Encourager le rêve, favoriser la motivation

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Encourager le rêve des ados, en voilà une drôle d’idée ! Et vous qui rêviez qu’il devienne pragmatique, efficace, qu’il ait les pieds sur terre… Devrez-vous renoncer à tout ça pour l’encourager à suivre une idylle ? Pas sûr. Le rêve seul peut provoquer la motivation.

L’ultra-connexion des 12-18 ans en fait la cible la plus exposée aux atrocités du monde. Peut-on encore rêver lorsque l’on assiste en direct aux attentats les plus meurtriers de l’histoire ? Que peut-on espérer de ce monde qui s’entre-déchire ? Voilà bien une question d’adulte. Eux, les ados, les enfants, les jeunes, conservent intact leur potentiel de rêve, de créativité, de fraîcheur. À nous, adultes, de les encourager dans leur volonté effrontée de « changer le monde ». Le rêve, c’est cette voix intérieure qui se définit comme une aspiration à quelque chose d’inaccessible. Mais il convient de considérer cette aspiration comme une petite graine qui pousse lentement au fil du temps et c’est elle précisément qui donne lieu à la motivation.

Démotivés, les 10-14 ans ?

Votre enfant colle peut-être dangereusement au cliché de l’ado avachi dans le canapé, un casque sur les oreilles, allergique à l’effort et désabusé. On dirait qu’il a perdu cette flamme qui quelques mois plus tôt semblait donner un élan à son existence. Rassurez-vous cette démotivation n’est que passagère. Mais prenez garde à ce qu’elle ne prenne pas ancrage trop profondément tout de même. Lorsqu’elle impacte le travail scolaire, cette nonchalance peut provoquer des lacunes préjudiciables qui peuvent remettre en cause les projets professionnels de votre enfant. Mais au-delà des causes hormonales, un autre facteur explique la démotivation des collégiens. « Notre civilisation de jouissance ne supporte pas la frustration ; le plaisir, la réussite doivent être immédiats », constate Bernadette Costa-Prades, auteure de Comment survivre en famille (Albin Michel, 2002). « Le problème est que les parents envoient un double message à leurs enfants : ils encouragent la satisfaction immédiate, tout en leur demandant de faire des efforts, donc de renoncer, au moins momentanément, à la jouissance, ce que les enfants ne font jamais sans y être contraints  ! » Pour le sociologue de la famille François de Singly, auteur de Comment aider l’enfant à devenir lui-même ? « Les enfants d’hier étaient plus disciplinés, mais je doute fort que leur motivation personnelle et leur appétit de savoir aient été plus grands. Il fallait apprendre par cœur, alors ils apprenaient ! Ce qui a changé, c’est que le cadre disciplinaire est tombé, et l’inappétence des enfants n’est plus masquée. Pour les motiver, il faut les rendre plus actifs – moins de cours magistraux et plus de transmission sur un mode “travaux pratiques” –, car la passivité et la démotivation vont de pair. Il est urgent de sortir les enfants de la léthargie ! »

Marie Bernard

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