Violences scolaires : comment protéger son enfant ?

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Dans les établissements, les incidents de violences scolaires se multiplient. Voici des conseils qui pourraient vous être utiles pour lutter contre ce mal qui avance souvent en silence…

442 incidents se produisent chaque jour dans les collèges et lycées de l’Hexagone, selon Le Parisien qui a établi ce chiffre à l’aide des données de la Direction de l’évaluation de la prospective et de la performance (DEPP). Un enfant sur cinq a déjà subi des violences physiques et 40% se plaint de moqueries et d’insultes, affirme une autre étude réalisée par l’Association de la Fondation étudiante pour la ville. 80% des « incidents graves » de violences scolaires sont signalés aux académies. On y retrouve des violences verbales (41 %) ou physiques (30%), mais aussi les vols et le vandalisme (8%), la consommation et le trafic de stupéfiants (4%), le port d’arme blanche ou d’objet dangereux (3,2%). Même si les violences les plus graves se concentrent « dans un nombre restreint d’établissements », « le quotidien de tous les établissements est émaillé de petits faits, comme des bousculades, des débuts de bagarres, dont l’accumulation fatigue les élèves comme les enseignants », prévient Benjamin Moignard, directeur de l’Observatoire universitaire international éducation et prévention, cité par Le Parisien. Chaque enfant peut donc subir ces violences peu importe l’établissement dans lequel il se trouve. Alors que plus de la moitié des enfants ne parle pas de ces événements, comme l’indique l’enquête, comment les parents peuvent-ils réagir ?

Etape 1 : Repérer les violences

Même si votre enfant ne parle pas, son corps parlera à sa place. « Il faut avoir la puce à l’oreille lorsque vous observez des changements dans son comportement : il ne veut plus aller à l’école, il a développé des peurs et/ou des phobies, il est agressif, n’arrive pas à s’endormir, fait des cauchemars, etc. », explique Alexa Benat, psychologue clinicienne. Si les violences physiques ne sont pas toujours visibles, les dégâts matériels le sont peut-être. Regardez donc si les affaires scolaire de votre enfant sont endommagées (cahier et livre déchirés par des camarades de classe, par exemple). En outre, certains enfants préfèrent retranscrire leur douleur sur papier. « Quand j’érais ado, je détestais l’école. On y voyait de la méchanceté gratuite, plus verbale que physique. Je m’enfermais donc peut-à-petit et durant les cours j’écrivais le mot « mort » sur les bords de mes cahiers scolaires. Un jour mes parents l’ont remarqué. Ils ont compris que quelque chose n’allait pas », se souvient Marie.

Etape 2 : Inciter à se confier

Si vous voulez que votre enfant s’ouvre à vous, il faut lui « offrir un espace de sécurité affectif où il peut en toute confiance déposer tout ce qui le tracasse et inquiète » et lui faire comprendre « qu’il ne sera pas puni, ni jugé », conseille Alexa Benat. Pour ce faire, il ne faut pas être stressé, restez plutôt calme pour ne pas angoisser davantage votre enfant. « Pour entamer la conversation, faites-lui part de vos observations concernant son comportement. Dites-lui que vous avez le sentiment que quelque chose ne va pas et qu’il peut toujours vous faire confiance, que si quelqu’un lui fait du mal, ce n’est pas de sa faute. Il faut le déculpabiliser donc évitez les remarques comme «pourquoi tu ne m’en as pas parlé plus tôt ?». Ne faites pas pression sur lui, laissez-lui le temps d’en parler puis de revenir sur sa souffrance », explique la psychologue. Privilégiez également les questions ouvertes pour que l’enfant ne vous réponde pas par un simple « oui » ou un « non ».

Etape 3 : Les démarches à entreprendre pour résoudre le problème

S’il finit enfin par reconnaître qu’il est victime de violences scolaires, n’essayez pas de résoudre le problème tout seul. « Il faut prendre contact avec l’école, faire un entretien avec le corps éducatif », conseille Alexa Benat. Pour vous aider, il faut noter tous les incidents (date, heures, personnes présentes à ces moments, etc.) et garder des preuves des violences subies. Sur le site du ministère de l’Education, nonauharcelement.education.gouv.fr, vous trouverez également un numéro vert : le 30 20 (ou le 0800 200 000 s’il s’agit d’un harcèlement sur Internet). Les spécialistes pourront répondre à toutes vos questions. « N’oubliez pas, si l’enfant n’est pas ouvert à la conversation et que vous ratez le fait qu’il se fasse maltraiter, il peut développer des troubles psychologiques graves pouvant aller de l’automutilation au suicide », prévient la spécialiste, ajoutant toutefois que ces cas sont rares. En outre, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un psychologue. Il est aussi « indispensable de le valoriser, de l’encourager sur ses points forts, de passer du temps avec lui ». Enfin, vous pouvez aussi l’inscrire dans des cours d’art martiaux.

Anna Ashkova

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