Il n’y a pas que les sorciers qui fréquentent les collèges  anglais ! Osmane, une jeune française de 11 ans, a traversé la Manche pour passer son année de cinquième à Northbourne Park School, dans le kent. Elle nous fait visiter “son” Poudlard. Envoûtant !

Au détour d’une petite route de campagne bordée de chênes séculaires se dresse une magnifique propriété plantée au milieu d’un parc boisé. Des lapins et des paons sautillent sur un impeccablement entretenu. Dans ce cadre enchanteur qui semble tout droit sorti d’un livre de J.K Rowling, la magie opère immédiatement. Welcome to Northbourne Park School “La première fois que je suis venue ici, j’ai eu du mal a croire que ce superbe manoir était une école et ce parc immense une cour de récréation !”, sourit notre jeune guide.

Un cursus aménagé pour les français

Construit au XIXe siècle, non loin de la mer, entre Douvres et Canterbury, le château de Lord et Lady Northbourne, est un établissement scolaire depuis 1936. il accueille chaque année un peu moins de deux cent élèves, externes ou internes, âgés de trois à treize ans. Sa particularité ? Proposer un cursus adapté aux français qui souhaitent apprendre la langue de Shakespeare sans perdre une année scolaire.Des liens franco-britanniques qui ne sont pas le fruit du hasard : Lady Northbourne n’est autre que la petite fille de Paul Claudel ! “Expérience unique en Angleterre, la section française est née en 1990, explique Patrick Papougnot, le directeur adjoint de l’établissement. Lady Northbourne a voulu répondre a une attente des parents français qui devaient gérer, souvent avec difficulté, le retour en France de leur enfant après une année passer ici.” Conçue pour pour des élèves de 7e, 6e et 5e la section française propose un enseignement hybride. Les matières principales sont enseignée en langue française et suivent le programme de l’Éducation nationale. La géographie, les sciences, le latin l’informatique, le sport, l’art et la musique sont ,eux , enseigné en partie en en anglais selon un programme mixte. L’emploi du temps des élèves correspond au normes établies dans les système éducatif français avec un renforcement de l’enseignement du sport et de l’anglais.  Les enfants sont soumis tout au long de l’année aux tests par correspondance du CNED (Centre National d’Enseignement à Distance). “Durant l’année, ils doivent rendre douze contrôles par matière en mathématiques, français et histoire”, précise Patrick Papougnot. Au mois de juin, ils passent tous, avec succès d’ailleurs, un examen de français et de mathématiques  au Lycée Français e Londres. Le proviseur leur délivre alors un certificat de passage dans la classe supérieure. De retour en France ils réintègrent un collège français… l’anglais en plus !

We speak English !

L’acquisition de la langue anglaise est l’objectif principal visé par les parents. Six heures hebdomadaires d’anglais sont dispensées par un professeur britannique. Les enfants sont répartis en petits groupes et par niveau. “Nous sommes très motivé car il est toujours possible de changé de groupe en cours d’année  en fonction des progrès réalisés”, Observe Osmane. Au mois de mai, tous passent les examens du Cambrige Certificate. “Tous ne décrochent pas le degré le plus élevé, mais repartent avec un très bon niveau d’Anglais”, assure Patrick Papougnot. ces résultats sont également le fruit d’une immersion dans l’univers anglais. Qu’ils soient en classe , au réfectoire ou à l’internat, les élèves parlent et entendent parler anglais. Dès les premières semaines le vocabulaire usuel entre dans les conversations. “Dans les premières lettres que j’ai écrites a mes parents, j’utilisais sans m’en rendre compte les mots anglais qui désignaient des situations de ma vie, car eux seuls me venaient a l’esprit”, s’amuse Osmane. “La stimulation est énorme, renchérit Patrick Papougnot, mais il faut une bonne volonté des enfants! Il est donc demandé au élèves de ne pas parler français entre eux. Une règle qu’ils ont parfois du mal a appliquer !” “Au début de l’année, parler français entre nous est plus naturel, se défend Osmane, mais avec le temps, l’anglais s’installe dans nos conversations”. Chaque Français choisit en outre un correspondant anglais avec lequel il déjeune une fois par semaine. Lorsque des liens amicaux se tissent, des échange sont organisés entre les deux familles. Généralement le déclic de la langue se fait a la fin du premier trimestre. “J’ai commencé a rêver en anglais juste avant les vacances de Noël !” confie fièrement Osmane. “Et j’ai pris le reflex de privilégier l’anglais même pour mes loisirs : je lis Twilight en version originale !”. Des efforts qui portent leurs fruits comme l’atteste Patrick Papougnot: “Depuis quelques semaines Osmane fait même des blagues en anglais, ce qui montre sont aisance !”.

Des cours de Leadership !

Vivre un an dans un collège anglais c’est aussi bénéficier d’une éducation à l’anglaise. Une part importante de l’emploi du temps est consacrée au sport  à 6 heures minimum par semaine. Le fameux “no sport” de Winston Churchill n’a pas inspiré le programme de Northbourne Park School ! Les élèves peuvent pratiquer l’escrime, le golf et la natation. Les sports collectifs sont a l’honneur et déchainent les passions : des équipes sont formées avec les plus performants et affrontent les autres collèges deux fois par semaine. “La composition des équipes n’est pas figées, nous donnons donc le meilleur de nous même a chaque séance dans l’espoir d’être sélectionner”, indique Osmane. un esprit combatif renforcé par des cours de leadership. Un samedi sur deux, les enfants sont initiés aux techniques de survie dans la nature ! “Nous avons appris à fabriquer un pont avec du bois et de la ficelle ainsi que les geste de secourisme”, ajoute Osmane avec fierté. Le moment très attendu est le week-end de mai qu’ils passent dans les abris qu’ils ont fabriqués. “Nous devons préparer nous mêmes nos repas : des lapins ou des faisans a faire rôtir sur une broche au dessus du feu de bois !”, livre Osmane. “Ce type d’expérience est extrêmement formateur ! Les enfants apprennent a évaluer les risques personnels ou collectifs avant d’agir. Pas question de ce mettre en danger ou d’exposer le reste du groupe !”, dit Patrick Papougnot. Les plus méritants se voient remettre le certificat de leadership…

Une grande ouverture d’esprit

Mais à Northbourne Park School, le bonheur n’est pas que dans les prés ! Même lorsqu’ils sont sur les bancs de la classe les enfants sont très heureux. “Je n’est pas l’impression d’être a l’école, lâche Osmane. Ici les professeurs prennent le temps de bien nous connaître. Ils sont très ouvert, il n’y a pas de barrières entre nous”. Une proximité rendue possible grâce a des classes à petits effectifs : onze élèves en sixième et dix-neuf en cinquième ! Cela permet aux enseignant d’accompagner chaque enfant individuellement. “Nous proposons une éducation holistique typiquement britannique qui vise au développement de l’être humain dans tout ses aspects : spirituel, académique, individuel et social au sein d’une communauté de vie et de travail”, détaille Patrick Papougnot. N’existe donc pas de hiérarchisation entre les matières enseignées. “Etre capitaine d”une équipe de sport, appartenir à une chorale ou participer à un concert de musique classique sont considérés comme prestigieux et sont encouragés”, souligne Patrick Papougnot. Tout effort, qu’il soit scolaire ou non, est donc récompensé… publiquement! Chaque lundi matin lors de l’assemblée qui réunit l’ensemble de l’établissement, Mr Balfour, le directeur de l’école, remet solennellement aux plus méritants des “commendations”. “Nous pouvons être cités pour une très bonne note ou des progrès réalisés en musique. Il existe aussi un prix de lecture pour celui ou celle qui a le plus de livres depuis la rentrée. Avant les vacances de Pâques un garçon de ma classe en avait lu soixante!”, admire Osmane. Mais attention, on ne se bat pas uniquement pour sa propre réussite ! Les enfants apprennent également au travailler au sein d”un groupe et pour le groupe; Ils sont repartis en quatre “maisons” mise en concurrence. Leur travail, leur comportement apportent des “plus” ou des “moins” comptabilisés à la fin de chaque semaine. “Un retard, une chambre mal rangée, font perdre des points à notre équipe. Tout est inscrit sur une feuille affichée dans la hall d’entrée a l’école ! Pas question d’être celui qui freine les autres!” prévient Osmane toujours aussi enthousiaste !

Une expérience inoubliable

Mais à 11 ans, comment vit-on l’éloignement avec le reste de la famille ? “On me pose souvent cette question ! Ma famille me manque,bien sûr, mais je suis tellement contente d’être pensionnaire ! Je vis avec mes amies en permanence, c’est vraiment génial ! Mes sœurs qui sont venues ici avant moi me disent sans arrêt d’en profiter car une année passe très vite ! “, répond-elle. Il faut dire que la vie d’interne a Northbourne n’est pas des plus pénibles ! Les filles logent dans une petite maison située dans le parc. Elles sont quatre par chambre et disposent d’un petit salon pour les soirée jeux ou DVD ! La responsable de l’internat veille sur elles en permanence, assistée de cinq autres personnes. “Il y a toujours quelqu’un a qui parler si nous avons un petit moment de cafard”, rassure Osmane. Mais le cafard n’est pas forcément ou l’on pourrait le croire : “Lorsque j’ai fait mes bagages pour Northbourne, mes deux grandes soeurs pleuraient. Non parce que je les quittait mais parce qu’elle ne partaient pas avec moi !”. Finalement, ce n’est pas sorcier a comprendre !

Entretien avec Philippe, 12 ans

Philippe est arrivé  l’année dernière en classe de 6e à NPS pour y rester deux ans. Il a décider de passer  dans le système anglais et de terminer sa scolarité en Angleterre !

Pourquoi as-tu décidé d’intégrer le système anglais ?
Parce que je préfère la façon dont les Anglais nous font l’école. Les professeurs ont l’esprit beaucoup plus ouvert qu’en France. Je trouve que les français sont trop coincés dans leur bulle ! Et j’aime surtout faire énormément de sport !

Tu vas donc terminer tes études en Angleterre !
Oui. Cela me plaît car j’aime le vie de pensionnaire. Nous avons tout sur place : les activités sportives, les cours… La vie est beaucoup plus simple ainsi !

Qu’on dit tes parents lorsque tu a pris cette décision ?
Ils ont dit qu’ils allaient réfléchir et trois semaines après, ils étaient d’accord !

La perspective de vivre loin de ta famille te fait-elle peur ?

Pas du tout ! La semaine je travaille et je sais que le week end mes parents peuvent venir me voir ou moi rentrer a Paris. Il y a aussi toutes les vacances scolaires qui reviennent assez souvent !

Comment se fait le passage d’un système a l’autre ?
J’ai terminé ma sixième française en juin dernier dans le section française de NPS, puis je suis entré en “Year Seven” dans le système anglais en septembre dernier. C’est un classe qui correspond a un intermédiaire entre la sixième et la cinquième françaises.

Sais-tu déjà ce que tu veux faire plus tard?
J’aimerais devenir ingénieur? Je ne sais pas si je ferais mes études en Angleterre ou ailleurs mais une chose est sûre : je reste en Angleterre jusqu’à la fin de ma scolarité. J’ai choisi le collège que je souhaite rejoindre après Northbourne : le King’s à Canterbury.

 

Article réaliser par Élisabeth CAILLEMER DU FERRAGE


 

 

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,
    Vous parlez de cette école et beaucoup de parents souhaiteraient que leurs enfants accèdent à un tel système éducationnel.
    Mais quel est le coût d’une année? C’est quand même une donnée importante dans la décision?

    Cordialement,
    Murielle Dorville

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