petits espoirs nous encouragent à persévérer. » Le mot « cancer » en lui-même est flou car il recouvre plusieurs maladies différentes. Pour chaque organe, plusieurs formes d’infection peuvent se déclarer. La recherche avance dans chaque sous-groupe de cancers, un peu plus chaque jour. Le plus difficile pour ce type de maladie est que les véritables résultats ne peuvent être constatés et assurés avant plusieurs années. De nouveaux protocoles ont été testés en 2012 avec des taux de réussite probants, mais il est encore trop tôt pour crier victoire ou même annoncer quelque nouvelle que ce soit. Aujourd’hui, la recherche se tourne vers la médecine personnalisée, véritable enjeu du XXIe siècle. Le travail des chercheurs se concentre sur une meilleure connaissance de chaque type de cancer pour mettre en place des traitements moins « prêt-à-porter » mais davantage « sur-mesure ». Grâce aux progrès de la recherche, nous sommes est en train de passer à de nouveaux traitements ciblant uniquement les cellules cancéreuses. C’est la tendance de la recherche actuelle : les traitements ciblés. Cet objectif n’est en soi pas récent puisqu’il commence à émerger depuis une quinzaine d’années, mais de récents progrès technologiques et médicaux ont dernièrement ouvert de nouveaux espoirs.

L’argent des dons exclusivement consacré à la recherche

La collecte de fonds est essentiellement affectée à la recherche et à l’innovation médicale, des traitements innovants aux essais cliniques. Les sommes récoltées sont de l’ordre de 33 millions d’euros par an (chiffres 2012). Ces sommes proviennent uniquement de la générosité publique : particuliers, entreprises, legs et opérations évènementielles de collecte de fonds annuelles. « Une jonquille pour Curie » est proposée chaque mois de mars depuis plus de dix ans. Depuis quelques années, les dons se font aussi 2.0 : via internet et la vente de produits dérivés. Il existe mille et une façons de soutenir la recherche sur le cancer. Des subventions de l’Etat existent également pour certains programmes. Pour les hôpitaux, 95 % budget provient de l’assurance maladie. En ce qui concerne la recherche, les quotients sont différents : 1/3 est financé par les pouvoirs publics, 1/3 par ressources issues de la générosité publique et 1/3 résultent de contrats, d’appels à projets, de fonds européens et autres organismes collecteurs tels la Ligue contre le cancer ou l’ARC ainsi que des chercheurs qui déposent leurs projets.

Quid de l’après-cancer ?

Si la médecine personnalisée reste un enjeu primordial pour l’année 2013, l’Institut Curie s’occupe également de « l’après cancer ». Aux dires de sa porte-parole, « c’est une période très sensible, pendant laquelle les anciens patients sont lâchés dans la nature et quittent une période pendant laquelle ils ont été au contraire très encadrés. » Quand le traitement se termine, les malades en rémissions ont parfois l’impression de se retrouver seuls. Il est important pour eux de changer leurs habitudes de vie afin d’éloigner tout risque de rechute. Pour ce faire, deux pistes principales : se préoccuper de son activité physique et de son alimentation. Ce sujet concerne l’Institut qui a mis en place début 2012 une expérience pilote consacré à l’activité physique, à laquelle s’est rajouté un programme de sensibilisation à la diététique en 2013.

C’est une préoccupation nouvelle mais porteuse d’espoirs, synonyme que des patients de plus en plus nombreux s’en sortent et que la recherche avance.

Article réalisé par Mathilde Rambaud

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