Salon d’Emmaüs : la plus grande vente solidaire de France !

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Après une année d’absence, le Salon Emmaüs est revenu, le 23 juin, à Paris Expo Porte de Versailles, plus dynamique que jamais pour célébrer les 70 ans du mouvement fondé par l’abbé Pierre. Retour sur cet événement haut en couleur !

Cette année, l’ouverture du Salon Emmaüs rappelait le début des soldes aux États-Unis. Les gens ont en effet couru dès l’ouverture des portes désirant ne pas rater LA bonne affaire du jour. 130 groupes Emmaüs de France et d’Europe sont venus pour participer à ce grand rendez-vous solidaire. Chacun a peaufiné son stand la veille, en mettant en valeur les articles mis de côté pour l’occasion au fil des mois. C’est l’une des grandes particularités du Salon Emmaüs depuis sa création : la répartition des objets de décoration et du mobilier par couleurs, ambiances ou thèmes. Ainsi, en arpentant les 20 000 m2 du Hall 3, il était possible de découvrir des stands uniquement composés d’objets roses ou orange, du tapis jusqu’au lustre, des stands où ne sont vendus que des objets transparents, sans oublier les grands pros du stand vintage… On se croyait parfois transporté dans une boutique de décoration haut de gamme !

Espace petits prix : 1, 2, 3 €, partez !

Cette 19e édition a été marquée par plusieurs nouveautés. Un espace braderie a été en effet installé pour ceux qui voulaient s’équiper à petits prix : du textile vendu par sac de 10 ou 20 euros, de la vaisselle, des bibelots, des ustensiles de cuisine vendus entre 50 centimes et 2 euros, les visiteurs du salon ont été comblés ! « Nous voulions que notre clientèle cœur puisse trouver beaucoup de choix et qu’il y ait un espace qui lui soit dédié, explique Valérie Fayard, directrice adjointe d’Emmaüs France. Nous voulions ainsi éviter la dérive qui consiste à ce que notre salon devienne un salon de “bobos”. Ces derniers sont les bienvenus, mais notre vraie cible ce sont les gens qui ont besoin de faire des achats à petits prix. »

Un stand design a également surpris les visiteurs, on pouvait y trouver des cintres transformés en luminaires ou encore des déchets de bois recyclés en tables de nuit ou repose-pieds. Une deuxième ou troisième vie pour ces objets ! Des street artists pouvaient également customiser les meubles achetés par les visiteurs. Ces derniers étaient aussi invités à prendre part aux ateliers « Do it yourself ». Une bonne occasion pour apprendre à faire soi-même sa déco et ses meubles.

Réfléchir à sa consommation

Bien plus qu’une grande braderie qui remet le vintage sous les projecteurs, le Salon d’Emmaüs, c’est la vitrine d’un modèle alternatif de société, pour un avenir repensé, vers une économie noble, respectueuse à la fois des hommes et de l’environnement ! Qu’il s’agisse de textile, de mode, de décoration, de livres, de high-tech ou encore de deux-roues, les visiteurs participent, grâce à leurs achats, à une économie solidaire tournée vers le « zéro déchet ». « Emmaüs n’est pas que de la brocante, de l’accueil et de l’accompagnement de personnes, c’est une vision de la société. Une société inclusive, respectueuse des hommes, qui donne place à chacun quelle que soit sa situation et un projet qui préserve les ressources et l’environnement », précise Valérie Fayard. Et d’ajouter : « à ce propos, nous avons un partenariat avec Zero Waste, une association qui lutte contre la surconsommation et la réduction des déchets. Nous avons lancé ensemble le défi “Rien de Neuf”. Tous les participants sont invités à essayer de consommer le moins de choses neuves que possible pendant un an. » Une bonne manière de réfléchir à sa consommation !

Il faut rappeler que derrière chaque objet neuf se cache une montagne de ressources (matières premières, eau, énergie…) nécessaires à sa production et invisibles pour l’utilisateur final. Alors pourquoi ne pas acheter des produits déjà en circulation ? Avant chaque achat, se poser la question : est-ce vraiment nécessaire, ne serait-il pas mieux de faire du troc ou privilégier un objet d’occasion ? « Les participants de ce défi trouveront sur le site de l’association un logiciel qui permet de calculer les ressources qu’ils ont préservées en achetant un produit d’occasion », indique Valérie Fayard.

Pas seulement de bonnes affaires

C’est l’occasion de faire la fête, de profiter d’un concert improvisé, de s’ouvrir aux autres et de participer aux nombreux projets d’Emmaüs. « Il faut savoir qu’Emmaüs n’est pas un mouvement uniquement français. Il est présent partout dans le monde : en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie… », précise Valérie Fayard, ajoutant que les bénéfices récoltés pendant le salon permettent de financer les projets du mouvement.

En 2017, plusieurs actions ont été financées. Au Brésil, une aide a été apportée à Emmaüs Igualdade no Brasil qui accueille une trentaine d’hommes ayant vécu dans la rue, sujets à diverses addictions, et les aide à retrouver une place dans la société. Comme premier pas vers la réinsertion, les compagnons collectent des objets, les remettent en état, puis les vendent dans l’un des deux magasins de la communauté. La communauté œuvre en partenariat avec le système de santé brésilien pour leur fournir un suivi médical et psychologique adapté. 15 221 euros ont été versés Emmaüs M.A.R.S. qui intervient essentiellement dans le domaine de l’éducation. Le groupe apporte un soutien aux enfants en leur fournissant du matériel scolaire ou en prenant en charge certains frais d’éducation. Les jeunes adultes déscolarisés peuvent également y recevoir un enseignement de base et ont accès à des formations professionnelles en agriculture, boulangerie ou production de craie.

Vous l’aurez compris, venir au Salon d’Emmaüs est intéressant sur tous les points de vue. Si cette année, vous n’avez pas pu vous rendre à cet événement solidaire, ne le ratez surtout pas l’année prochaine. Vous ne serez pas déçus !

Anna Ashkova

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