Il faut être ferme avec les enfants et ne pas hésiter à les punir quand cela est nécessaire. Les principes moraux doivent être enseignés dès le plus jeune âge. L’homme doit s’insérer dans l’ordre voulu par Dieu en menant une vie morale : son rôle est de connaître et aimer le Créateur.

L’éducation de Thomas d’Aquin

Oblat à l’âge de six ans dans une abbaye proche de Naples, au Mont Cassin, le jeune Thomas apprend la lecture, l’écriture, la grammaire et le latin. Il poursuit ses études dans une académie locale, le Studium regni. Âgé de vingt ans à la mort de son père, il entre dans l’ordre des dominicains contre l’avis de sa famille qui le voulait abbé de Mont Cassin. Sa mère le fait enlever, l’assigne à résidence… puis finit par accepter son choix.

Sa méthode d’éducation

La responsabilité des parents

Les parents qui ne surveillent pas assez leurs enfants sont blâmés par frère Thomas : il est de votre devoir d’assumer vos responsabilités de parents et de faire montre de fermeté. « Un fils mal instruit est la honte de son père » tandis qu’un fils sage en est « la gloire ». Les actes des enfants sont donc imputables à leurs parents …

Dans la mission éducative des parents, la  punition joue un rôle précieux. Votre enfant ne vous en voudra jamais de l’avoir puni, en revanche, il vous reprochera votre faiblesse si vous vous laissez faire. «Les enfants d’un méchant homme se plaindront de leur père parce qu’il est cause qu’ils sont en opprobre, pour avoir été mal élevés »,  affirme le philosophe, reprenant à son compte ce passage de L’Ecclésiastique. «Courbez-lui le cou pendant qu’il est jeune, et châtiez-le de verges pendant qu’il est enfant, de peur qu’il ne s’endurcisse et qu’il ne veuille plus vous obéir.», ajoute-t-il, citant la Bible.

Pourquoi cette rigueur est nécessaire. Les enfants recherchent spontanément ce qui est malfaisant et négligent au contraire ce qui est salutaire. Certains sont plus difficiles à élever que d’autres mais il ne faut pas s’en inquiéter. Ils ont simplement besoin de plus de temps pour comprendre les choses et ce qui leur paraît d’abord insupportable leur semblera ensuite agréable !

L’adolescence

Elle est, selon Thomas d’Aquin, une période qu’il faut particulièrement surveiller. Le philosophe assure en effet que « cet âge est très enclin au mal », et qu’il est marqué par trois vices principaux : la frivolité, la débauche et la précipitation vaniteuse. Les jeunes gens, explique l’auteur de la Somme théologique, ont tendance à sombrer dans l’excès : il faut précisément surveiller leurs fréquentations, leur inculquer humilité, patience, obéissance et sociabilité. Il faut aussi veiller à ce qu’ils ne s’habillent pas n’importe comment et fassent attention à leurs gestes et leur langage. N’hésitez donc pas à rectifier la trajectoire si vos enfants font preuve d’une trop grande impatience ou d’une insoutenable outrecuidance !

Dosez votre fermeté !

« Il est nécessaire de combattre ces funestes tendances des enfants, de peur qu’ils ne s’y abandonnent; mais diversement, selon leurs différents caractères. Car il y en a qui se laissent facilement conduire, et qu’il n’est pas nécessaire de mener de force et avec violence, mais qu’il suffit de diriger. D’autres, au contraire, qu’on est obligé de tirer de force et de contraindre avec fermeté (…). Sénèque a dit: «Les progrès dans la vertu sont lents, parce que c’est le propre d’un caractère timide et d’un esprit inquiet de craindre ce qu’il n’a pas encore». C’est pourquoi il faut lutter dans le principe; mais ensuite le remède perd son amertume et bientôt devient doux à prendre, parce qu’on sent qu’il est bienfaisant ». De l’éducation des princes

Biographie 

Né en 1224 d’un père italien et d’une mère normande, Thomas d’Aquin est issu d’une grande et riche famille de la péninsule. Il appartient à l’ordre des dominicains. Canonisé en 1323, il est l’un des plus éminents représentants de la philosophie scolastique, une école qui tente de concilier pensée grecque et théologie chrétienne. Sa pensée repose sur deux axes : la confiance en la raison, la référence constante à la nature. Fervent lecteur d’Aristote, Thomas place la raison au service de la foi et fait de la théologie une véritable science.

Pour aller plus loin :

  • De L’éducation des princes à L’usage des familles chrétiennes, Saint-Remi, 2007

Article réalisé par Elisabeth Caillemer du Ferrage

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