SOLIDARITÉS INTERNATIONAL : urgence en République démocratique du Congo

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Acteur majeur du combat pour l’accès à l’eau potable dans les zones les plus sensibles de la planète depuis 1980, l’association humanitaire SOLIDARITÉS INTERNATIONAL (SI) apporte, en mains propres, une aide digne et vitale à celles et ceux dont la vie et la santé sont menacées par les conflits, les épidémies et les catastrophes naturelles. Fortement engagée contre le choléra en République démocratique du Congo (RDC) depuis plus d’une dizaine d’années, SI met en place des programmes spécifiques afin de réduire le nombre de cas de choléra dans le pays. Les acteurs humanitaires présents sur place se préparent à répondre de manière efficiente aux urgences, via un plan de réponse d’urgence aux déplacements des populations. L’une des autres conséquences de l’instabilité est l’insécurité alimentaire, notamment lors de la période de soudure, quand les stocks de vivres sont presque vides. Des distributions de semences et des foires alimentaires permettent une relance du marché local, dans une logique d’autonomisation et d’indépendance.

Trois questions à Emmanuel Rinck, responsable géographique chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

Quelle est la situation actuelle en RDC ?

La situation humanitaire s’est détériorée en 2017, au point que les Nations Unies viennent de catégoriser certaines régions de la RDC à son niveau d’alerte maximum. On y observe des déplacements massifs de populations fuyant les violences entre groupes armés locaux et les forces de sécurité. De plus, le choléra, endémique dans l’est du pays, a connu sa pire crise depuis 15 ans : environ 50 000 cas. Point inquiétant : le choléra s’est propagé le long des fleuves et des routes vers l’intérieur de la RDC.

En quoi consistent vos interventions ?

Le choléra – qui provoque de très fortes diarrhées aqueuses – se propage par les mains sales et par la contamination des sources d’eau. SI tente de répondre en traitant l’urgence et en coupant la dynamique de propagation de l’épidémie. Spécialisée dans la distribution de l’eau en urgence, SI la purifie (souvent un lac ou une rivière) avec de la chlorine et organise des campagnes massives de promotion de l’hygiène. Des équipes de SI présentes dans le Tanganyika et dans le Massisi mettent en place ces interventions simples et rapides, qui donnent de bons résultats. SI essaye aussi de traiter le problème du choléra à la source, en réhabilitant des réseaux d’eau et d’assainissement. Ce sont des projets pluriannuels qui nécessitent de lourds investissements – il faut poser des kilomètres de tuyaux – mais qui seuls peuvent éradiquer la maladie.

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Les conflits entre groupes locaux armés créent un environnement de travail peu sécurisé et stressant. De plus, en 2017, la baisse des financements humanitaires sur la RDC n’a pas permis de mettre en place les programmes tels que prévus. Ce qui est positif, c’est que la coordination humanitaire fonctionne plutôt bien, nous sommes parvenus à inverser la tendance dans l’Est du pays. Mais beaucoup de choses restent à faire. C’est la course contre la montre.

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