Depuis plus de 100 ans, OSE vient en aide à de nombreuses personnes dans le monde en rassemblant des valeurs de solidarité, d’humanisme, de professionnalisme et de mémoire.

Le 28 octobre 1912, à Saint-Petersbourg (Russie), les médecins juifs créent une association « Société pour la protection sanitaire des populations juives » (OSE). Avec l’accord du tsar Nicolas II, l’OSE mettra en place un système de santé moderne pour soigner, guérir et prévenir : dispensaires, centres enfantins ou « gouttes de lait », maisons d’enfants et centres sportifs sont mis en place. Après la grande révolution russe du mois d’octobre 1917, les juifs ont fui la Russie et se sont installés en Allemagne. En 1923, l’OSE s’installe à Berlin et change de nom pour devenir « Union mondiale des sociétés pour la protection de la santé des populations juives ». Elle est alors présidée par Albert Einstein. Avec la montée du nazisme, les juifs sont de nouveau obligés de fuir l’Allemagne. Ainsi, l’Union-OSE s’installe à Paris en 1933. En 1934, il y a la création de la branche française, l’OSE devient alors l’Œuvre de secours aux enfants. Il y a alors des colonies de jour qui se créent pour les enfants. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’association secourt plusieurs milliers d’enfants (précisément plus de 5000 enfants). Les maisons d’accueil de l’association ont fait de leur mieux pour sortir les enfants des camps de concentration. Les enfants sont alors aussi installés dans des châteaux, en Creuse et en Haute-Vienne : Chabannes, Chaumont, le Masgelier et Montintin. L’OSE les a protégés et cachés tout au long de la guerre. Et ce, en dépit de la fermeture des maisons d’enfants et l’arrestation des membres de l’association. Après la guerre, les enfants qui n’ont pas pu retrouver leurs parents sont restés dans l’association qui continua à s’occuper d’eux. En 1951, l’OSE a été reconnue d’utilité publique. Dans les années 1960, l’OSE prend en charge les enfants juifs et leur famille rapatriés d’Egypte et d’Afrique du Nord. Plus tard, l’association a développé sa mission auprès d’un plus large public que les personnes d’origine juive. En effet, aujourd’hui, l’OSE varie ses actions et se déploie. Près de cent ans après sa création 800 salariés et plus de 150 bénévoles ont rejoint l’OSE. L’association continue d’effectuer sa mission d’aide médico-sociale autour de cinq grands pôles : l’enfance, la santé, le handicap, la dépendance et la mémoire. L’OSE élargit ses actions dans le respect des valeurs humanistes juives et de la laïcité républicaine.

De nombreux services et établissements permettent d’accueillir et d’accompagner différents publics. La protection de l’enfance et l’aide aux familles restent l’activité principale de l’OSE avec plus de 1500 enfants accompagnés par an. Les équipes professionnelles des établissements et services de l’enfance proposent aux familles des réponses éducatives qui vont de la prévention non spécialisée de l’enfance au placement, en passant par le soutien éducatif. Dans le domaine de la santé, l’OSE compte des établissements de soins médicaux ou psychologiques : le centre de santé Elio Habib et son annexe le centre Georges Lévy qui s’adresse plus particulièrement aux plus jeunes, et le CMPP. Forte de son expertise pour l’accompagnement des malades d’Alzheimer et de leur famille, avec des centres de jour et un club pour les aidants, l’OSE propose de nouveaux projets. Les séjours thérapeutiques de l’OSE ont même été récompensés par le Prix Coup de Cœur des « Initiatives de la Bientraitance » en 2010 dans le cadre du Plan national Alzheimer. En 2011 dans le même cadre, l’OSE a signé une convention avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Dans le domaine du handicap, outre l’ESAT et le CAJ, l’OSE a développé des services pour les personnes polyhandicapées, avec l’IME Centre Raphaël d’abord, puis l’ouverture plus récente d’une maison d’accueil spécialisée dotée d’appartements thérapeutiques. L’accompagnement parfois médicosocial, mais surtout humain des personnes survivantes de la Shoah est une mission essentielle de l’OSE. Plusieurs services (Ecoute Mémoire Histoire, le Café des Psaumes, Archives et Histoire) leur sont dédiés. Lors des attentats de janvier 2015, l’Unité Psychotraumatismes et Résilience de la Fondation vient apaiser les troubles psychologiques des victimes d’attentats et d’actes antisémites. Cette structure unique en son genre où psychiatres et psychologues ont été formés par des spécialistes israéliens s’est montrée à la fois réactive sur le terrain et engagée dès le départ dans une démarche de recherche épidémiologique de l’Institut national de veille sanitaire et de l’Agence régionale de santé.

Une visite au service de placement familial Hélène-Weksler

Maintenant, l’OSE est une association qui compte pour les familles et les enfants en difficulté. Le placement familial Hélène-Weksler accompagne chaque année 90 enfants placés dans près de 60 familles d’accueil. Avant de vous plonger dans les missions et objectifs de cette maison, il faut rappeler que chaque maison de l’OSE porte le nom d’une personne qui a été en lien avec elle. Hélène Weksler (1927-1996) est née à Varsovie. Arrivée en France en 1932, elle a été déportée à Auschwitz le 6 février 1944. Par miracle, elle s’est évadée au cours de la marche de la mort, en avril 1945. Recueillie par l’OSE dans la maison de Saint-Germain-en-Laye, elle est devenue en 1948 éducatrice au Château de Vaucelles, à Taverny et a décroché en Suisse son diplôme d’assistante sociale. L’OSE lui a confié la direction du premier « appartement thérapeutique » en France, situé rue de la Voûte dans le 12ème arrondissement.

Issu des réseaux de sauvetage des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, le service de placement familial reçoit des enfants de la naissance à 18 ans en danger éducatif, physique ou psychologique, qui lui sont confiés au titre de l’assistance éducative par un juge pour enfants ou par les Conseils généraux. Ainsi, le service de placement familial permet aux enfants et aux jeunes accueillis de se construire à l’abri de situation de danger, en leur offrant un cadre de vie stable, chaleureux, stimulant, où ils pourront grandir et s’ouvrir au monde. Certains jeunes peuvent bénéficier à leur majorité d’un contrat jeune majeur.

La mission du service est également de soutenir les parents qui restent détenteurs de l’autorité parentale en les aidant à trouver leur place. L’objectif est d’utiliser ce temps de séparation comme un moteur de changement et de leur permettre de découvrir, de retrouver et développer leurs compétences parentales. Ainsi, sous le contrôle d’une assistante sociale et d’un psychologue les enfants peuvent rencontrer leurs parents. La famille partage du temps ensemble, en jouant par exemple aux jeux de société ou en préparant des gâteaux. L’atelier de médiation artistique fait aussi partie du dispositif. L’art-thérapeute reçoit parent et enfant ensemble en particulier quand la relation parent-enfant s’avère trop « pauvre » dans la visite médiatisée classique. Le travail mené est toujours autour du lien avec le parent présent ou « présent par son absence ». Ensemble, ils font des activités plastiques accompagnées. Ainsi, des changements dans leur relation surgissent. Et c’est parce le lien est soutenu qu’il va permettre à l’enfant de trouver la bonne distance.

« Les enfants placés restent souvent dans leur famille d’accueil car nous avons beaucoup de placements lourds liés à la violence domestique ou même aux viols », explique Laurence, éducatrice au service de placement familial. Mais certains enfants ont la chance d’être adoptés. « Récemment, nous avons eu une adoption extraordinaire. Un petit garçon de cinq ans abandonné par sa mère à la naissance a été adopté par sa famille d’accueil », explique Laurence. Une chose rare car en adoptant l’enfant, la famille se trouvera privée de ses subventions (salaire) pour sa prise en charge. « C’est la première fois que je vous cela dans ma carrière », souligne Laurence, en ajoutant « ils se sont trouvés ».

Histoire de don

Aujourd’hui, l’OSE compte 7000 donateurs actifs. « C’est un grand travail car à cause de la crise économique il est difficile de faire des collectes de dons », confie Martine Nataf, directrice du département dons, legs et mécénat de la Fondation Ose. « Les gens nous sont fidèles mais il est vrai que nous avons besoin d’aide », confie Martine Nataf. Bien sûr, l’Etat et les régions prévoient des financements pour aider la Fondation mais l’argent ne suffit pas toujours. « Les besoins peuvent être très variés : acheter des ballons pour une maison pour les personnes polyhandicapées, aménager une cour, se procurer des vélos… », énumère Martine Nataf.

« Il arrive même parfois que les enfants cachés par l’OSE lors de la Seconde Guerre mondiale nous laissent des legs, une fois devenus âgés. D’autres nous font des dons et il arrive que nous ayons de très belles histoires », explique Martine Nataf. En effet, un jour, elle a été contactée par un Monsieur qui d’emblée lui a dit qu’il souhaiterait s’acquitter d’une dette. Interloquée, elle lui a conseillé d’appeler le service dédié à cette question. Alors le Monsieur lui a raconté son histoire… Ses parents étaient des personnes handicapées, ils ne pouvaient pas s’occuper de lui, alors la plupart du temps il a été placé dans des internats. Ses parents angoissaient beaucoup à l’idée qu’ils ne pourraient pas s’occuper de lui pendant les vacances. Alors, un ami de famille leur a conseillé d’envoyer le garçon dans une colonie de vacances de l’association OSE. Au début, le garçon était en colère. Puis, au fil du temps, il a compris que ces vacances lui ont été offertes gratuitement. « Aujourd’hui, je fais un don à l’OSE pour m’acquitter de cette dette, m’a expliqué le Monsieur », conclut Martine Nataf.

 Anna Ashkova

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